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La grogne reprend dans l'Ouest et le Sud-Est


le 12 décembre 2008 à 10h46
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4min
Des étudiants en Bretagne, le 12 décembre 2008

Des étudiants en Bretagne, le 12 décembre 2008 / Crédits : LCI

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Notre sociétéA Brest, Rennes, Nantes, dans l'Hérault et dans les Bouches-du-Rhône, des centaines de lycéens ont de nouveau manifesté contre le projet de réforme des lycées.

La grogne de lycéens a repris vendredi dans l'Ouest de la France. A Rennes, plusieurs centaines d'élèves ont défilé en plusieurs  groupes dans le centre ville, derrière une banderole proclamant "l'éducation est  sacrifiée, il faut se réveiller" et en scandant "Darcos t'es foutu, la jeunesse est dans la rue". Au moins cinq lycées sont bloqués, ont affirmé les manifestants qui viennent de Rennes mais également d'établissements de la périphérie. A Brest, plus de 500 lycéens selon la police, ont manifesté dans la matinée, sans banderoles ni slogans mais dans le calme, contrairement aux jours précédents, où les manifestations avaient été émaillées d'incidents entre quelques casseurs et les forces de l'ordre. Une lycéenne a cependant été légèrement blessée par deux autres jeunes qui  lui ont donné des coups de poing. Ils ont aussitôt été interpellés par la  police.

A Nantes, où une vingtaine de lycées restaient bloqués ou perturbés et où de petits groupes de lycéens défilaient ou distribuaient des tracts, un élève de 16  ans a été lui aussi interpellé et placé en garde à vue après avoir lancé un panneau de signalisation en direction d'un professeur qui a été légèrement  blessé au cou. A Angers, 300 à 400 lycéens selon la police se sont rassemblés en  centre-ville. En Vendée, une manifestation a rassemblé 250 lycéens aux Sables  d'Olonne. En Loire-Atlantique plusieurs villes de moindre importance étaient touchées par les mouvements, avec soit des lycées bloqués soit de petites manifestations,  selon la gendarmerie. C'était également le cas en Bretagne où des lycées étaient bloqués et des manifestations organisées dans plusieurs petites villes, comme à Quimper,  Concarneau, Landerneau, Tréguier, Etel ou encore  Pontivy. En Basse-Normandie, 33 lycées sur 70 étaient toujours bloqués, selon le  rectorat de Caen, mais aucune manifestation importante n'était signalée en  milieu de matinée.

L'UNSA condamne "toute violence"

Comme jeudi, le mouvement a également repris dans le Sud-Est, où une trentaine d'établissements ont vu leur fonctionnement perturbé. A Fos-sur-Mer, Marseille et Aix-en-Provence, des manifestations ont notamment eu lieu. a  réuni 400 personnes en début d'après-midi. Et dans 25 établissements, des barrages filtrants ont été installés. Dans l'Hérault, l'accès à cinq lycées a été perturbé. Par ailleurs, en Camargue, des parents d'élèves ont occupé huit maternelles pour protester contre l'éventualité d'une prise en charge des  enfants de moins de trois ans dans des "jardins d'éveil" et non plus dans des  écoles maternelles, un projet qui fait l'objet d'une réflexion au ministère de l'Education nationale.

La fédération Unsa-Education a estimé vendredi que seules des "actions responsables" pouvaient donner des "résultats" et a "condamné toute violence", en accusant le ministre de l'Education Xavier Darcos  de "faire le jeu des plus radicaux" par son "mépris" du dialogue social. La mobilisation lycéenne contre le projet de réforme du ministre de  l'Education a été particulièrement forte dans tout l'Ouest depuis  le début de la semaine, avec des dizaines de lycées bloqués et des manifestations organisées jusque dans de toutes petites villes. Jeudi, dans plusieurs grandes villes de France, des lycées ont été bloqués, et des incidents ont eu lieu en marge de manifestations. (Lire notre article).

Deuxième agression d'une proviseure en deux jours

La proviseure d'un lycée de Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône, a été légèrement blessée vendredi par une bille ou un calot lancé durant une manifestation qui avait lieu devant l'établissement. Selon le rectorat, elle a été brièvement hospitalisée mais est retournée  dans son lycée. "Si cet acte d'une violence inadmissible ne saurait être assimilé au mouvement lycéen dans son ensemble, il n'en reste pas moins évident que les  tentatives de blocages des lycées conduisent trop souvent à de fortes tensions propices aux comportements les plus dangereux", a estimé le recteur de  l'académie d'Aix-Marseille.

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