© LCI"L'absentéisme est un fléau et les solutions actuelles pour y remédier ne fonctionnent pas." Partant de ce constat, le ministre de l'Education, Xavier Darcos, annonce dans une interview au Figaro publié jeudi qu'il va recruter 5000 agents pour prévenir les familles de l'absence de leurs enfants. "De plus en plus d'élèves sont absents de manière régulière. Or, tout est lié. L'absentéisme mène au décrochage, qui conduit à l'échec scolaire, lequel mine l'insertion professionnelle et sociale des jeunes", affirme-t-il. "Et c'est lorsqu'un jeune n'est plus encadré, qu'il n'a plus de projet, qu'il peut être conduit à tous les échecs", poursuit le ministre.
Car si "certains établissements préviennent les parents rapidement via des SMS ou des appels téléphoniques", "cela ne suffit pas", estime-t-il encore. Aussi, "avec Fadela Amara, (...) nous avons décidé de recruter 5000 'médiateurs de la réussite scolaire', qui feront l'interface entre l'école et les parents", annonce le ministre. Selon lui il s'agira d'"emplois aidés dans le cadre du plan de relance" qui concerneront des "personnes qui connaissent les quartiers, les familles, mais qui relèveront de l'Éducation nationale". Ils seront "opérationnels dès le mois de mars pour remplir leur mission."
Une plate-forme téléphonique
Pour l'occasion, poursuit-il, "ont été ciblés 215 quartiers en difficulté dans lesquels le médiateur aura aussi une fonction d'insertion. C'est important, car, géographiquement, les écoles, collèges et lycées de l'éducation prioritaire sont plus touchés que les autres".
Par ailleurs, s'agissant de l'orientation scolaire, Xavier Darcos annonce que "dès la rentrée prochaine, les élèves et leurs parents pourront recevoir des conseils et des informations par le biais d'une plate-forme téléphonique accessible tous les jours jusqu'à 20 heures, doublée d'un service de réponses par Internet". "Placée sous l'égide de l'Onisep", elle "associera des conseillers d'orientation, psychologues, mais également des acteurs économiques". En outre il entend favoriser les "rendez-vous en tête à tête (...) dans les établissements les plus défavorisés". Enfin le ministre indique que "dès le mois de juin" seront mis en ligne gratuitement sur l'internet "tous les programmes du CP à la terminale". "Cette 'académie en ligne' (...) reprendra tous les cours dispensés dans le cadre du Centre national d'enseignement à distance", le Cned, dit-il.
Les critiques du PS et des syndicats
Des propos dénoncés par le premier secrétaire du PS, Martine Aubry, qui soupçonne Xavier Darcos de vouloir ainsi "faire oublier son échec sur la réforme du lycée" - un projet reporté fin 2008 après une forte mobilisation des lycéens. "Ce qui manque surtout à l'école, c'est les 30.000 postes que l'Etat a supprimé", a-t-elle déclaré sur France Info. Elle s'est aussi interrogée sur le contenu de la mission des "médiateurs". "Nous sommes aux côtés des enseignants, il faut leur redonner la fierté de leur métier, il faut qu'il aient des moyens d'aider chaque enfant avec à côté d'eux des assistantes sociales, des psychologues, et pas des emplois précaires dont on ne sait pas très bien ce qu'il vont faire d'ailleurs", a-t-elle dit. "Donc ce n'est pas une bonne nouvelle".
Côté syndical, l'Unsa-Education a dénoncé un "effet d'annonce" du ministre. "Aucune discussion ne s'est ouverte sur le rôle et la formation de ces 'médiateurs' alors que des professionnels de l'éducation comme les conseillers principaux d'éducation et les assistantes sociales jouent un rôle essentiel auprès des familles", note le syndicat dans un communiqué.
(D'après agence)
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