Image d'archives © TF1/LCIDans un contexte marqué par une hausse spectaculaire des actes antisémites, Nicolas Sarkozy a tenu à effectuer lundi soir un passage au dîner annuel du Crif à Paris, pour y manifester sa "solidarité". L'Elysée avait indiqué dans un premier un temps que le chef de l'Etat, qui participait dans la matinée en Egypte à une conférence pour la reconstruction de Gaza après l'offensive israélienne, ne se rendrait pas à ce dîner "pour des raisons d'emploi du temps".
Finalement, le chef de l'Etat est tout de même venu ; s'il a passé moins d'une demi-heure à ce rendez-vous traditionnel du Conseil représentatif des institutions juives de France, cela lui a suffi pour réaffirmer sa détermination à lutter contre le racisme : "Quand on s'en prend à un juif parce qu'il est juif, c'est toute la France qui doit se sentir solidaire de la personne qui est victime". Une assurance qui répondait directement aux inquiétudes exprimées par Richard Prasquier, le président du Crif, sur France Info, où il a regretté un "terreau antisémite devenu très consistant" en France et "une instrumentalisation du conflit israélo-palestinien par des mouvements islamistes radicaux".
Le "civisme" contre le "repli sur soi"
Quant au traditionnel discours émaillant le dîner du Crif, c'est non pas le chef de l'Etat, mais son Premier ministre François Fillon qui l'a prononcé. Il a relevé que si le nombre d'affaires à caractère raciste, antisémite ou antireligieux était en augmentation, le "taux de réponse pénale" augmentait lui aussi, passant de 70% en 2006 à 78% en 2008. Et il a ajouté qu'une des premières manières de lutter contre le racisme et l'antisémitisme était de durcir la répression et, une fois les condamnations prononcées, "d'informer largement l'opinion publique de leur sévérité".
Mais la France ne peut ignorer un contexte international tendu, tant par la situation diplomatique que par la crise économique. "La crise mondiale accroît l'inquiétude diplomatique, excite l'agressivité de groupes extrémistes, rend à l'exclusion et au repli sur soi un attrait dangereux", a souligné le chef du gouvernement, avant de s'interroger : "Quelles doivent être les valeurs d'un pays en crise ? Quelles sont les vertus qui, au plus dur de l'épreuve, restent capables de nous souder contre la peur, la haine et la division ?". Selon le chef du gouvernement, "aux côtés des mesures prises pour soutenir l'emploi, défendre nos entreprises, relancer l'investissement, sécuriser notre système bancaire, nous devons être animés par un véritable esprit de civisme. Le civisme, c'est le courage de donner à son pays autant que l'on reçoit de lui. Le civisme, c'est avoir la capacité à ne pas aiguiser inutilement nos légitimes différences politiques ou intellectuelles. C'est, en somme, l'aptitude à se rassembler autour des enjeux essentiels".
D'après agence
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