Vers une grogne généralisée du monde enseignant ?

le 12 février 2009 à 11h57 , mis à jour le 12 février 2009 à 12h02

Pendant que sept fédérations de l'Education appellent à manifester le 19 mars, les présidents d'universités contestent à la fois la réforme Darcos et la médiation de Valérie Pécresse.

Les manifestants à Paris, le 29 janvier 2009Les manifestants à Paris, le 29 janvier 2009 © LCI

Le principe d'une deuxième journée d'action interprofessionnelle le 19 mars, après celle du 29 janvier, avait déjà été arrêté lundi. Il s'agissait de maintenir la pression avant le "sommet social" à l'Elysée, prévu le 18 février, et d'infléchir la politique gouvernementale sur le pouvoir d'achat et le chômage, alors même qu'un sondage montre que les revendications sont largement soutenues dans l'opinion. Ce jeudi, sans surprise, sept fédérations de l'Education (Faen, Ferc-CGT, FO, FSU, Sgen-CFDT, Sud-Education et Unsa Education) ont appelé à la grève et aux manifestations pour cette journée.

Les syndicats d'enseignants "considèrent que les réponses apportées lors de l'intervention du président de la République restent loin des attentes et des exigences portées par la mobilisation du 29 janvier". Et ils jugent que le président "a au contraire maintenu intégralement les suppressions de postes et les orientations contestées de sa politique et a caricaturé à la fois les revendications et la réalité, qu'il s'agisse de l'Université et de la Recherche ou des moyens consacrés à l'éducation". Pendant que "les pressions sur les personnels et les tentatives de remise en cause du droit syndical se poursuivent". Les sept fédérations de l'Education demandent donc "solennellement" au gouvernement de "renoncer enfin à la totalité des suppressions de postes dans les enseignements scolaires et supérieur (...)" et de "répondre positivement et sans attendre à la mobilisation des personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche".

Les revendications se rejoignent

Pendant que les enseignants se préparent ainsi à descendre de nouveau dans la rue, le ton monte au niveau des universités sur le dossier des enseignants-chercheurs, mais aussi sur le thème de la formation des enseignants. Les revendications se rejoignent ainsi à tous les niveaux du monde de l'éducation, et les deux membres du gouvernement concernés, Xavier Darcos et Valérie Pécresse, se retrouvent tous deux contestés.

La Conférence des présidents d'universités, qui réunit les présidents des 83 universités françaises et des directeurs d'autres établissements (Ecoles normales supérieures, grands établissements, grandes écoles...), a ainsi demandé jeudi à Xavier Darcos "de repousser à 2011" la réforme sur la formation des enseignants et a émis de "fortes réserves" sur la médiation proposée par Valérie Pécresse sur le statut des enseignants-chercheurs.

"La confusion croissante engendrée par la précipitation dans laquelle la réforme de la formation des maîtres a été engagée, en compromet gravement la qualité", a estimé, dans un communiqué, le conseil d'administration de cette instance, qui s'est réunie mercredi soir. En outre, si la CPU estime que "remettre sur le chantier le projet de révision du décret de 1984 (sur le statut des enseignants-chercheurs, ndlr) est aujourd'hui indispensable", elle "exprime de fortes réserves sur la nature et la durée de la médiation proposée, qui ne répondent pas à l'urgence de la situation".

D'après agence

le 12 février 2009 à 11:57
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36 Commentaires

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  • Claire, le 13/02/2009 à 12h32

    Je ne suis pas du tout d'accord avec Didier ! Je suis étudiante et je parle pour la majorité des étudiants en disant que nous ne sommes pas assez stupides pour mettre nos études en péril juste pour avoir le plaisir de manifester dans le froid ou sous la pluie ! Ces réformes nous concernent, et notre avenir en dépend. De nombreux groupes de discussions se sont formés sur le campus de Rouen, nous permettant de rester très bien informés du déroulement des négociations qui ne semblent pas vouloir s'ouvrir ...

  • Libe, le 13/02/2009 à 11h23

    Oui didier, et il faudrait aussi que ceux du privé regardent ceux qui sont au fond des mines, et que les mineurs au lieu de se plaindre regardent les sans -abri .il faut tirer vers le bas, n'est ce pas didier?

