Boutin persiste et signe

Par D.H. (avec agence), le 06 décembre 2008 à 16h54 , mis à jour le 06 décembre 2008 à 16h57

Bien que désavouée par François Fillon sur son idée de placement obligatoire des SDF en cas de grand froid, Christine Boutin a de nouveau défendu sa position samedi.

BoutinChristine Boutin, le 10 novembre 2007 © TF1-LCI

Face au tollé déclenché par la ministre du Logement auprès des associations en annonçant le lancement d'une réflexion sur l'opportunité de rendre obligatoire la mise à l'abri des SDF quand la température descend sous -6 degrés, le Premier ministre avait tranché il y a plus d'une semaine. François Fillon avait affirmé qu'il n'était "pas question d'obliger" les SDF à se rendre dans les hébergements d'urgence. Puis Nicolas Sarkozy s'était fait moins catégorique, proposant une solution médiane. En réponse aux "intégristes de la liberté" et aux "intégristes de la mise d'office en centre d'urgence", le président avait préconisé de "mettre les personnes (sans domicile fixe) en situation de décider" en leur proposant une assistance et un hébergement d'urgence qu'ils seront libres de refuser. Du coup, Christine Boutin repart à l'attaque.
 
La ministre du Logement a réaffirmé sa position samedi lors d'une visite d'un centre d'hébergement, de réinsertion et de stabilisation (CHRS) et de quartiers en cours de réhabilitation à Agen. "Certaines associations ont contesté cette proposition mais les personnes de terrain, elles, comprennent parfaitement ce que j'ai voulu dire (...) Les choses vont avancer et que le débat va se pacifier", a-t-elle dit, jugeant que "personne ne peut défendre raisonnablement, pacifiquement, une liberté qui conduise à la mort".
 
Christine Boutin a "salué" la difficile décision des bénévoles proposant un hébergement à des personnes qui "soit parce qu'ils sont dans un état de fragilité physique, soit alcoolisés ou drogués, n'ont manifestement pas la capacité d'exercer leur liberté" et les laissent dans la rue. "C'est ce qui s'est passé pour les deux derniers morts SDF, deux hommes visités par des équipes qui leur avaient proposé un hébergement : l'une est morte le lendemain, la 2e quatre jours plus tard. Est-ce que c'est ce que voulons ? Dans un pays comme la France, 5e puissance mondiale, laisser mourir des gens au motif de leur liberté dont je ne suis pas certaine qu'ils peuvent l'exercer ?", a-t-elle insisté. "Il existe en France la non-assistance à personne en danger. Ca relève du droit pénal, (...) moi je veux la vie plutôt que la mort", a-t-elle ajouté, précisant vouloir "trouver le bon équilibre entre non assistance à personne en danger et les libertés individuelles".

Par D.H. (avec agence) le 06 décembre 2008 à 16:54
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