Un amphi de la fac de Tolbiac © TF1/LCIAvec les enseignants-chercheurs, les étudiants ? Alors que les enseignants-chercheurs de nombreuses universités françaises ont entamé lundi une grève pour protester contre la réforme de leur statut ainsi que celle de la formation des enseignants du primaire et du secondaire, le syndicat étudiant Unef appelle "à une journée de grève et de manifestation" le 10 février prochain. Le but de cette journée ? "Obtenir un changement de cap en matière de politique universitaire et des réponses pour faire face à la crise et lutter contre la précarité", a déclaré mardi le président de l'Unef, Jean-Baptiste Prévost, ajoutant que le syndicat "soutient toutes les initiatives organisées jeudi dans un grand nombre de villes universitaires".
Cet appel répond à celui lancé lundi soir par une coordination nationale des universités réunie à Paris IV, qui a appelé à intensifier la grève entamée depuis quelques jours par les enseignants-chercheurs et qui a lancé deux journées d'actions : des manifestations et actions jeudi partout en France et une manifestation nationale à Paris le mardi 10 février. "On sent aujourd'hui que le mécontentement étudiant monte dans les universités et que Valérie Pécresse [la ministre de l'Enseignement supérieur] doit répondre aux inquiétudes qui s'expriment", a ajouté le président de l'Unef. Comment ? "En renonçant aux 900 suppressions de postes" dans l'enseignement supérieur et "en remettant à plat la réforme du financement à la performance des universités", a conclu Jean-Baptiste Prévost.
Une grogne "vraiment très forte"
Mais du côté des enseignants, c'est surtout contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs qu'on se mobilise. Mardi, Valérie Pécresse a écarté toute idée d'un retrait du décret réformant ce statut, s'en remettant aux présidents d'université pour apaiser la fronde. "Le retrait serait un recul considérable pour tous les chercheurs", a affirmé la ministre, assurant que ce qui est en cause, c'est "la façon dont le président d'université va appliquer le décret". D'où le fait qu'elle s'en remette aux présidents d'universités pour "rassurer" et construire une "charte" destinée à la "bonne application" du décret.
Des propos qui n'ont pas rassuré mardi les enseignants mobilisés. "La grogne est vraiment très forte", a estimé Lionel Collet, président de la Conférence des présidents d'université. Alors que le décret modifiant leur statut a été transmis vendredi en Conseil d'Etat, les enseignants-chercheurs craignent l'arbitraire des présidents d'universités dans la "modulation" de leur service, c'est-à-dire la répartition entre enseignement, recherche et autres tâches, ainsi que dans leur avancement. Ils redoutent ainsi une hausse des heures d'enseignement et une atteinte à leur indépendance. "Une charte, ce n'est pas contraignant, mais c'est à nous, CPU, d'établir ce code de bonne conduite et de faire ce que nous pouvons pour qu'il soit respecté", a fait valoir Lionel Collet. Pour autant, a-t-il ajouté, "ce n'est pas uniquement en abordant la question du statut des enseignants-chercheurs qu'on apaisera" la grogne. Le mécontentement est également due à la "réforme du recrutement et de la formation" des enseignants du premier et second degré, dont les opposants demandent le retrait, et aux suppressions de postes dans l'enseignement supérieur.
Sur le terrain, de nouvelles universités ont voté la grève mardi, comme Rennes I et Rennes II jusqu'à lundi prochain, l'IEP de Rennes et l'INSA-Rennes. Plusieurs centaines d'enseignants-chercheurs et d'étudiants ont également manifesté au Mans et à Rouen. A Paris, une centaine d'enseignants-chercheurs ont également organisé une opération de "lancer de chaussures" contre le ministère.
(D'après agence)
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