Image d'archives © Sxc KaliloChristine Boutin réaffirme que les capacités d'hébergement en France sont suffisantes pour prendre en charge les sans-abri, répondant à Augustin Legrand, fondateur des Enfants de don Quichotte, qui reproche au gouvernement de se contenter de "mesurettes" et menace de lancer de nouvelles actions spectaculaires. "Aujourd'hui, il y a des places qui sont ouvertes de plus en plus pour répondre aux besoins", a lancé dimanche après-midi la ministre du Logement sur RTL. "Des nuits d'hôtel sont même prises en charge par l'Etat pour pouvoir héberger les personnes qui le souhaitent. Heureusement, pour l'instant, il n'y a pas de mort supplémentaire", a-t-elle ajouté. Tout en estimant que "zéro SDF, c'est un objectif qui est naturellement impossible à atteindre, puisqu'il y a des personnes qui ne veulent pas répondre favorablement quand on leur propose un abri".
Le mois dernier, Christine Boutin avait déjà suscité une polémique en suggérant l'hébergement d'office des SDF par grand froid, une idée avancée par Nicolas Sarkozy qui avait promis le 18 décembre 2006 que s'il était élu président, "plus personne ne obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid" d'ici deux ans.
Craintes d'un afflux aux urgences des hôpitaux
Parallèlement à cette controverse naissante, avec l'arrivée du grand froid, la mobilisation s'amplifie pour porter assistance aux sans-abri et aux populations les plus exposées en hiver. Météo France fait état le matin de gelées comprises entre -2 et -5/-6 degrés sur une grosse moitié nord du pays jusqu'au Poitou-Charente, le Centre-est et la Provence. L'après-midi, les maximales peinent à atteindre 0-1 degré au nord de la Loire jusqu'au Nord-est. Le plan grand froid, qui depuis l'hiver dernier n'est plus déclenché au niveau national, mais à l'échelon local par les préfectures, a été mis en oeuvre dans 34 départements, majoritairement au nord du pays et dans la région lyonnaise. Pour accueillir les sans-abri, 55 places supplémentaires d'hébergement sont prévues dans le Val-de-Marne, 70 dans le Rhône (en fait des nuitées à l'hôtel), et de nombreuses préfectures ont renforcé leurs capacités d'accueil, même si la majorité d'entre elles ne soulignent pas de problèmes de saturation.
"En cette période de crise - et avec les températures froides qu'on connaît, c'est de la gestion de crise - on reçoit davantage de signalements qui émanent des particuliers", raconte néanmoins Valérie Coton, une porte-parole du Samu Social. "Si le froid venait à persister, les urgences hospitalières seraient vraisemblablement confrontées à un afflux de gens qui vivent dans la rue et auraient à faire face à une situation inextricable", s'inquiète de son côté Patrick Pelloux (Samu de Paris), le président du syndicat d'urgentistes Amuf.
A Paris, le Samu social a annoncé un renforcement de ses équipes mobiles (quinze camions contre neuf habituellement opérationnels à partir de 20 heures) et le nombre des permanenciers au numéro d'appel d'urgence 115. L'association Droit au Logement (Dal) a obtenu samedi de la mairie parisienne la possibilité d'occuper, sans crainte d'expulsion, pendant une semaine, un gymnase du IVe arrondissement qu'elle avait investi en fin de matinée avec 80 à 100 mal-logés. Vendredi, l'Hôtel de Ville avait annoncé l'ouverture d'un nouveau gymnase pour accueillir les SDF, dans le XIVe arrondissement, après celui du XVIIe déjà accessible pour eux. Une salle est également ouverte à la mairie du IVe. En Seine-Maritime, des gymnases ont aussi été ouverts à Rouen et au Havre, tout comme, dans le Calvados, dans l'agglomération caennaise.
D'après agence
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