Grève : qui accueillera les enfants ? © TF1/LCIC'était l'un des enjeux de cette journée de mobilisation : le service minimum d'accueil à l'école primaire allait-il être appliqué ? La loi oblige actuellement une commune à organiser l'accueil des élèves à partir de 25% d'enseignants grévistes dans une école. Avant ce jeudi de mobilisation, où les enseignants devaient constituer le gros des troupes de la fonction publique dans les manifestations, François Fillon avait tablé sur "une offre nettement supérieure" que lors des derniers mouvement sociaux touchant. De nombreux maires, et pas seulement de gauche, avaient assuré au contraire qu'ils ne seraient pas en mesure d'accueillir les élèves dans les écoles. Et certains avaient fait le forcing en lançant des appels aux bonnes volontés des enseignants retraités, des étudiants en IUFM, voire des lycéens ou même des parents d'élèves, déclenchant l'indignation et les réactions ironiques des syndicats.
Au final, les chiffres semblent plutôt donner raison au gouvernement. Malgré des difficultés persistantes, notamment dans des petites communes, le service minimum d'accueil dans le primaire a globalement été mis en place. D'après l'Association des maires des grandes villes de France, 70% de celles-ci ont annoncé jeudi qu'elles l'appliquaient, y compris partiellement, dont Lyon, Marseille, Lille ou Bordeaux. Des villes comme Paris, Toulouse ou Montpellier, en revanche, n'assurent pas de SMA. La municipalité de Paris s'était affirmée d'emblée "dans l'incapacité" de le faire et avait recommandé aux parents de garder les enfants à la maison. Aux 65% d'enseignants grévistes dans 83% des écoles concernées s'ajoute la grève du personnel de la ville et celle des transports.
Une mesure largement appliquée, mais de manière inégale
Cet exemple de Paris a notamment été cité par Xavier Darcos, invité sur LCI, pour dénoncer une "inégalité de traitement dans l'application du service minimum d'accueil dont pâtissent les parents d'élèves". Le ministre a abondamment cité les chiffres de mise en place de la mesure : "Sur 22.000 communes qui étaient suceptibles d'appliquer le service minimum, a-t-il assuré, seules 15% ne l'ont pas fait. Ce qui prouve que ce service rendu aux familles fonctionne. Il est d'ailleurs demandé dans les familles. Je constate d'ailleurs que nombre de grandes villes l'organisent. Toutes celles qui ne le font pas, sans exception, sont des municipalités socialistes - et même des grandes villes socialistes ont mis en place le service minimum d'accueil". D'où cette nouvelle pique à la mairie de la capitale : "Quand une ville décide objectivement, froidement, cyniquement, de ne pas appliquer cette mesure, comme c'est le cas pour Paris, je ne peux l'accepter, c'est hors-la-loi".
A contrario, le ministre s'est dit "attentif aux difficultés des maires ruraux" dans la mise en place de ce service minimum d'accueil. Le problème est récurrent : fin novembre, face aux protestations, y compris de maires de droite, Nicolas Sarkozy avait affirmé qu'il pourrait assouplir la mesure pour les petites communes. "On ne peut pas demander la même obligation de service à un maire d'une commune rurale et au maire de la capitale de la France ou d'une grande ville de un ou deux millions d'habitants", avait-il reconnu, alors que de nombreuses communes avaient été déférées devant les tribunaux administratifs pour ne pas avoir organisé le SMA. Les dernières décisions en la matière ont d'ailleurs été annoncées quasiment à la veille de la grève : le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a ainsi "enjoint" pas moins de quinze villes de gauche de Seine-Saint-Denis de mettre en place le service minimum d'accueil ce jeudi.
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