Détenu dans le couloir d'une prison © TF1/LCIPrès de 90 détenus évacués dans l'urgence et replacés, à titre provisoire, dans des prisons du grand Sud-Ouest ; un dispositif de sécurité improvisé autour des bus et fourgonnettes partant en convoi en pleine nuit : l'incident survenu dimanche matin à la toute nouvelle prison de Mont-de-Marsan s'était traduit par des conséquences assez spectaculaires. Il faut dire que la coupure d'électricité due à un disjoncteur qui avait fondu se traduisait, outre les problèmes de chauffage et d'éclairage, par d'importants soucis de sécurité - alarmes inopérantes notamment - dans cet établissement flambant neuf, à la fois maison d'arrêt et centre de détention, censé correspondre aux normes carcérales les plus récentes et inauguré le 20 novembre dernier par Rachida Dati.
Par contraste, l'incident survenu durant la même période à la prison de Vannes est passé quasiment inaperçu. Il s'agissait là d'une panne de chaudière ; constatée samedi, elle s'est traduite par une coupure du chauffage et de l'eau chaude pour tous les détenus, au nombre de 121 dans cet établissement d'une capacité théorique de 81 places.
La CGT pénitentiaire dénonce
Mais contrairement à la prison de Mont-de-Marsan, dont la préfecture avait annoncé dimanche l'évacuation "pour des raisons humanitaires", à Vannes, cette option, envisagée, n'a finalement pas été mise en application. Et les prisonniers sont restés dans le froid, dans des cellules dont la température est descendue à 14 degrés, durant trois jours : une société d'entretien privée était intervenue une première fois dimanche sur une pièce défectueuse de la chaudière, mais la réparation n'avait pas tenu. Autre différence : contrairement à l'établissement tout neuf du chef-lieu de préfecture des Landes, la prison de Vannes est un vieux bâtiment du XIXe siècle.
La direction de l'administration pénitentiaire a fait savoir que "tout est rentré dans l'ordre" mardi. La CGT pénitentiaire, syndicat minoritaire dans le secteur, a dénoncé pour sa part à travers cet incident "la déchéance du système carcéral". Son secrétaire régional adjoint, Eric Lemoine, juge que ce problème "montre les failles du système au niveau de l'entretien" et "met en lumière le manque de moyens et de responsabilité de l'administration pénitentiaire qui fait intervenir des sociétés privées dans les prisons. Or sécurité et rendement recherchés par le privé ne sont pas compatibles".
D'après agence
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