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le 16 mars 2009 à 07h17, mis à jour le 16 mars 2009 à 08:17
Les expulsions locatives peuvent reprendre à partir de ce matin. Emmaüs a symboliquement érigé une pyramide de matelas place de la République à Paris.
Des matelas déposés par les associations place de la République, le 16 mars 2009Depuis 6h ce lundi matin, les expulsions locatives sont de nouveau possibles. Suspendue chaque année entre le 1er novembre et le 15 mars, cette procédure provoque la colère des associations, qui réclament "un moratoire des expulsions locatives". Symboliquement, l'association Emmaüs a érigé lundi matin une pyramide de matelas au centre de la place de la République à Paris. Sur l'un des matelas, il est écrit en gros "suspension des expulsions". "Nous réclamons un moratoire des expulsions au moins pour 2009 en demandant aux préfets qu'ils n'apportent pas le concours de la force publique aux expulsions, ce qui les rendrait ainsi impossibles", a déclaré Christophe Deltombe, président d'Emmaüs France.
Selon Emmaüs, 500.000 ménages sont en situation d'impayés de loyer et "près de 221.000 personnes occupent" actuellement "un logement sans droit et sans titre suite à une décision d'expulsion". Ce week-end, déjà, les défenseurs des mal-logés s'étaient mobilisés : une manifestation a réuni plus d'un millier de personnes dimanche à Paris pour dire "non aux expulsions" et réclamer une baisse des loyers. A Toulouse, une centaine de personnes se sont allongées symboliquement sur des matelas devant la préfecture de Haute-Garonne.
28.000 expulsions en 2007
Depuis plusieurs jours, la ministre du Logement Christine Boutin s'évertue pourtant à rassurer les associations. Elle s'est engagée jeudi à ce que "désormais, il n'y ait plus de personnes mises à la rue, plus d'expulsions sans une solution de emplacement". Cette promesse n'a toutefois pas convaincu les associations qui estiment que parmi les "solutions de remplacement" proposées, il y aura davantage d'hébergement, c'est à dire des solutions provisoires en hôtel ou foyer, que de logements stables.
Selon des chiffres du ministère de l'Intérieur, les préfets ont autorisé 28.021 expulsions de logements en 2007, avec le concours de la force publique, soit une hausse de 5,58 % par rapport à l'année précédente (26.539). Mais 11.322 expulsions ont été effectivement réalisées (contre 10.719 l'année précédente), les autres dossiers ayant fait l'objet entre temps de départs à l'amiable ou de relogements.
D'après agence
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