Les lycéens dans la rue, Darcos minimise

le 10 décembre 2008 à 18h49 , mis à jour le 10 décembre 2008 à 22h45

Des rassemblements de lycéens et d'enseignants ont eu lieu un peu partout en France mercredi, les manifestants demandant au gouvernement d'"investir dans l'éducation".

manifestation éducationLes lycéens ont manifesté le 10 décembre 2008 © TF1/LCI

Ils étaient plusieurs milliers ce mercredi à manifester un peu partout en France contre les réformes du ministre de l'Education Xavier Darcos. Fanfare autour d'un Père-Noël, lâcher de ballons, rassemblements "bruyants" : de multiples actions, qui se voulaient surtout symboliques, ont eu lieu dans pratiquement chaque département, à l'initiative de syndicats enseignants, de parents, d'étudiants et de lycéens. Objectif : demander au gouvernement d'"investir dans l'éducation", dénoncer les 13.500 suppressions de postes de 2009, les réformes du primaire, du lycée ou encore celle de la formation des enseignants.

2000 enseignants, lycéens et parents d'élèves ont ainsi manifesté à Bordeaux, 1500 à Marseille, de 1000 à 1500 à Toulouse. D'autres rassemblements étaient également organisés à Besançon, à Pau, à Tours, à Nancy, à Strasbourg, à Metz, à Lille, à Poitiers, à Rouen, à Reimsn et à Perpignan notamment. A Paris, devant la gare Saint-Lazare, plusieurs centaines de manifestants, dont nombre portait des bonnets de Père-Noël, ont distribué des tracts et ont momentanément bloqué une rue. Dès le matin, plusieurs milliers de lycéens avaient manifesté à Rennes, Nantes et Cherbourg. A Brest, un manifestant a été interpellé alors qu'un petit groupe de jeunes sillonnait les rues en tentant de pénétrer dans un groupe scolaire privé et en dégradant des voitures en stationnement.

Lang en "colère"

Pour Xavier Darcos, ces mouvements sont "presque habituels", même si le ministre a reconnu qu'il y avait une "petite concentration de mécontentements" dans l'Education. Le socialiste Jack Lang lui a parlé de "colère" contre la "démolition de l'école". Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, la plus grosse fédération de l'Education, a estimé que le ministre "se trompait" en "minorant" le conflit et a averti que la contestation était en train de "prendre des formes très multiples".

Au-delà des actions encadrées par les syndicats, les protestations en cours continuent de prendre de nouvelles formes : occupations d'écoles et de lycées la nuit, utilisation d'internet, appels à la désobéissance pédagogique, surtout en primaire. Une pétition lancée sur internet par une centaine de maîtres d'écoles pour demander la démission de Xavier Darcos avait recueilli mercredi plus de 13.600 signatures.  "Je ne suis pas ministre de l'hésitation nationale, j'ai un devoir pour les générations futures. Il s'agit de réformer dans un pays qui en a besoin", a répondu Xavier Darcos sur Europe 1.

Julliard assure avoir eu un appel de Sarkozy

L'ancien président de l'UNEF Bruno Julliard a affirmé avoir reçu un soutien de Nicolas Sarkozy lors du mouvement anti-CPE début 2006, lui recommandant de ne "pas faiblir". Invité mercredi de la radio Le Mouv' et du site le post.fr, le nouveau secrétaire national du PS à l'Education affirme : "La position officielle publique de Sarkozy était de dire qu'il soutenait le gouvernement Chirac et Villepin. Donc, il ne voulait pas du retrait du CPE". "Puis il m'avait appelé à la fin d'une manif, en gros en me disant qu'il serait mon premier soutien -rien que ça- et que lui, demandait le retrait du CPE", raconte l'ancien leader étudiant. "Le message qu'il voulait faire passer, c'était perdez pas espoir, en gros, ne faiblissez pas, restez dans les manifs", assure M. Julliard. "C'est vrai que, factuellement, nos intérêts à ce moment-là, étaient plutôt convergents : lui, parce qu'il veut la tête de Villepin et nous, parce qu'on veut la tête du CPE", conclut M. Julliard. Interrogé sur ces propos, l'Elysée a répondu par un laconique : "pas de réaction".

(D'après agence)

le 10 décembre 2008 à 18:49
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6 Commentaires

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  • Edwina, le 11/12/2008 à 07h42

    Mere d une lycéenne, et travaillant dans un groupe scolaire pour la seconde année consecutive, je ne peux qu avoir des craintes pour les prochaines années , et pour les enfants qui entrent dans le systeme scolaire. il est grand temps que cesse l hegemonie des mammouths bureaucrates, et qu il soit envoyé des visiteurs dans les etablissements,des maternelles aus facs, afin d etablir les besoins réels , au lieu de prendre les decisions du haut d un fauteuil rembourré de fatuité. Un pays dont une partie de la population n accede pas à l'éducation dans les meilleures conditions est menacé des sa base !!!

  • Le rochelais, le 11/12/2008 à 07h05

    Il ne faut surtout pas réformer pour réformer.

  • Jean Bonnot, le 11/12/2008 à 07h03

    Les manifestations d'étudiants sont devenues une habitude. Il n'y a pas plus conservateur ou réactionnaire que l'étudiant moyen : il est vieux avant d'avoir été jeune et exige que rien ne change dans son confort. On connait le refrain entonné chaque fois contre la réforme.

  • Meriem, le 10/12/2008 à 22h51

    J'ai un ami dans l'enseignement pour qui le metier de professeur devient impossible, les eleves ont tous les droits y compris celui d'etre impoli. Comment est-il possible et pensable de faire correctement son metier? Comment peut-on enseigner dans des classes qui sont deja surchargees alors ce sera comment apres la reforme? je pense que plus l'etat a d'ignorants moins il y a de vagues mais qui paie les pots casses dans ce cas les enfants d'ouvriers car les autres sont dans des ecoles privees avec un taux de reussite important

  • Jeje, le 10/12/2008 à 21h06

    Darcos se met le doigt dans l'?il si il crois qu'il peut bousiller l'école sans que l'on réagissent il serai temps qu'il se rappelle qu'il y a une chose qui s'appelle les droits des enfants et il faudrait qu'il se souvienne que l'on a droit a une éducation digne de ce nom sinon a quoi cela sert que l'école soit obligatoire si il n'est pas capable de comprendre que sans une formation et un enseignement de qualité nos diplômes n'auront aucune valeur. Que fait-il de notre avenir ? il crois peut être que parce que nous sommes jeunes on a pas le droit de penser mais il faut bien qu'on le face puisque ce qui nous gouverne sont incapable de le faire.

  • Michel, le 10/12/2008 à 19h30

    Le budget de l'EN est le plus élevé de tous les budgets nationaux. Un peu de réalisme, si les résultats de l'enseignement étaient bons, l'EN et les syndicats ne seraient probablement pas au pied du mur en train de pleurer sans cesse. L'enseignant est pris par son propre système.

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