Eric besson en visite à Calais (27 janvier 2009) © TF1/LCIDepuis la fermeture, en novembre 2002, du centre de la Croix-Rouge à Sangatte, des centaines, voire des milliers de migrants errent dans le Calaisis dans l'espoir de gagner la Grande-Bretagne, notamment en montant à bord de camions embarquant dans des ferries. C'est à ce point noir persistant des mouvements de migration clandestine que le tout nouveau ministre de l'Immigration, Eric Besson, a voulu consacrer l'une de ses premières visites. Il s'est ainsi rendu mardi à Calais pour rencontrer les acteurs locaux "concernés" par la persistance de la pression migratoire. Le ministre a réservé sa première entrevue, dans la matinée, à la maire UMP de Calais Natacha Bouchard et a pris devant elle "l'engagement de venir apporter des solutions concrètes avant le 1er mai".
Mais avant de se rendre sur la zone portuaire pour visiter les dispositifs de contrôle, il a décidé de déroger au programme prévu et s'est rendu brièvement dans "la jungle". Il s'agit d'un petit bois abandonné au coeur de la zone industrielle des Dunes, près du port passagers de Calais, où les clandestins construisent des abris de fortune fréquemment démolis par la police. "Je ne me voyais pas venir à Calais sans passer dans cette zone sous ma propre responsabilité", a-t-il confié, avant d'aller s'entretenir brièvement en anglais avec quelques Afghans qui jouaient au foot en attendant de pouvoir passer en Angleterre, leur faisant une passe avec le ballon. Le ministre de l'Immigration a ainsi pu constater leurs "lamentables" conditions de vie.
"La jungle", passage non prévu, mais néanmoins obligé
"L'Etat n'a qu'une idée : mettre à bas les réseaux de passeurs qui gagnent de l'argent, beaucoup d'argent en rendant la frontière maritime entre la France et la Grande-Bretagne étanche aux migrants", a souligné le ministre en promettant "plus d'hommes, plus de matériel et des moyens plus sophistiqués de détection". Selon lui, "nous avons une reprise de la tension sur Calais par un nouvel afflux d'immigrants, il ne sert à rien de le nier. Je voulais voir de mes yeux, ce ne sont pas des conditions humaines, je devine que des passeurs sont installés sur ces zones et je veux y mettre fin".
Eric Besson s'est ensuite rendu sur les quais d'embarquement des poids lourds à bord des navettes fret d'Eurotunnel et a visité le Centre de Rétention Administrative de Coquelles. Le ministre a aussi reçu les responsables d'associations humanitaires et les bénévoles du collectif d'associations C-Sur qui avaient décidé le 1er décembre dernier de cesser la distribution de repas chauds pour alerter les pouvoirs publics et leur demander de "prendre leurs responsabilités". Une seule distribution de repas est désormais assurée le soir.
Le ministre de l'Immigration a indiqué qu'il reviendrait à Calais avant le 1er mai pour détailler de nouvelles mesures qui permettront de tarir le flux des migrants qui réussissent à passer clandestinement vers la Grande-Bretagne. Il a aussi annoncé une rencontre avec son homologue britannique le 9 février. Il s'est enfin opposé à l'idée de rouvrir un centre "en dur" pour accueillir les migrants qui errent dans les rues : "Il fallait fermer Sangatte. La situation est meilleure aujourd'hui, nous n'allons pas recréer un nouveau Sangatte, ni de Sangatte édulcoré, c'est une certitude".
D'après agences
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