Des manifestations de lycéens qui dégénèrent à Brest © LCILa contestation lycéenne monte-t-elle peu à peu dans toute la France ? Jeudi après-midi, le principal syndicat, l'Union nationale lycéenne (UNL), appelle les lycéens à une journée nationale de manifestations partout en France jeudi 18 décembre, "contre la casse générale du service public" d'Education. L'organisation appelle par ailleurs les lycéens à se mobiliser localement en occupant "les lycées avec les professeurs dans la nuit du 15 décembre", date à laquelle le syndicat enseignant Snes-FSU convie à des "réveillons revendicatifs". De son côté, la Fidl, autre organisation lycéenne, a indiqué que mardi et jeudi prochains seraient deux journées de "mobilisations importantes".
Ces appels interviennent alors que dans plusieurs grandes villes de France, des milliers de lycéens ont participé jeudi à des actions localisées. Dans l'Ouest, Brest a été pour la quatrième journée consécutive secouée par des incidents entre des jeunes manifestants et les forces de l'ordre. Les gendarmes mobiles ont tiré quelques grenades lacrymogènes contre un petit groupe de 150 à 200 jeunes, sans banderoles ni slogans, qui ont de leur côté jeté des pierres contre les forces de l'ordre. L'UNL a déploré ces "actes violents, même s'ils restent très marginaux" et "ne cautionne en rien ces violences et fait tout pour les éviter dans les cortèges".
A Rennes, 3500 lycéens se sont rassemblés et plusieurs établissements ont été bloqués. A Quimper, 600 à 700 lycéens ont allumé un feu de palettes et de poubelles devant un lycée de la ville. Au moins une quinzaine de lycées ont été bloqués à Nantes, où 500 lycéens ont manifesté en ordre dispersé sans incident significatif. Des manifestations réunissant plusieurs centaines de lycéens ont également eu lieu à Landerneau, Saint-Nazaire, Vannes. En Vendée, 600 à 800 lycéens ont manifesté avant de tenter en vain, de rencontrer le ministre des Transports Dominique Bussereau, venu inaugurer la ligne TGV Paris/La Roche-sur-Yon/Les Sables d'Olonne. A Aix-en-Provence, 200 élèves d'un lycée qui ont bloqué pendant une heure le boulevard périphérique de la ville ont été délogés par la police municipale et les CRS en milieu de matinée. Selon le rectorat de l'académie d'Aix-Marseille, 24 lycées ont été perturbés et six bloqués sur 105 lycées dans l'académie.
Darcos tente de désamorcer la grogne
Xavier Darcos a cherché jeudi à désamorcer la grogne, en relativisant l'étendue de la réforme du lycée. "Je ne prévois pas de mutation brutale en ce qui concerne le cycle terminal" qui comprend la classe de première et la terminale, affirmé le ministre de l'Education sur RMC, ajoutant qu'il n'avait pas d'"intentions extrêmement novatrices". Les filières actuelles devraient donc peu bouger : "on les appellera peut-être différemment, mais il y aura toujours ces dominantes là", a-t-il dit, citant "le professionnel, le technologique, le littéraire, l'économique et les scientifiques". Le baccalauréat ne changera pas non plus. Pour rassurer encore, le ministre va envoyer la semaine prochaine une lettre à tous les parents d'élèves en troisième afin de leur expliquer la nouvelle seconde. Le gouvernement entend mettre en place une nouvelle seconde à la rentrée 2009, une nouvelle première en 2010 et une nouvelle terminale en 2011. Le profil de la classe de seconde, présentée dans ses grandes lignes en novembre, sera détaillé mardi.
Le ministre s'est encore montré prudent sur le dossier des sciences économiques et sociales, dont les professeurs concernés jugent l'enseignement menacé dans le cadre de la réforme. La question de savoir si elles seront obligatoires et si le volet sciences sociales sera préservé, reste à confirmer. Le ministre a en outre assuré que l'école maternelle serait "la même qu'aujourd'hui" à la rentrée prochaine, avec l'accueil "de tous les enfants de trois ans sans exception et là où c'est possible ou nécessaire", accueil des "enfants plus jeunes". Enfin, très critiqué sur la suppression en 2009 de 3000 postes de spécialistes de la grande difficulté scolaire, les Rased (11.000 au total), il a assuré que les 8000 autres ne seraient pas supprimés les années suivantes.
Une proviseure agressée à Nimes |
La proviseure d'un lycée de Nîmes a été agressée jeudi matin par des jeunes qui voulaient bloquer l'entrée de l'établissement, a annoncé le recteur d'académie, qui a décidé de porter plainte. Jeudi vers 10h30, devant le lycée Darboux de Nîmes, "où des jeunes lycéens ou non lycéens s'étaient regroupés, plusieurs jeunes qui voulaient bloquer l'entrée du lycée ont bousculé violemment et projeté" la proviseure de l'établissement "contre la grille du portail", selon le communiqué du rectorat. La proviseure "souffre de contusions diverses, notamment au bras et au sternum", souligne le rectorat. |
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




