Abribus détruit à Brest, en marge de la manifestation des lycéens © LCIQuelque 200 lycéens ont manifesté mardi à Brest contre les réformes du ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, prévoyant notamment des suppressions de postes et de filières. Les lycéens, qui se mobilisent souvent par le biais de messages échangés sur internet ou par des SMS, s'opposent notamment à la réduction du volume hebdomadaire des cours et craignent une augmentation du nombre d'élèves par classe. En marge de cette manifestation, un groupe très mobile "de casseurs" a brisé plusieurs vitrines, abribus et magasins, selon la police. Certains jeunes ont lancé des pierres en direction des forces de l'ordre, et quatre d'entre eux ont été interpellés, selon la police qui a fait état d'"un nombre important d'exactions".
Mobilisation générale
Dans d'autres régions de l'Ouest, le mouvement de blocage des lycées démarré lundi a pris de l'ampleur mardi. En Basse-Normandie, selon le rectorat, 33 établissements sur 70 étaient perturbés, notamment à Caen, Alençon, Argentan, Flers, Condé-sur-Noireau, Saint-Lô. Selon le délégué régional de l'UNL basé dans l'Orne, des AG étaient en cours mardi après-midi dans plusieurs autres lycées pour décider d'éventuels blocages.
A Nantes et en périphérie, plusieurs lycées ont été touchés par le mouvement de grogne, avec des AG mais aussi des blocages, selon la police. Selon le rectorat, qui a condamné ces "débordements", des incidents ont eu lieu dans deux lycées nantais, notamment celui de La Colinière où "200 jeunes, lycéens et non-lycéens, ont déclenché l'alarme, se sont introduits dans l'établissement, ont vidé des extincteurs dans les classes, aspergé des professeurs et des élèves, détruit des cours ainsi que des manuels scolaires, rendant inutilisables 15 salles sur 70".
A Rennes, un groupe de lycéens a fait la tournée des lycées de la ville, rassemblant jusqu'à 400 jeunes, selon la police. Quelques dégradations et quelques vitres cassées ont été signalées dans un des lycées. Plusieurs dizaines de manifestations de lycéens ou blocages d'établissements ont également été signalées par les autorités en Ille-Vilaine, ainsi qu'en Vendée, dans les Côtes d'Armor, dans le Finistère, en Mayenne, en Sarthe ou dans le Maine-et-Loire, souvent dans de petites villes.
Inquiétude des proviseurs
Les mouvements lycéens actuels sont "durs" et "très violents", s'est inquiété mardi le secrétaire général du principal syndicat des chefs d'établissements (SNPDEN), Philippe Guittet, en faisant part de ses "craintes" pour le mois de janvier. "Les mouvements sont plus durs dans cette période difficile. Jusqu'alors, les chefs d'établissements arrivaient à contenir les violences, cette fois des incidents violents arrivent immédiatement. J'ai des craintes, surtout pour janvier, je sens la mobilisation en train de monter", a résumé M. Guittet. "Il y a sûrement des forces militantes mobilisées derrière", en plus des organisations lycéennes UNL et Fidl, a-t-il encore commenté.
Toutefois, a-t-il expliqué, il n'y a pas de consigne nationale du SNPDEN à faire appel aux forces de l'ordre lors des blocages de lycées, mais, a-t-il dit, un texte en ce sens a été signé dans l'académie d'Aix-Marseille, où "des mouvements très violents" ont été constatés.
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