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Par Fatoumata BAKILY, le 17 décembre 2008 à 17h52, mis à jour le le 18 décembre 2008 à 10:58
Un professeur des écoles à Cabries (dans les Bouches du Rhône) s'oppose à la réforme de l'école primaire qu'il estime "contraire au rythme scolaire de l'enfant". Il affirme que beaucoup d'enseignants "n'en peuvent plus" face à des "reformes injustes et non concertés".
Image d'archivesNouveaux programmes scolaires, suppression de l'école le samedi matin, heure supplémentaire pour les élèves en difficultés, la réforme du ministre de l'Education Nationale entrée en vigueur à la rentrée scolaire ne passe pas chez tous les professeurs. Plusieurs centaines d'enseignants du primaire "entrés en résistance" ont adressé une lettre à leurs inspecteurs d'académie pour leur notifier leur désobéissance. Mercredi, une journée nationale "des désobéisseurs dans l'Education Nationale" est organisée sur toute la France. Hugues Leenhardt, enseignant depuis 20 ans et professeur "désobéisseur " a livré son point de vue à LCI.fr
"Si on ne gagne pas, il n'y aura plus d'école publique"
LCI.fr Des professeurs qui désobéissent, c'est un bon exemple pour les enfants ?
H. L : Nous sommes en résistance face à des mesures avec lesquels nous sommes profondément en désaccord mais cela ne nous empêche pas de continuer à travailler avec les enfants. Nous sommes tous les jours face à nos élèves. Notre objectif est de rendre publique notre démarche parce que beaucoup de professeurs n'en pleuvent plus et même s'ils se taisent, ils nous soutiennent.
LCI.fr Vous croyez que le gouvernement va revenir sur cette réforme ?
H. L : Le mouvement fait boule de neige, ce n'est pas un épiphénomène comme le dit Xavier Darcos. On est plus de 400 sur toute la France. Déjà des professeurs n'appliquaient pas cette réforme sans le dire. Nous sommes déterminés à aller jusqu'au bout, l'objectif est de montrer au ministre notre détermination. Les profs sont dans une phase de découragement, de désespoir face à des réformes injustes, non concerté. C'est notre dernier recours. Les professeurs sont méprisés par l'Education nationale. Je ne suis pas pessimiste. Si on ne gagne pas, il n'y aura plus d'école publique.
LCI.fr Avez-vous peur des sanctions disciplinaires, déjà prises à l'encontre de certains enseignants ?
H. L : Je reste confiant, les sanctions ne me font pas peur. Je suis le seul professeur de mon école, sur onze enseignants, à être entré en désobéissance. Certains syndicats comme Sud Education soutiennent le mouvement et ont relayé notre appel à la désobéissance. Ce que j'attends c'est que d'autres syndicats prennent la mesure du mouvement. Nous nous sommes rendus ce matin à l'inspection académique des Bouches-du- Rhône pour remettre 130 nouvelles lettres d'enseignants désobéissants et une dizaine de lettres de professeurs qui réaffirment leur acte de désobéissance et leurs soutiens aux professeurs qui ont déjà été sanctionnés ou menacés de retrait de salaire.
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