La manifestation pour la défense de l'Education à Paris, le 17 janvier 2009 © TF1Des cortèges étaient prévus dans presque tous les départements. Enseignants, parents, lycéens et étudiants... Le monde de l'éducation était appelé à manifester samedi en France. Objectifs : "défendre le service public d'éducation que le gouvernement veut affaiblir par des budgets de régression" et "réclamer un véritable dialogue social", selon un collectif regroupant syndicats, parents d'élèves de la FCPE, organisations lycéennes, étudiants de l'Unef, mouvements pédagogiques.
A Paris, le défilé n'a rassemblé que 4.500 à 8.000 personnes, selon la police ou les organisateurs. A Toulouse, ils étaient entre 2.000 et 2.600 personnes à battre le pavé. A Lille, ils étaient entre 600 et 800 manifestants; de 500 à 2.000 à Marseille. Au niveau national, le syndicat SNUipp-FSU annonce 50.000 à 60.000 manifestants sur toute la France. Selon le ministère de l'Intérieur, il y a eu 130 cortèges et 44.000 manifestants dans tous le pays. Beaucoup moins qu'espéré par les syndicats. Rien d'alarmant, selon le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, au contraire : il s'agissait là d'"une journée intermédiaire avant celle du 29 janvier", qui sera une journée d'actions interprofessionnelle, "mais cela montre que la mobilisation est toujours là", a-t-il ajouté.
"Un malaise extrêmement fort"
Des défilés avaient déjà eu lieu le 19 octobre à Paris et le 10 décembre partout en France. Des manifestations qualifiées alors de "presque habituelles" par le ministre de l'Education Xavier Darcos. "Je sens un malaise extrêmement fort, comme jamais depuis le début de ma carrière j'en ai senti un chez les enseignants", a affirmé cette semaine le pédagogue Philippe Meirieu.
Face à la grogne croissante des enseignants et des lycéens, Xavier Darcos a été amené à faire plusieurs concessions, considérées par les syndicats comme des reculs, sur le service minimum à l'école, la scolarisation en maternelle, les "Rased" (maîtres spécialisés contre l'échec scolaire) et, en accord avec Nicolas Sarkozy, il a reporté d'un an la réforme du lycée. Lundi à Saint-Lô, le chef de l'Etat a confié une mission sur le lycée au directeur de Sciences Po-Paris et a souhaité répondre à "l'angoisse" des jeunes en nommant Martin Hirsch Haut-commissaire à la Jeunesse.
Un "climat d'effervescence"
Enseignants et lycéens ne sont pas satisfaits pour autant, car le président n'entend pas revenir sur les 13.500 suppressions de postes du budget 2009. Au contraire, à l'instar de la FSU, ils souhaitent un "moratoire" sur ces suppressions et les organisations lycéennes UNL et Fidl font de leur arrêt un préalable aux discussions sur le lycée. "On n'est pas dans une situation où on réclame du toujours plus dans l'éducation. On est dans une situation où depuis 2002 on réduit les moyens de l'éducation et notamment en personnels", a commenté le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri.
Reste que les mobilisations lycéennes se sont nettement essoufflées en ce début d'année, le ministre de l'Education jugeant que "les lycéens aujourd'hui n'ont aucune raison de continuer à protester contre une réforme (du lycée) qui repart à zéro, à laquelle ils vont être associés, et dans un contexte budgétaire maintenu".
Dans le primaire en revanche, un "climat d'effervescence" reste palpable, selon le SNUipp, premier syndicat, tandis que la baisse du nombre de postes ouverts aux concours de recrutement d'enseignants (15.600 pour 2009 contre 18.600 en 2008) est critiquée. "Au moment où le gouvernement affirme sa volonté de soutenir l'emploi, il doit donner l'exemple en revenant sur" cette baisse et non pas "réduire les débouchés et les perspectives des jeunes", estime le SNUipp.
(D'après agence)
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