Le collège Marciac, dans le Gers © LCIL'opération anti-drogue du 19 novembre dans un collège de Marciac, dans le Gers, n'est pas du goût du Syndicat national des médecins scolaires et universitaires. Le SNMSU-Unsa dénonce "formellement" jeudi cette opération de "soi-disant prévention contre la consommation de drogues". La prévention "par la terreur est inefficace et nuisible", elle peut créer de "véritables chocs psychologiques préjudiciables à la santé de jeunes élèves", estime ce syndicat.
"La prévention, l'éducation et la promotion de la santé ne s'improvisent pas. Les médecins de l'Education nationale ont reçu une formation spécifique à ce sujet, ils sont conseillers techniques pour l'Education nationale sur les questions de santé. Il faut savoir utiliser leurs compétences, pour élaborer en équipe, des projets de santé dignes de ce nom dans les comités d'éducation à la santé et à la citoyennet des établissements scolaires", explique-t-il.
Fillon interpellé à l'Assemblée
Sur place, on joue l'apaisement : la manifestation qui devait avoir lieu vendredi devant le collège a finalement été annulée. "Consciente de l'impact de la forte mobilisation de l'opinion publique suscitée par les conditions d'intervention et après les décisions prises par les ministres concernés", la FCPE du Gers a décidé d'annuler la manifestation en accord avec le père de la jeune Zoé, qui avait révélé les conditions du contrôle.
Mercredi, le Premier ministre avait été interpellé par le député PS du Gers Philippe Martin, lors de la séance des questions au gouvernement. Le ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie avait indiqué qu'elle allait "diligenter une enquête interne pour connaître les conditions exactes dans lesquelles ces contrôles se sont déroulés". Dans ce contexte, la FCPE estime "avoir été entendue au même titre que les syndicats enseignants qui se sont mobilisés dans cette affaire et tous les intervenants qui, à divers titres, ont dit leur indignation". De son côté, la FSU a estimé que se rassembler devant le collège risque de "permettre à la procureure de ne pas avoir à assumer ses responsabilités et au gouvernement de s'exonérer de son rôle dans la mise en place de politiques répressives".
L'opération a été demandée par le principal |
La procureure de la République d'Auch, Chantal Firmigier-Michel, a déclaré mercredi que le contrôle antidrogue avait eu lieu "à la demande expresse du principal". "L'action a eu lieu sur la foi de renseignements recueillis par le chef d'établissement". Elle dit n'avoir été informée "d'aucune anomalie ni réclamation". La procureure a par ailleurs rappelé que la lutte contre la drogue était menée sur "deux axes" dans le département du Gers: la prévention, "primordiale et indispensable" selon elle, et la lutte contre le trafic "dans les établissements et aux abords". "Le parquet requiert, les gendarmes exécutent", a-t-elle souligné. "A Marciac le contrôle a été négatif", a-t-elle noté. Une action de ce type, menée deux jours plus tôt à Auch, avait permis de récupérer 39 grammes de résine de cannabis ainsi qu'une balance. La procureure a indiqué qu'en 2007, 60 actions de ce type avaient eu lieu visant 2110 élèves du Gers. Celles-ci sont menées en total partenariat avec l'Education nationale dans le cadre d'une convention. |
D'après agence
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