Le blocage de la voie ferrée à Roanne, lors de la manifestation lycéenne, photographiée par un participant (18 décembre 2008) © DR![]() |
> Darcos veut "reprendre les choses à zéro" |
Il avait déjà annoncé un report d'un an de la réforme des lycées avant de préciser mardi à l'Assemblée qu'il fallait repartir "de zéro" sur ce projet. Sur France Info, il a même proposé jeudi soir des "états généraux du lycée". Mais les paroles de Xavier Darcos ne font pas baisser la mobilisation lycéenne, bien au contraire... Devant le Sénat, pendant que des manifestants étaient une nouvelle fois dans la rue et plus nombreux, le ministre de l'Education s'était dit jeudi prêt à "rouvrir la totalité du dossier" (voir la vidéo). En insistant sur la première personne du pluriel : "Nous allons reprendre les choses à zéro (...) nous allons prendre le temps (...) de sorte qu'on ne dise pas que cette réforme est faite à la va-vite et pour des raisons qui ne seraient pas dictées par l'intérêt des lycéens". Les partis de gauche, pour leur part, ont apporté leur soutien aux lycéens. Benoît Hamon, porte-parole du PS, a estimé que le gouvernement avait "allumé un incendie qu'il ne parvient pas à atteindre", alors que François Fillon a accusé le PS de vouloir "créer des tensions" en appelant ses militants à manifester auprès des lycéens.
Pour autant, la mobilisation lycéenne s'est encore amplifiée jeudi. Dans la rue, près de 130 000 jeunes, 150 000 selon les syndicats, ont manifesté à travers toute la France, globalement dans le calme, avec des slogans et banderoles tels que "Darcos, maintenant ou dans douze mois, ta réforme on n'en veut pas" à Lyon), "Darcos démission pour sauver l'éducation" à Rennes, "Notre éducation n'est pas au service du fric !" à Paris et "Au clair de la Lune, mon ami Darcos / Prête-moi ta thune, pour payer mes profs" à Lille.
"Impensable de parler de réforme sur fond de suppression de postes"
"Nous ne voulons pas de réforme du lycée qui légitime les suppressions de postes", a lancé Antoine Evennou, président de l'UNL, première organisation lycéenne, à Paris. "C'est impensable de parler d'une réforme sur fond de suppression de postes", a renchéri Alice Nicolet, présidente de la FIDL, deuxième organisation lycéenne. Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef, organisation syndicale étudiante qui s'est jointe à la manifestation parisienne, a estimé que "l'inquiétude" des lycéens gagnait l'université, qui craint pour son "budget".
A Paris, entre 7500 personnes, selon la police, et 13.000 selon les organisateurs, ont défilé sans incident jusqu'au ministère. Dans l'Ile-de-France, des barrages filtrants, comme dans les Hauts-de-Seine, ou des blocages de lycées ont marqué cette journée. Dans l'Ouest, où le mouvement lycéen est particulièrement implanté et se traduit par la perturbation de nombreux établissements, les cortèges ont regroupé au moins 5000 personnes à Rennes, 2000 à Rouen, 2500 à Quimper, 2000 à Saint-Brieuc, 2500 à Lorient, 1500 à Brest, 2300 à Caen et 1000 à Saint-Nazaire. Certains lycées, souvent privés, ont par ailleurs été fermés jusqu'aux vacances en Loire-Atlantique, dans le Finistère, le Morbihan ou la Manche.
Entre 5500 jeunes et 10.000 ont défilé à Lyon, perturbant les transports en commun. Des heurts avec jets de pierre et bousculades ont émaillé la manifestation. Une quarantaine de personnes ont été interpellées ou contrôlées, selon la police. A Grenoble, plusieurs centaines de lycéens ont défilé, comme environ 1400 à Clermont-Ferrand, 1200 à Saint-Etienne. A Roanne, des étudiants d'IUT ont multiplié les blocages, interrompant notamment le trafic ferroviaire. A Lille et dans le Nord du pays, plusieurs milliers de lycéens ont manifesté, demandant "le retrait total de la réforme" dans des villes de Picardie et de Champagne-Ardennes. Dans le Sud, entre 2000 et 4000 jeunes ont marché à Marseille et plusieurs centaines à Toulon notamment. 51 établissements sur 125 étaient perturbés dans la région Midi-Pyrénées. Jeudi soir, un collectif réunissant les principales fédérations de l'Education, les organisations lycéennes et des parents d'élèves ont appelé à une journée de manifestations le samedi 17 janvier dans tous les départements.
D'après agence
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