  • Loperena, le 13/02/2009 à 10h24

    Que l'on ne soit pas d'accord sur les revendications des enseignants, c'est une chose, mais véhiculer cette idée idiote que les enseignants ne font rien, sont toujours en vacances, sont trop payés, s'ils étaient dans le privé, ils apprendraient la vie... etc... etc... c'est en général l'attitude de personnes qui ont été incapables de poursuivre des études et qui rendent les profs responsables de leur échec sans être bien conscientes de leur propre manque d'intelligence. Il y a des concours nationaux pour être profs, essaye donc mon cher Didier...

  • Gaëlle, le 12/02/2009 à 22h51

    Oui, vous avez raison : laissons plutôt le ministre et son équipe décider pour nos enfants : plus d'enseignement spécialisé c'est-à-dire accueil de tous les handicaps dans les classes, sans formation particulière pour les instits. C'est vrai que c'est ainsi que nos enfants seront le mieux encadrés.

  • étudiante, le 12/02/2009 à 21h02

    Les étudiants n'attendent pas les enseigants chercheurs pour manifester, ou quelconque pretexte. Je sais de quoi je parle, puisque je suis étudiante. Nous avons nos revendications bien précises. Voyez vous, je n'ai pas envie de voir la fac devenir de plus en plus inaccessible pour certains. La fac deviendra-t-elle une chance que pour ceux qui en auront les moyens? je travaille en meme temps que mes études pour pouvoir m'en sortir, et mon employeur en ce moment, qui pense que les étudiants ne travaillent que pour se faire de l'argent de poche, n'a pas "besoin de mes services" et ne me donne que quelques heures. Mes parents n'ont pas la situation financière que certains ont la chance d'avoir. Devrais-je alors décider d'arreter mes études et travailler dans une situation précaire parce que l'université est trop chère pour moi? Voyez vous monsieur, les étudiants ont leurs idées, et ont bien l'intention de se faire écouter par l'ensemble du peuple français! Nous n'avons pas tous envie de s'endetter avant même d'être entièrement dans la vie active!

  • Séverine, le 12/02/2009 à 20h59

    Ne parler pas sans savoir!!! j'aimerais travailler dans le privé car je pourrais être payé de mes heures supplémentaires en temps et en heures et pas 6 mois après les avoir faites. Et aujourd'hui on veut me faire travailler plus sans être payé en conséquence, chose que l'on ne voit que dans le publique!

  • Jordane, le 12/02/2009 à 20h48

    Vous savez surement pas que les étudiant ne son pas dans la rue que pour les enseignant chercheur mes pour défendre leur droit et leur acquis. Il est vrai que les étudiants manifeste en même temps mais c?est juste une question de regroupement populaire et d?effet de masse Les étudiants son contre la loi LRU qui est passé au moi de juillet dernier (pendant les vacances scolaire forcement) Ce qui gaine dans cette loi c?est une baisse de moyen pour toutes les universités et une « dénationalisation » de certains diplômes. Donc il ne faut pas tout confondre même si la presse n?aide pas à la compréhension.

  • Manu, le 12/02/2009 à 20h25

    Que tous ces anti-profs et fonctionnaires passent les concours pour aller voir la réalité du métier et puissent critiquer ... ensuite ! Ils pleureront sur ces discours anti-profs qui glosent sur les privilèges comme celui des vacances alors que les profs sont payés sur 10 mois de travail et ne bénéficient (comme les autres) que de 7 semaines de congés payés mais ne disposent des RTT ou de ces soirées et WE à buller pour cause de copies et cours à corriger !

  • VICTOR, le 12/02/2009 à 19h50

    Vous, vous êtes le genre de personne à vous laisser faire et subir n'importe quelle réforme. Pendant que certains défendent leurs acquis et le service public, d'autres critiquent et foncent droit dans le mur, qui plus est tête baissée. Beeeeh fidèles moutons! A bon entendeur.

  • Lily, le 12/02/2009 à 19h44

    Cher monsieur, je suis étudiante. J'ai bac 5 et je suis juriste, donc, par définition, je sais lire un texte législatif. Il ne vous aura pas échappé que les doyens des facultés de droit, d'ordinaire calmes, semblent désormais prêt à tout pour que Mme Pécresse retire son texte. Nous nous battons pour un enseignement de qualité, et pour préserver le seul ascenseur social qu'il reste à ce pays : le système universitaire. Cet instrument merveilleux qui vous permet de payer un vingtième des droits d'inscription d'une école de commerce et d'avoir en face de vous des agrégés dont la passion est de transmettre leur savoir, qu'ils enrichissent par leur recherche. S'ils sont mécontents, ils partiront, ayant tous une activité privée parallèle. Il y a des pépites à la fac, et on veut les garder. Voilà pourquoi nous nous battons.

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