La polémique sur l'hébergement forcé relancée

le 27 décembre 2008 à 11h11 , mis à jour le 27 décembre 2008 à 11h15

Pour Michèle Alliot-Marie, avec le froid, "l'attitude simplement humaine" devrait "consister à amener" les SDF en centre d'hébergement, "au départ peut-être contre leur volonté".

SDF mendicité sans abri misère sans domicile fixe clochard Image d'archives © Sxc Haloocyn

Alors qu'un SDF de 59 ans a été retrouvé mort vendredi sur la voie publique à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, le Samu social a annoncé, en prévision de la vague de froid, le renforcement de son dispositif d'accueil, maraudes et équipes du 115 comprises. De son côté la préfecture de police de Paris a annoncé qu'en plus du plan grand froid mis en place le 1er novembre, le préfet de police avait demandé aux services, à la Brigade d'assistance aux personnes sans abri (Bapsa) et à la brigade de sapeurs pompiers de Paris "d'exercer une vigilance renforcée à l'égard des sans-abri" lors de leur missions qui les font sillonner la capitale "de jour comme de nuit". La ville de Paris a pour sa part ouvert un nouveau gymnase dans le XIVe arrondissement.

Mais ces mesures sont-elles suffisantes ? En visitant le Centre d'hébergement et d'assistance aux personnes sans abri (Chapsa) de Nanterre, Michèle Alliot-Marie a fait valoir la nécessité, avec la baisse des températures, de "multiplier les accueils". Et la ministre de l'Intérieur a souligné que "l'attitude simplement humaine" devait "consister à amener les gens, au départ peut-être contre leur volonté, mais est-ce qu'on peut parler de volonté dans tous les cas ? Ce qui est très important", a-t-elle insisté, c'est que les sans-abris puissent intégrer les centres de sorte qu'on puisse "leur proposer très concrètement" ce qui peut leur permettre "de passer une nuit, d'être nourris, d'être soignés et ensuite de choisir eux-même ce qu'ils font après".

"De plus en plus de travailleurs pauvres"

Au Chapsa de Nanterre, où la Bapsa achemine 57.000 sans-abri dans l'année, des responsables du centre ont indiqué que "50% revenaient régulièrement" alors que sont accueillis en outre "de plus en plus de travailleurs pauvres ayant de très petits salaires" Questionnée par les journalistes sur les capacités d'accueil alors qu'une vague de froid se profile la ministre a répondu : "je pense qu'il va falloir effectivement multiplier les accueils puisqu'on nous annonce dans les tous prochains jours des baisses de température sensibles". Pour elle "il est évident que c'est la période où les gens sont le plus menacés, ils le sont d'autant plus qu'ils sont fragilisés".

Mais de nombreux acteurs redoutent qu'amener de force des SDF en centre d'hébergement ne fasse qu'empirer leur situation, en les rendant méfiants à l'avenir vis-à-vis des travailleurs sociaux et en coupant le fragile lien qui les relie à une possibilité de réinsertion. Et pour certaines associations, il faut dépasser les questions d'hébergement d'urgence pour permettre à tous d'accéder à un habitat digne. Vendredi matin, après une nuit glaciale passée sous des bâches rue de la Banque à Paris, quatre-vingt militants de l'association Droit au logement avaient ainsi occupé une heure durant le hall du Grand hôtel dans le quartier de l'Opéra pour obtenir un rendez-vous à Matignon, avant d'être évacués par les forces de l'ordre. Le Dal, qui prépare de nouvelles actions coup de poing, entend obtenir le respect des engagements de l'Etat de reloger les 374 familles mal logées qui avaient participé au campement de la rue de la Banque en 2007, à l'heure où 233 familles attendent toujours une solution durable selon l'association. Une version contestée par le ministère du logement selon lequel l'Etat a "tenu son engagement".

D'après agence

le 27 décembre 2008 à 11:11
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6 Commentaires

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  • Maïckou, le 27/12/2008 à 15h56

    Comment peut-on demander UNE CHOSE ET SON CONTRAIRE??? Soit on "respecte la volonté" de ceux qui refusent d'aller en hébergement d'urgence, et on ne s'étonne pas du nombre de décès dans la rue. Soit on "porte assistance à personne en danger", et on envoie les SDF dans des structures appropriées, y compris en les contraignant avec douceur, dans leur PROPRE INTERET ... Que veut en réalité le DAL? Que les Sans Abris soient logés aux frais de l'Etat ... Mais, qui est l'Etat??? NOUS, avec les IMPÔTS que NOUS PAYONS!!!

  • Gilbert, le 27/12/2008 à 13h59

    Demander a ces personnes de venir se mettre au chaud mais ne pas les obliger chacun doit comprendre le bien fondé de la proposition mais si ces personnes ,ne veulent pas etre aidées et bien elles sont libres de rester dehors ceci est bien dommage mais elles ont le choix

  • Michou, le 27/12/2008 à 12h49

    Chacun est libre de sa destinée et de ton choix tout le reste n'est que discours

  • Toto, le 27/12/2008 à 12h08

    Un habitat digne, c'est un habitat qu'on peut financer soit même. Mieux vaut appeler ça un hébergement d'appoint.

  • Eric, le 27/12/2008 à 11h54

    ' est-ce qu'on peut parler de volonté dans tous les cas ? ' Allez, MAM, encore un peu de mépris et vous considérerez les SDF comme des animaux ...

  • Nounette, le 27/12/2008 à 11h51

    Ceci est une honte de laisser des personnes en 2009 dehors vous pouvez pas faire des immeubles avec juste des chambres avec douche c est ça la FRANCE il y a assez a faire pour aider ces personnes surtout qu aujourdhui personnes est sur de ne pas se retrouver dans la rue je voix juste pour moi je suis un couple qui nous inquietons car nous allons droit dans la rue cela fait peur.

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