Détail de l'uniforme d'un policier © TF1/LCIA compter de ce 1er janvier, gendarmes et policiers cohabiteront dans la même maison : l'Intérieur. Nicolas Sarkozy, d'abord comme ministre de l'Intérieur, puis comme Président, a toujours fait part de sa volonté de rapprocher les 100 000 militaires des 120.000 policiers, de statut civil, espérant mutualiser les moyens humains et matériels de ces deux forces de sécurité souvent en concurrence. La ministre de l'Intérieur et ex-ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie a été chargée de mettre en musique cette réforme qualifiée d'historique. La loi actant l'intégration officielle des gendarmes à l'Intérieur doit encore être examinée par l'Assemblée nationale courant janvier mais, place Beauvau, on estime pouvoir s'en passer pour intégrer progressivement les gendarmes.
Pas de fusion
Rapprochement ne veut pas dire fusion. Les gendarmes garderont leur statut militaire auquel ils sont très attachés. La parité police/gendarmerie (harmonisation des grades, des rémunérations et horaires), point récurrent de polémique entre les deux forces, sera "respectée", a assuré Alliot-Marie. Concrètement, les gendarmes seront placés sous l'autorité de l'Intérieur, et donc des préfets, et leur budget passera de la Défense à Beauvau. "Dans les faits, selon l'universitaire François Dieu, spécialiste des forces de sécurité, la gendarmerie, qui relevait de la Défense pour son statut (militaire), son budget (soldes et une partie de ses matériels) et sa gestion humaine, travaille à 90 % pour l'Intérieur".
Le Sénat a adopté le 17 décembre en première lecture le projet de loi sur le rattachement de la gendarmerie en l'encadrant davantage face aux inquiétudes suscitées parmi les élus très attachés à leurs brigades (les gendarmes sont logés en casernement contrairement aux policiers). La mission de police judiciaire de la gendarmerie a été confortée par le Sénat, le principe du libre choix du service enquêteur par l'autorité judiciaire, inscrit dans la partie législative du code de procédure pénale, et les conditions de placement des commandants d'unité sous l'autorité des préfets ont été assouplis. La gendarmerie figurera, au même titre que la police, dans l'organigramme du ministère de l'Intérieur, et une partie de sa direction générale s'installera place Beauvau, vraisemblablement en mars.
Grincements de dents
Mais tout n'est pas réglé, loin de là. Le rattachement de la gendarmerie au ministère de l'Intérieur a suscité de nombreuses inquiétudes. Les policiers se sont exprimés à travers leurs syndicats en revendiquant une "parité" totale avec la gendarmerie c'est-à-dire une harmonisation égale des grades, rémunérations et horaires. Ils ont obtenu, en octobre 2008, des avantages indiciaires non négligeables... que les gendarmes revendiquent depuis, avec la promesse de l'obtenir. Mais la contrepartie est un "accroissement du temps de travail", peste alors l'association Gendarmes et citoyens qui anime sur Internet un forum de discussion auquel participent des gendarmes en activité, sous anonymat car en tant que militaire, ils n'ont pas le droit de se syndiquer comme les policiers, qui ont un statut civil.
Sur le terrain, la perspective du mariage a attisé et accru, ces derniers mois, la légendaire guerre entre les deux forces de l'ordre. Ainsi, un rapport policier officiel, daté d'octobre 2008, fait-il état "d'incidents" dans le domaine du renseignement, la police accusant la gendarmerie d'empiéter sur ses plates-bandes. Il n'empêche : à l'Intérieur, on ne s'attend pas à ce que le "mariage sous le régime de la séparation des biens", selon les mots du ministre de la Défense Hervé Morin, se passe sans encombre.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





