Plusieurs centaines de personnes manifestant pour le droit au logement à Paris, le 15 mars 2008 © TF1/LCIAu dernier jour de la trêve hivernale, les associations de défense des mal-logés manifestent dimanche pour réclamer l'arrêt des expulsions locatives. Pendant cette trêve du 1er novembre au 15 mars, personne ne peut être expulsé de son logement. Mais au 1er jour ouvrable après la date du 15 mars, les expulsions locatives peuvent reprendre, en l'occurrence le 16 mars à 6h du matin. Christine Boutin a avait tenté de rassurer jeudi, en soulignant que "désormais, il n'y aurait plus de personnes mises à la rue, plus d'expulsions sans une solution de remplacement". Cette promesse n'a toutefois pas convaincu les associations militant pour le logement social, qui ont maintenu leur manifestation de dimanche. Elles pensent que parmi les "solutions de remplacement" proposées, il y aura davantage d'hébergement (solution provisoire en hôtel ou foyer) que de logements stables, faute d'un nombre suffisant de logements sociaux disponibles.
Une vingtaine d'associations et de partis politiques appellent à manifester pour dire "non aux expulsions" et réclamer une baisse des loyers, une amélioration des aides personnelles au logement et la réalisation "massive de logements sociaux". A Paris, la manifestation doit partir de la place de la république à 14h30 à l'appel de nombreuses organisations: CNL (Confédération nationale du logement), Dal (Droit au logement), Attac, Coordination anti-démolition HLM, Ligue des Droits de l'Homme, CGT, Collectif pas touche au livret A, FSU, Verts, PCF, NPA, etc. Des manifestations sont également prévues en région. Une centaine de personnes ont déposé dimanche matin des matelas devant la préfecture de Toulouse pour s'y allonger symboliquement. "A partir de minuit, 500.000 foyers en France vont de nouveau être menacés d'expulsion. Nous demandons un moratoire sur les expulsions, la construction d'un million de logements sociaux et l'application de la loi de réquisition", a déclaré Yannick Martin, membre de l'association Droit au logement à Toulouse.
11.000 expulsions en 2007
En outre, Emmaüs annonce une "opération coup de poing" lundi matin, appelant à empiler des matelas place de la République, à l'aube, pour symboliser la violence des expulsions. Le mouvement fait partie du collectif des 32 associations s'occupant du mal-logement qui a réclamé la semaine dernière "un moratoire des expulsions locatives". Selon Emmaüs, "500.000 ménages sont en situation d'impayés de loyers" (et donc menacés d'expulsion), une situation qui concerne "majoritairement des ménages modestes ou très modestes qui perçoivent pourtant une aide au logement".
Près de 220.000 personnes occupent un logement sans droit et sans titre à la suite d'une décision d'expulsion. L'an dernier, ce sont plus de 11.000 expulsions de personnes sans solution de relogement qui ont été faites avec le concours de la force publique. Le monde associatif dénonce comme absurdes ces expulsions alors même que la loi sur le droit au logement opposable (Dalo) fait obligation au gouvernement de reloger prioritairement ces personnes expulsées. Les associations soulignent aussi que le gouvernement, loin de favoriser les mesures de préventions des expulsions a, au contraire, réduit la durée des procédures d'expulsion de trois ans à un an. De son côté l'UNPI (Union nationale de la propriété immobilière) souhaite "la fin de la trêve hivernale" estimant qu'il est "mathématiquement plus facile de se reloger sur douze mois" que sur une période limitée. La trêve hivernale a été instaurée par une loi du 3 décembre 1956 sur une proposition de loi SFIO-PCF. Elle durait alors du 1er décembre au 15 mars et elle a gagné un mois (1er novembre-15 mars) par une loi du 31 mars 1990.
D'après agence
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