La légalisation de l'euthanasie écartée par un rapport

le 02 décembre 2008 à 07h43 , mis à jour le 02 décembre 2008 à 22h39

Dossier : Euthanasie: le débat

Le rapport, qui a été remis mardi à François Fillon, préconise l'instauration d'un congé rémunéré d'accompagnement de fin de vie pour les proches.

Hopital médecins chirurgiens

La mission conduite par le député UMP Jean Leonetti a été créée en mars à la suite de l'affaire Chantal Sébire, une femme atteinte d'une tumeur incurable au visage qui demandait qu'on l'aide à mourir. Le rapport de la mission parlementaire sur la fin de vie, qui a été remis mardi  à François Fillon, exclut la légalisation de l'euthanasie en France. La mission était chargée de faire le point sur la loi du 22 avril 2005 sur la fin de vie, dont Jean Leonetti fut l'un des principaux architectes, qui autorise la seule euthanasie passive. "Mon but est d'améliorer l'application de la loi", explique Jean Leonetti, qui a travaillé avec le socialiste Gaëtan Gorce, le centriste Olivier Jardé (Nouveau Centre) et le communiste Michel Vaxès.

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Les élus formulent vingt propositions, qui écartent l'exception d'euthanasie et l'assistance au suicide. "Aucune des deux n'est retenue dans le mesure où elles m'apparaissent comme créant plus de problèmes humains et juridiques qu'elles n'en résolvent", explique  Jean Leonetti. Les auditions et travaux de la mission "l'ont conduite à écarter toute loi qui tendrait à légaliser l'euthanasie". Gaëtan Gorce des mesures améliorant le droit existant mais continue de plaider "pour une formule d'exception, seule issue, à mes yeux, à des situations dramatiques comme celles que l'on a connues avec Chantal Sébire".
 
Autorisée en Belgique et aux Pays-Bas
 
La mission recommande "de renforcer les droits du malade, d'aider les médecins à mieux répondre aux enjeux éthiques du soin et d'adapter l'organisation de notre système de santé aux problèmes de la fin de vie", selon le rapport. "Convaincue de la nécessité de développer la solidarité de tous envers les patients en fin de vie, la mission préconise de mieux faire connaître la loi", précise-t-il. Les députés proposent la création d'un "congé d'accompagnement de fin de vie rémunéré" pour un proche du malade ou bien encore la mise en place de médecins référents pour les soins palliatifs dans chaque département. Ils préconisent la création d'un Observatoire des pratiques médicales de la fin de vie, "chargé de diffuser l'information sur la loi et d'en étudier l'application" et suggèrent que le monde judiciaire ait une meilleure connaissance des enjeux éthiques et juridiques liés à la fin de vie.
 
Deux pays européens, la Belgique et les Pays-Bas, ont légalisé l'euthanasie active dans un cadre rigoureux. Avant l'affaire Chantal Sébire, la question de l'euthanasie avait déjà fait débat en France. En 2003, le docteur Frédéric Chaussoy et Marie Humbert, qui avaient aidé à mourir le jeune tétraplégique Vincent Humbert, avaient lancé un appel pour une légalisation de l'aide à mourir "sous de strictes conditions et dans certains cas extrêmes". En mars 2007 à Périgueux, le procès d'un médecin et d'une infirmière accusés d'empoisonnement pour avoir aidé à mourir une malade agonisante s'était soldé par un verdict clément.

Romero : la mission "accouche d'une souris avortée"

Le président de l'Association pour  le droit à mourir dans la dignité (ADMD) Jean-Luc Romero estime mardi que la mission Leonetti "accouche d'une souris avortée". "Rien ne sera fait pour abréger les souffrances intolérables de ceux qui réclament de mourir. Quelle moquerie, on a voulu calmer les gens", a-t-il affirmé, estimant  "incroyable d'avoir passé plusieurs mois pour aboutir à ça". "Ca va susciter  dans les familles beaucoup de colère, ce sera un boomerang à un moment ou un  autre. On va vous observer mourir", a-t-il souligné à propos de l'"Observatoire  des pratiques médicales de la fin de vie" dont la mission a proposé la création. "On verra que sa loi n'est pas suffisante pour tout le monde", a-t-il dit. Pour le conseiller régional d'Ile-de-France, "ça ne va pas s'arrêter là". Il a annoncé l'organisation mercredi 10 décembre d'une "rencontre" de  parlementaires prêts à travailler ensemble sur le sujet, autour des députés  Laurent Fabius (PS) et Henriette Martinez (UMP) et des sénateurs Marie-Christine  Blandin (Verts) et Alain Fouché (UMP), avec l'objectif de déposer une  proposition de loi dans le cadre d'une niche parlementaire.

