En attendant la reprise des négociations, un dernier hommage va être rendu au syndicaliste tué cette semaine lors d'affrontements, en présence de Ségolène Royal. © LCIL'heure est au recueillement en Guadeloupe ce dimanche, après une nuit calme pour la première fois depuis plusieurs jours. Les Guadeloupéens se préparent à rendre un dernier hommage au syndicaliste Jacques Bino, tué par balle en début de semaine, dont les obsèques auront lieu dans l'après-midi. L'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal, arrivée samedi, doit assister à la cérémonie religieuse. Elle a appelé à l'Etat, qui a "abandonné" les Antilles, à trouver des "solutions" à la crise. "Je suis venu en amie des peuples antillais et guyanais d'abord pour rendre hommage à un syndicaliste tué. Je suis là aussi pour marquer la présence de toutes celles et ceux qui veulent que la justice soit là pour que la paix revienne. Les solutions existent",a-t-elle déclaré. L'UMP l'a accusé de "récupération politicienne". Parralèllement, la vie quotidienne reprenait peu à peu un cours normal, avec la réouverture de certains commerces, dont des grandes surfaces. Selon la préfecture, les deux derniers barrages étaient en cours de démantèlement. Sur plusieurs routes, les cocotiers et autres débris qui entravaient la circulation ont commencé à être dégagés. De longues files d'attente étaient observées devant les stations-service ouvertes.
Les négociations entre le Collectif contre l'exploitation (LKP), le patronat et l'Etat, suspendues vendredi soir, qui ne reprendront que lundi, risquent de ne pas aboutir. Elie Domota et Laurence Parisot ont en effet estimé dimanche qu'un accord était très incertain. Le chef de file du mouvement de contestation estime dans le Journal du Dimanche que le dispositif est "flou, difficile à mettre en oeuvre" tel que proposé par les médiateurs et le patronat. "Nous demandions une augmentation de salaire de 200 euros et voilà qu'on nous offre une prestation sociale supplémentaire. L'Etat ne doit pas acheter la paix sociale par le biais d'une allocation", prévient-il. A ses yeux, le chef de l'Etat "entend mais il ne répond pas parce qu'il a peur que la contestation ne gagne la France".
Jégo ne veut pas démissionner
"Les négociations sont encore très complexes", a fait valoir de son côté la présidente du Medef, lors du Grand-Rendez vous Europe 1/Le Parisien. "Les dernières nouvelles que j'avais cette nuit montraient que nous n'étions peut-être pas si près d'un accord que ça." Augmenter les salaires de 200 euros, "ce n'est pas viable pour la quasi-totalité des entreprises (locales). Ce serait évidemment un arrêt de mort", a-t-elle insisté. A mots couverts, Laurence Parisot a également critiqué la gestion de la crise par les pouvoirs publics : on a provoqué une "impasse lourde, grave" et "le patronat n'a pas été assez écouté par le ministre".
Sur le plan politique, Yves Jégo a affirmé dans le Journal du Dimanche qu'il n'était pas sur la sellette. Malmené et critiqué en Guadeloupe, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer assure que sa démission "n'est pas à l'ordre du jour". "Mais je ferai évidemment ce que souhaiteront le Premier ministre et le président de la République", explique-t-il. "Depuis un an je me suis impliqué à fond en faveur de cette France des trois océans à laquelle je suis très attaché", a-t-il ajouté. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer avait semé le doute en milieu de semaine en posant publiquement la question du maintien d'un secrétariat d'Etat à l'Outre-mer sous sa forme actuelle. Il avait affirmé que "l'outre-mer doit être représentée au gouvernement mais son administration peut être organisée différemment".
D'après agence
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