Des manifestations de lycéens qui dégénèrent à Brest © LCIVous avec partipé à des manifestations, |
Alors que les manifestations se poursuivent toujours en pointillé, jour après jour, l'Ouest étant le plus mobilisé (plusieurs centaines de lycéens ont encore manifesté mercredi, sans incident, à Angers et à Nantes), ce jeudi marque une nouvelle journée de mobilisation nationale pour les lycéens contre la réforme Darcos, malgré son report officiel d'un an. L'Union nationale lycéenne (UNL), qui appelle toujours les lycéens à descendre dans la rue et à occuper "massivement" les établissements en cette journée, a demandé dès mardi au ministre de l'Education qu'il "bouge sur le fond" et qu'il prenne en compte ses revendications, faute de quoi "l'hiver sera chaud". L'organisation lycéenne demande "à être reçue dans les plus brefs délais par le ministre afin de lui présenter ses revendications". Selon l'UNL, "les lycéens ne sont pas dupes et refusent la stratégie du pourrissement. Ils restent mobilisés tant qu'aucune garantie ne leur aura été donnée sur la prise en compte ou non de leurs revendications".
Pour sa part, le chef de l'Etat affirme maintenir le cap malgré la grogne des étudiants, soutenus par l'opposition socialiste. Et mercredi, à la veille de cette journée de mobilisation, Nicolas Sarkozy a assuré qu'il mènerait à son terme une réforme de l'enseignement qu'il juge "essentielle". Dans une déclaration faite à l'issue du conseil des ministres, le chef de l'Etat a approuvé la décision de son ministre de "se donner du temps" pour la réforme du lycée. "C'est un sujet à la fois capital et très compliqué, qui tient à coeur à tous les Français, puisque c'est de l'avenir de notre jeunesse dont il est question", a déclaré le chef de l'Etat, pour qui "ce n'est pas parce que le consensus est difficile à trouver qu'il faudrait baisser les bras, bien au contraire".
Les lycéens "ont vu les milliards dégouliner sur les banques"
Xavier Darcos, pour sa part, plaide la concertation et en appelle aux bonnes volontés des lycéens, dont il assure comprendre l'angoisse. "Je leur dis que nous repartons à zéro, la réflexion sur les lycées va être plus globale, mais que l'idée qu'il ne faudra pas réformer le lycée est une idée absurde". Main tendue sans effet sur l'UNL et qui ne désarme pas davantage la Fidl : le syndicat a demandé au ministre "d'arrêter de jouer à la girouette", et aux lycéens "de ne pas tomber dans le piège du gouvernement qui tente de casser le mouvement". Pour la Fidl, "la réforme du lycée n'est qu'un maquillage des suppressions de postes" - 13.500 suppressions sont prévues en 2009 dans l'Education nationale.
Invitée sur Europe 1, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a apporté mercredi par avance son soutien aux manifestants : "Les socialistes vont être à leurs côtés parce que le gouvernement n'a pas reculé, le gouvernement a repoussé parce qu'il y avait ces mouvements qui regroupent d'ailleurs les enseignants, les parents d'élèves et les étudiants". Aux yeux de la maire de Lille, "les lycéens posent le problème global de l'Education nationale dans notre pays et surtout de leur angoisse sur l'avenir et du manque de place que nous laissons aux jeunes dans notre société". Ségolène Royal estime pour sa part que "Xavier Darcos a perdu toute crédibilité pour réformer l'éducation", alors que les lycéens "ont vu les milliards dégouliner sur les banques et d'un autre côté, des moyens retirés à l'éducation".
D'après agences
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