D'après agence

le 02 décembre 2008 à 07:43
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11 Commentaires

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  • Dominique, le 06/05/2009 à 18h03

    Je suis atteint d'une maladie neurodegénerative incurable. Je vais terminer ma vie avec une trachéotomie, une sonde raccordée directement raccordée à l'estomac et une démence inévitable. Comme j'ai un peu de moyens j'ai décidé d'adhérer à une association étrangère qui accepte l'aide au suicide pour les étrangers. Je suis complètement athée et je n'accepte pas que les religieux m'imposent leurs vues. La tolérance doit être à double sens. Quand viendra le moment ou ma vie n'aura plus aucun sens, qu'elle sera une souffrance pour mes proches et moi-même je choisirai l'aide au suicide en présence et avec l'accord de ma famille. J'ai l'impression d'être revenu des années en arrière quand les femmes devaient faire leur interruption de grossesse à l'étranger. Religieux de tous bords respectez moi, respectez mes croyances si vous voulez que je respecte les vôtres. Et ma certitude est qu'étant vivant, il n'existe rien que nous puissions appréhender avec notre cerveau humain après la fin de notre vie. En quelque sorte le néant. Le néant ne m'angoisse pas du tout. Mais le fait d'y mettre un nom me donne l'idée qu'il existe peut être un état que je suis incapable de comprendre de mon vivant. C'est la raison pour laquelle je ne suis pas religieux et donc absolument libre de choisir de vivre ou de mourir. Religieux de tous bords, arrêtez d'essayer de me communiquer vos angoisses. Moi je n'en ai pas sur ce sujet. J'ai la volonté de continuer à vivre le plus longtemps possible. Mais seulement en gardant le respect de moi même.

  • Nicole, le 02/12/2008 à 10h22

    Alors si on ne leur donne pas le droit de mourir, qu'on les soigne! Au nom de quel principe l'hôpital public, avant d'accueillir une personne en maison de retraite ayant besoin de soins médicaux demande-t-il son age? Etant entendu que si elle est trop agée,il n'est pas question qu'elle y occupe un lit...Les lits sont devenus une denrée si rare dans nos hopitaux... Quelle hypocrisie! Passé 90 ans, loi Leonetti ou pas, on n'a plus le choix que de vivre misérablement et douloureusement sa mort. A moins bien sur de pouvoir se faire soigner dans d'onéreuses cliniques privées.

  • Atlante, le 02/12/2008 à 10h22

    En France, la loi Léonetti ne laisse aucun choix aux malades que la médecine ne peut soigner, arréter le peu de soins et mourrir de : soif, faim, de souffrance ou s'éteindre aprés une acceptation de soins dits paliatifs...je sais ce que j''écris. il faut regarder le visage de C Sébire... A ceux et celles qui décident de prolonger une vie insoutenable contre l'avis du malade, des proches, je ne souhaite pas à leur tour de vivre ce drame terrible et de ne pouvoir gérer leur propre destin, quoique.... (maladie de CHARCOT - 6 cas déclarés par jour en France)

  • Tom, le 02/12/2008 à 10h21

    Désolé Camille, tous les malades ne quittent pas "paisiblement" ce monde ... Et dire que nous ne sommes que les gérants de notre vie n'est qu'un point de vue ... Il faut savoir aussi prendre des décisions, aussi dures soient-elles ... et si un malade ne souhaite plus souffrir inutilement alors ....

  • Fée, le 02/12/2008 à 10h04

    Je pense que chacun est libre de mourir quand il veut.. si il le veut... et non pas si Dieu le veut... il est mort lieu aussi d'ailleurs, Philippe... Non sans plaisanter, pourquoi faut-il toujours tout légaliser ? Les personnes qui se suicident ont-elles demandé le droit de mourir à quelqu'un ? Déjà qu'on n'a pas demandé à naître alors si on ne peut pas choisir de partir quand on souffre et ben zut !! Je précise que tout va bien pour moi... pour ceux qui s'inquiéteraient...

  • Eve-lilith, le 02/12/2008 à 09h51

    Personne ne me dictera ma fin de vie et si je dois aller aux Pas-Bas, eh bien j'irai. J'ai travaillé dans une clinique vétérinaire et l'euthanasie est toujours préférable à des souffrances horribles, même si elle est un moment dur. Alors pourquoi pas pour les humains? Curieusement c'est le seul droit que les animaux ont et que nous n'avons pas. Que tous les politiques qui sont contre attendent d'avoir une maladie atroce et des souffrances insupportables, et ils en reparleront.

  • Archangelos, le 02/12/2008 à 09h26

    Il est plus humain pour l'etat francais de laisser les pauvres mourrir dans la rue ou les forets avec le pire des delits,de laisser les personnes handicapes mourrir dans la misere avec une indifference la plus abjet et deconcertante,et dire que la france baigne dans l'humanisme

  • Douceurdotomne, le 02/12/2008 à 09h12

    Bonjour, cette loi existe pour nos animaux, lorsque la souffrance de nos proches est telle que nous sommes inpuissants, nous avons envi de faire le nécessaire pour que cela s'arrete.Je suis bien sur pour cette loi, mais hélas pas encore en vigueur dans notre pays, s'il le fallait, je me mettrai hors la loi pour stopper cette souffrance inutile.

  • Yoyo le gros, le 02/12/2008 à 08h43

    Quand tous ces cols blancs qui sont chargés de débattre sur telle et telle loi arriveront en fin de vie et souffriront de douleurs atroces,ils regretterons surement d'avoir refusé l'euthanasie. c'est ce qu'on appelle voir la vérité en face mais hélas trop tard pour eux!

  • Camille, le 02/12/2008 à 08h40

    Je me rejouis de cette decision.Accompagner un malade en fin de vie est du devoir de la societe toute entiere membre d'aumonerie etayant ete confronte au probleme seul un dialogue a permis de deceler le pourquoi d'une telledemande.le maladea pu paisiblement entoure des siens quitter ce monde.Bien des reconciliations ont pu se faire dans la paix. pour moi et pour beaucoup notre vie ne nous appartient pas nous non les en sommes les gerants non les proprietaires

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