Des milliers d'enseignants manifestent le 18 mai 2008 à Paris contre les suppressions de postes dans l'éducation © TF1/LCIDes dizaines de rassemblements, d'actions et de manifestations se dérouleront ce mercredi dans toute la France pour demander au gouvernement d'"investir dans l'éducation". A l'origine de cette mobilisation, sans appel à la grève : les principales fédérations de l'Education, des organisations lycéennes et étudiantes les parents de la FCPE, ou encore des mouvements pédagogiques, qui entendent notamment protester contre les suppressions de postes d'enseignants.
A dix jours des vacances de Noël, le secteur de l'Education est touché depuis plusieurs jours par de multiples mouvements, notamment dans les rangs des lycéens et au sein des IUT. A Brest, hier, des affrontements entre jeunes et forces de l'ordre ont éclaté en marge d'une manifestation qui a réuni 200 lycéens. Quatre personnes ont été interpellées. Des "débordements" ont également été signalés à Nantes et Rennes. En Basse-Normandie, 33 établissements sur 70 ont été perturbés, notamment à Caen et Flers. Plusieurs dizaines de manifestations de lycéens ou blocages d'établissements ont également été signalées par les autorités en Ille-Vilaine, Vendée, dans les Côtes d'Armor, le Finistère, en Mayenne, en Sarthe ou dans le Maine-et-Loire et à Bordeaux.
Mobilisation "dure"
Le SNPDEN, principal syndicat de chefs d'établissements, estime que "la mobilisation est en train de monter", qu'elle est "dure" et a fait part de craintes pour le mois de janvier. 1.200 lycéens ont manifesté, tandis que 700 défilaient à Mont-de-Marsan (Landes), selon la police. Les lycéens étaient 400 à Rennes, où des dégradations ont été signalées dans un lycée, entre 200 à 300 à Morteau (Doubs), 200 à Saint-Maximin (Var), une centaine à Dole et Saint-Claude (Jura). A Aix-en-Provence, on comptait entre 300 et 400 personnes. Sur les 105 lycées de l'académie, "une trentaine ont fait l'objet de tentatives de blocage total ou filtrant", selon le rectorat.
Les élèves s'opposent notamment à la réforme du lycée voulue pour la rentrée 2009 en seconde par le ministre de l'Education Xavier Darcos, qui prévoit, en moyenne, une baisse du nombre d'heures d'enseignements lors d'une année divisée en deux semestres. Dans un communiqué, l'organisation lycéenne Fidl annonce qu'elle "appellera à des dates de manifestations nationales en janvier".
Par ailleurs, étudiants et personnels d'Instituts universitaires de technologie (IUT) ont déjà manifesté pour défendre leurs moyens dans le cadre de l'application de la loi sur l'autonomie des universités (LRU). Ils étaient ainsi entre 1.500 à 2.500 dans la rue mardi à Toulouse, de 800 à 1.500 à Bordeaux, un millier à Nancy, 800 à Paris, entre 700 à 8-900 à Toulon, 700 à Nantes, 450 à 500 à Colmar, Lyon Tour et Grenoble... Jusqu'ici, les 116 IUT recevaient leur dotation directement de l'Etat. Avec la LRU, ce seront les présidents d'université qui attribueront leurs fonds. Ils craignent de se retrouver lésés.
Darcos dénonce les "mensonges" sur ses projets |
Xavier Darcos a dénoncé mercredi sur Europe 1 "les mensonges ou les informations erronées" sur ses projets à l'Education nationale qui "sont de nature à affoler les opinions publiques". Il reconnait une "petite concentration de mécontentements", mais pour lui, "suffisamment ancien" dans l'Education "pour avoir connu des situations semblables", ces mouvements de protestation sont "presque habituels". Xavier Darcos a affirmé qu'il n'était pas question pour lui "de supprimer la maternelle", ni les "mathématiques" au lycée. Le ministre de l'Education nationale défend une réforme du lycée "absolument nécessaire" et "faite dans l'intérêt des élèves avec accord des organisations syndicales à l'origine et sur les conseils des représentants des lycéens". |
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