"Nous n'avons pas le droit de reculer"

le 12 janvier 2009 à 12h12 , mis à jour le 12 janvier 2009 à 15h30

Nicolas Sarkozy a assuré lundi à Saint-Lô lors de ses voeux aux enseignants qu'il était "plus déterminé que jamais" à poursuivre les réformes.

Nicolas Sarkozy, le 12 janvier 2009, lors de ses voeux aux enseignantsNicolas Sarkozy, le 12 janvier 2009, lors de ses voeux aux enseignants © LCI

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La réaction du secrétaire général du SNEP-FSU
 

Le chef de l'Etat a choisi Saint-Lô, dans la Manche, pour présenter ses vœux, lundi midi, aux personnels de l'éducation. Depuis le début du mouvement de protestation contre les réformes de l'enseignement, c'est dans l'Ouest que la grogne est la plus virulente, notamment chez les lycéens. Des manifestations à Saint-Lô, parfois émaillées de heurts, l'ont encore illustré lundi. Signe de la tension actuelle entre les enseignants et leur ministère de tutelle, les principales fédérations de l'Education avaient décidé de boycotter ces voeux.
 
"D'où que l'on vienne, qui que l'on soit, on doit pouvoir réussir", a déclaré Nicolas Sarkozy en introduction de ses vœux aux enseignants présents. "Chacun doit avoir les moyens de conquérir sa liberté. C'est une question de justice et d'efficacité".  "C'est pourquoi, a-t-il dit, je suis plus déterminé que jamais" à poursuivre les réformes dans l'éducation. "Tous les gouvernement ont reculé (...). Eh bien c'est un droit que je ne m'accorde pas", a-t-il insisté, tout en soulignant que le gouvernement avait "le devoir d'écouter et d'expliquer".

"Les meilleures chances pour nos enfants"

"La promotion sociale s'aggrave, a constaté le chef de l'Etat. Est-ce normal ? Est-ce juste? Est-ce qu'on peut l'accepter ? La question clé est la bataille de l'intelligence. Il faut la gagner, en innovant d'avantage, en formant mieux nos jeunes, en mettant à égalité nos filières professionnelles et classiques (...)  Je ne comprends pas ceux qui veulent le statu quo et l'immobilisme. (...) Je souhaite les meilleurs chances pour nos enfants et des enseignants heureux.(...) Si on ne bouge pas les mêmes choses causeront les mêmes problèmes. Renoncer à réformer en profondeur notre système éducatif serait inacceptable (...) Ce sont les plus fragiles qui paient le prix de l'immobilisme".

"On va refaire de l'école le lieu où, selon son travail et son mérite, les destins vont pouvoir se décider". Le chef de l'Etat a établi "deux principes" : d'une part, "rétablir l'autorité du savoir" et, d'autre part, se fixer "la même exigence pour tous", sans que "l'unité de notre système scolaire implique l'uniformité" de notre offre pédagogique. 

Réforme du lycée pour la rentrée 2010

Après les réformes du primaire et de l'université, Nicolas Sarkozy a rappelé son exigence de réformer le lycée en fixant pour échéance septembre 2010, avec pour double principe "sans enlever un centime et sans supprimer un poste". "Il y a une nécessité impérieuse de réformer le lycée", a insisté le  chef de l'Etat, un mois après qu'il a été décidé de reporter la réforme suite à la mobilisation des lycéens.

"J'ai deux certitudes, a-t-il insisté, on fera cette réforme et le calendrier, c'est pour septembre 2010". Richard Descoing, directeur de l'Institut  d'études politiques de Paris, est nommé à la tête d'une "mission" chargée de  "conduire la concertation" pour la réforme. La mission sera placée sous l'autorité du ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos. "Il faut qu'on arrive à engager la meilleure concertation possible avec les lycéens, sans démagogie", a dit le président de la République.

Création d'un haut-commissaire à la Jeunesse 

"Avec le Premier ministre François Fillon, nous avons demandé à Martin Hirsch (ndlr : actuel haut commissaire aux Solidarités actives) de devenir haut-commissaire à la jeunesse et de porter, en accord avec  ses collègues (...), une politique de la Jeunesse
", a déclaré Nicolas Sarkozy. Il s'agit de répondre à l'angoisse de la jeunesse devant l'avenir - une "crise de l'avenir" qu'il juge plus sérieuse encore que la crise économique actuelle. 

"Le projet qui est le nôtre, c'est de travailler autour d'une idée : la  première demande des jeunes, c'est celle d'un droit à l'autonomie. Nous devons essayer de répondre à cette demande d'autonomie de nos jeunes, pour leur donner les moyens de choisir. Et choisir, c'est être libre, et être libre, c'est être responsable", a-t-il ajouté. Personnalité d'ouverture, Martin Hirsch, ancien président de la fondation  Emmaüs, est entré au gouvernement en mai 2007 pour mettre en place le revenu de  solidarité active (RSA), qui doit entrer en vigueur à la mi-2009.

le 12 janvier 2009 à 12:12
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