Fichier de police Edvige © LCILe Système de traitement des infractions constatées (Stic) est le plus gros fichier de police actuel. Créé en 2001, il répertorie des informations provenant des comptes rendus d'enquêtes effectuées après l'ouverture d'une procédure pénale. Au 1er décembre 2008, le Stic contenait plus de 36 millions de procédures concernant 5,5 millions de personnes mises en cause et 28 millions de victimes.
Décathlon : ce fichier qui révolte les salariés
Découvert à l'occasion d'un déménagement d'une entreprise Décathlon en Isère, un fichier rédigé sur les salariés d'une équipe logistique d'un entrepôt de Saint-Quentin-Fallavier suscite la colère des syndicats. Ils dénoncent des "propos insultants et humiliants qui font référence à la vie privée des salariés".
Publié le 24/09/2011
Un décret étoffe le "fichier des personnes recherchées"
Personnes recherchées pour une enquête, mais aussi étrangers en situation irrégulière ou même supporteurs interdits de stade : ce nouveau fichier recouvre des catégories très hétérogènes. Ce qui avait suscité les craintes de la Cnil.
Publié le 30/05/2010
Pour la première fois, la Cnil a effectué un "contrôle global" de ce fichier, pendant dix-huit mois, entre juin 2007 et novembre 2008. Dans son rapport, présenté à la presse mardi, cette autorité indépendante a constaté "un manque de rigueur dans la gestion des habilitations et l'attribution des mots de passe" à quelque 100.000 fonctionnaires de police. La Cnil dénonce surtout "l'absence quasi systématique de transmission par les parquets des suites judiciaires nécessaires à la mise à jour du Stic".
Le Stic, plus dangereux qu'Edvige
Dans une interview à L'Express.fr, Alex Türk estime que le Stic est "beaucoup plus dangereux" pour les libertés individuelles que le fichier Edvige, aujourd'hui abandonné par le gouvernement. "Nous n'imaginions pas que les dysfonctionnements atteignaient une telle ampleur. Selon certaines de nos observations, qui portent sur trois années, un million d'affaires ne devraient pas, ou plus, s'y trouver", dit-il.
Les investigations de la Cnil ont reposé sur 19 contrôles menés sur le terrain dans sept commissariats, quatre services régionaux de police judiciaire, quatre tribunaux de grande instance, une direction régionale des renseignements généraux et trois préfectures. Parallèlement, un questionnaire a été envoyé à 34 tribunaux de grande instance.
Seulement 17% de fiches exactes
Sur la base des informations fournies par ces tribunaux, qui représentent à eux seuls 50% de l'activité pénale, la Cnil estime que seulement 17% des fiches des personnes mises en cause sont exactes. "Nous ne mettons pas en cause la bonne volonté et la compétence des personnels. Le problème se situe au niveau de la conception des systèmes, du déroulement des procédures et du manque de moyens destinés à mettre à jour les informations", explique Alex Türk. Selon lui, certains parquets ne font presque jamais état des suites d'une affaire, même si elles sont favorables à la personne mise en cause."Finalement, notre enquête pose plus de questions sur le rôle en la matière du ministère de la Justice que sur celui de l'Intérieur", dit-il.
La Cnil souligne également les conséquences en cas de consultation du fichier pour le recrutement dans certains emplois administratifs. La commission est en effet consultée pour le recrutement, l'agrément ou l'habilitation des personnes travaillant dans le domaine de la sécurité, gardiennage, agents de police municipale, salariés des zones aéroportuaires, etc. Environ un million d'emplois sont concernés. Le rapport a été transmis au Premier ministre François Fillon et la Cnil compte procéder à des contrôles du même type "tous les trois ans".
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