Les funérailles de Jacques Bino, ce syndicaliste tué en Guadeloupe, le 22 février 2009 © Reuters/Jacky NaegelenL'heure est au recueillement en Guadeloupe, avant la reprise des négociations lundi. Un dernier hommage a été rendu à Jacques Bino, ce syndicaliste tué par balle dans la nuit de mardi à mercrdi et dont les obsèques se sont tenues dimanche, devant plusieurs milliers de personnes, dans le gymnase de Petit Canal, ville natale du syndicaliste. L'occasion pour le leader du LKP, Elie Domota, d'haranguer l'assistance. "Nous sommes dans la tristesse et dans la colère. L'heure est toujours à la mobilisation, il nous faut continuer pour avoir de meilleures conditions de vie et de meilleurs salaires", a-t-il dit. "Face à la mobilisation, qu'avons-nous obtenu en Guadeloupe ?", a demandé le leader syndical avant de répondre "pas grand chose", sous un tonnerre d'applaudissements.
Egalement parmi les personnes qui ont assité à la cérémonie, Ségolène Royal, venue en Guadeloupe pour l'occasion. Bien que critiquée pour sa présence, l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007 a notamment demandé à François Fillon d'assister aux négociations sociales en Guadeloupe. "Si M. Jégo [le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer] est déconsidéré, peut-être que M. Fillon peut venir. Les Guadeloupéens apprécieraient sa présence pour les négociations", a-t-elle dit à l'issue d'une rencontre avec le leader du LKP, Elie Domota, qui ne s'est cependant pas affiché à se côtés. Dans le cas contraire, le gouvernement jouerait selon elle une "stratégie de pourrissement" ou serait sous la "pression du Medef".
Sarkozy "entend mais ne répond pas"
Samedi déjà, des centaines de Guadeloupéens anonymes et des personnalités politiques, dont Olivier Besancenot, le leader du NPA, et l'altermondialiste José Bové, avaient défilé devant le cercueil ouvert du syndicaliste, exposé au Palais de la mutualité, quartier général du LKP. L'enquête sur sa mort est elle toujours en cours. Une personne a été interpellée samedi puis relâchée, selon le procureur de Pointe-à-Pitre, Jean-Michel Prêtre.
Quant aux négociations, elles reprendront lundi à 11 heures. "On est encore loin d'un accord", a prévenu Elie Domota dans le Journal du Dimanche, estimant que Nicolas Sarkozy "entend mais ne répond pas parce qu'il a peur que la contestation sociale ne gagne la France". Toutefois, à la question "la grève peut-elle s'achever cette semaine ?", il s'est montré assez ouvert, lançant : "on va essayer, on va voir". La présidente du Medef, Laurence Parisot, s'est de son côté montrée plus réservée, estimant dimanche à Europe 1 que les dernières nouvelles montraient que "nous ne sommes pas si près d'un accord que ça". Déplorant le "blocage" du patronat, le socialiste Benoît Hamon a lui déclaré à Radio J qu'il fallait "répondre aux revendications des Guadeloupéens" et "décoloniser économiquement la Guadeloupe".
(D'après agence)
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