Sarkozy présente ses voeux à des enseignants qui doutent

le 12 janvier 2009 à 05h45 , mis à jour le 12 janvier 2009 à 11h16

La politique de la chaise vide : engagés dans une lutte contre les 13.500 suppressions de postes prévues à la rentrée 2009, les syndicats ont décidé de bouder les voeux du chef de l'Etat.

classe école lycée collègeImage d'archives © TF1/LCI

En Direct, les voeux présidentiels aux enseignants.
A suivre dès 12h15 sur LCI.fr

 

Entre Nicolas Sarkozy et le monde de l'éducation, la discorde semble profonde. Les fédérations syndicales du secteur ont d'ores et déjà décidé de boycotter les voeux du président aux personnels enseignants, présentés ce lundi à Saint-Lô, dans la Manche. Ni le SNUipp-FSU, ni la FAEN, ni la Ferc-CGT, ni la FNEC-FP-FO, ni la SGEN-CFDT, ni l'Unsa Education n'enverront de représentant à ces voeux ; les syndicats ont appelé leurs adhérents à ne pas y assister s'ils ont été conviés. Une manifestation est en outre prévue à Saint-Lô à l'arrivée de Nicolas Sarkozy.

Comme si ces marques de bouderie ne suffisaient pas, les six fédérations présenteront concurremment à ceux du chef de l'Etat leurs voeux pour l'Education, alors qu'ils sont engagés dans une lutte contre les 13.500 suppressions de postes prévues à la rentrée 2009 et ont appelé à une grève massive le 17 janvier.

Que vont devenir les Rased ?

La mobilisation dans l'Education a repris jeudi dernier avec une journée d'action dans les lycées où des blocages temporaires ont eu lieu, alors que les rassemblements dans les grandes villes ont été modestes, attirant quelques centaines de manifestants. Les syndicats ont quant à eux salué un recul du ministre de l'Education Xavier Darcos, qui ne supprimerait plus selon eux que 1500 postes sur les 3000 prévus dans les Rased (réseaux d'aide aux élèves en difficulté). Ces personnels devraient se voir attribuer des classes en remplacement de professeurs partant en retraite et leur maintien équivaut donc à 1500 suppressions de postes en moins, selon Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU.

Dans l'avion qui le ramenait du Proche-Orient, Nicolas Sarkozy a laissé entendre mercredi dernier qu'il avait lui-même reporté la réforme Darcos parce qu'il ne la comprenait pas et voulait repartir de zéro sur ce dossier. Le chef de l'Etat est en revanche inflexible sur les suppressions de postes, sujet sur lequel les syndicats d'enseignants considèrent que Xavier Darcos n'a pas le dernier mot, même si ses bonnes relations avec Nicolas Sarkozy pourraient peser.

D'après agence

Bientôt un Haut commissariat à la Jeunesse ?

S'il faut en croire Le Figaro, Nicolas Sarkozy doit annoncer à l'occasion de ses voeux aux enseignants la création d'un Haut commissariat à la Jeunesse qui pourrait, entre autres, se charger de réfléchir à la réforme du lycée, repoussée d'un an. "L'un des axes du propos présidentiel sera consacré au malaise de la jeunesse. Ce n'est en effet, selon le chef de l'Etat, pas tant la réforme du lycée qui a précipité les jeunes dans la rue qu'une inquiétude liée à leur avenir", peut-on lire dans Le Figaro. "Il entend s'intéresser aux problèmes de la jeunesse déscolarisée comme à ceux des diplômés qui entrent sur le marché du travail". D'où l'annonce prévue de cette nouvelle institution, calquée sur le modèle du Haut commissariat aux solidarités actives piloté par Martin Hirsch. L'ancien président d'Emmaüs pourrait hériter de cette nouvelle fonction et trois personnes seraient chargées d'y réfléchir à la réforme du lycée.

 

le 12 janvier 2009 à 05:45
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