Sarkozy aux élus : "J'écoute mais je tiens pas compte"

le 20 janvier 2009 à 15h36 , mis à jour le 20 janvier 2009 à 15h44

Le chef de l'Etat a défendu mardi à Provins la réforme de la carte militaire, répétant qu'il n'y avait "pas d'autre stratégie possible".

Carte militaires : Nicolas Sarkozy devant les élus à Provins le 20 janvier 2009Carte militaires : Nicolas Sarkozy devant les élus à Provins le 20 janvier 2009 © LCI

Revoir la carte militaire "c'est pas une lubie". Nicolas Sarkozy s'est déclaré mardi déterminé à poursuivre sa stratégie de réforme de la Défense "contre toutes les formes de conservatisme". Il s'exprimait depuis Provins, en Seine-et-Marne. Ville de 12 000 habitants qui tente de faire face au départ annoncé de son 2e Régiment de hussards, soit 900 hommes, basés jusque là sur la commune voisine de Sourdun. Conséquence directe : Sourdun pourrait perdre la moitié de ses habitants.

Pour compenser ce départ, le site devrait accueillir d'ici 2010 les 330 employés du Service d'étude sur les transports, les routes et leurs aménagements (Setra) de Bagneux (Hauts-de-Seine). Nicolas Sarkozy a dénoncé le refus d'une partie de ces fonctionnaires de déménager. "Ils ont tort, parce que ce transfert il se fera. Et je suis désolé (...)  c'est une opportunité de travailler dans un cadre pareil", a estimé le président. Sourdun accueillera en outre à partir de la rentrée 2009 l'un des internats d'excellence nés du plan "Espoir banlieues". Il comprendra à terme entre 500 et 700 élèves boursiers de la 6e au BTS et aux classes préparatoires.
   
"Et elle veut un rôti de combien la p'tite dame?"
 
Lors d'une table ronde, plusieurs élus se sont inquiétés des conséquences pour leur ville de la réforme de la carte militaire. Eric Torpier, maire de Sourdun, a mis en garde contre "les conséquences catastrophiques pour les finances locales" de cette décision, évoquant une désertification d'un lotissement de 40 logements, la fermeture possible de deux classes et une baisse de 30% du chiffre d'affaires des commerçants. Le président du conseil général de Seine-et-Marne, Vincent Eblé (PS), a lui jugé "insuffisante" l'enveloppe de 10 millions d'euros promise par l'Etat pour accompagner le départ du régiment.

"C'est la qualité des projets qui nous intéresse, ça se fait pas au poids. Et elle veut un rôti de combien la p'tite dame ? C'est pas ça", a rétorqué Nicolas Sarkozy."On va essayer non pas de compenser, on va essayer de faire mieux", a-t-il assuré, ajoutant que la crise actuelle était une "opportunité pour en sortir plus fort". "Dès que je veux changer quelque chose, toutes les formes du conservatisme se mobilisent", s'est-il emporté, avant d'ajouter : "J'étais préparé à ça. J'écoute mais je tiens pas compte".
   
"On a eu Carla"...
 
Entre deux arguments sur l'utilité de la modernisation de l'armée, Nicolas Sarkozy s'est aussi permis un trait d'humour impliquant son épouse, Carla Bruni-Sarkozy, native de Turin. Des régiments ont naguère été installés dans le sud-est de la France pour éviter une éventuelle invasion italienne, a-t-il rappelé. "On ne voulait pas l'armée italienne, on a eu Carla. C'est quand même plus agréable, en tout cas pour moi", a-t-il dit.
 
Le plan de modernisation des armées annoncé l'été dernier prévoit la fermeture de 83 sites militaires dont une dizaine dès cette année, essentiellement dans le Nord-Est, et la suppression de 54.000 emplois civils et militaires. Le gouvernement a promis de débloquer une enveloppe de 320 millions d'euros d'ici 2015.

le 20 janvier 2009 à 15:36
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