Le nouveau geste du gouvernement

le 12 mars 2009 à 22h11 , mis à jour le 12 mars 2009 à 23h03

La réforme de la formation des enseignants, qui devait initialement entrer en vigueur en 2009-2010, sera étalée de 2009 à 2011, ont annoncé jeudi soir Xavier Darcos et Valérie Pécresse.

amphi amphithéâtre étudiants fac universitéImage d'archives © TF1-LCI

C'est un nouveau geste du gouvernement, le dernier n'ayant pas suffi... La réforme de la formation des enseignants, qui devait initialement entrer en vigueur en 2009-2010, aura un "caractère transitoire" en 2009-2010 et verra son "aboutissement à l'occasion des concours 2011", selon un communiqué commun de Valérie Pécresse et Xavier Darcos. Le processus de la réforme commencera à s'appliquer "dès la session des concours 2010", mais "pour sa première année d'application", les modalités de cette réforme "auront un caractère transitoire et prendront leur plein effet à compter de la session 2011", indiquent les deux ministres (Enseignement supérieur et Education nationale) dans leur communiqué.
 
Ainsi, "les épreuves des concours de la session 2010 auront un caractère provisoire", ajoutent-ils. Par exemple, pour les concours du second degré, l'épreuve de connaissances générales du système éducatif qui avait été prévue initialement dans le projet de réforme est abandonnée (pour la session 2010) et remplacée par une "épreuve disciplinaire comparable à une des épreuves existantes précédemment". En outre, les épreuves de l'agrégation "demeureront en l'état". "Cette réforme verra son plein aboutissement à l'occasion de la session des concours 2011", précisent-ils.

Ils demandaient le report d'un an et l'ouverture de négociations
 
La réforme prévoit qu'à partir de la session 2010, les enseignants des écoles, collèges et lycées soient recrutés au niveau "master 2" (bac + 5). La formation incombera aux universités et non plus aux instituts de formation des maîtres (IUFM). Elle est devenue ces derniers jours le sujet qui cristallise le plus les mécontentements dans le monde de l'Education, notamment chez les universitaires. Nombre d'acteurs ont demandé le report d'un an de sa mise en oeuvre et l'ouverture de négociations. Les ministres de l'Education et de l'Enseignement supérieur invitent d'ailleurs également les organisations syndicales à une concertation.
 
Sur ce dernier point, les deux ministres "invitent les organisations représentatives à discuter" de "la définition du processus abouti de la réforme en 2011" et de "l'organisation de l'année transitoire". Les universités, qui devaient proposer des "masters d'enseignement" dès la rentrée 2009 "pourront donner aux masters qu'elles ont élaborés un caractère provisoire" pour cette année-là, selon le communiqué. En revanche le dispositif de stages en master 1 et 2, ainsi que l'instauration de nouvelles bourses, se mettent en place dès l'année universitaire 2009-2010.
 
S'agissant de la première année d'exercice, les ministres répètent que le jeune enseignant sera accompagné d'un tuteur - à la fonction "reconnue et valorisée" - et bénéficiera de formation continue à l'université, sans préciser quelle sera la part de celle-ci par rapport au reste de son emploi du temps. Aucune précision chiffrée n'est donnée sur le montant de la revalorisation de carrière du jeune enseignant attendue en contrepartie de son recrutement au niveau master. Les principales critiques adressées à la réforme visent son caractère jugé précipité, l'insuffisance de sa partie formation professionnelle, le fait que soit supprimée l'année d'IUFM actuellement rémunérée - l'obligation de préparer des concours en même temps qu'un diplôme de master, et des concours au contenu dévalorisé.

le 12 mars 2009 à 22:11
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5 Commentaires

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  • Kein, le 07/05/2009 à 12h05

    Au jour d'aujourd'hui, cela fait 4 mois que le mouvement dure, et les seules réactions du gouvernement clairement perceptibles, ce sont les réprimandes de la part de notre ministre, et du premier ministre. Comme type de dialogue, on a déjà connu mieux... du moins j'ose le croire. J'aimerais passer un message (j'éspère qu'il sera entendu, je ne fais pas trop confiance à une chaine clairement dans la poche de la droite pour ça, mais qui sait...nous ne sommes peut-être pas en dictature, à vous de me le prouver) à notre gouvernement et aux partis dits "d'opposition" : prouvez nous que l'on peut faire confiance à notre gouvernement, prouvez nous que les éléctions sont utiles, prouvez nousque le droit de contestation sert à quelque chose, prouvez nous que nous sommes bien en démocratie, faites nous un geste (sauf envoyer descrs dans toutes les facs, cela va de soi)". J'ai 18 ans, et j'ai déjàperdu toute confiance en notre système, alors je vous laisse imaginer pour les anarchistes qui ont plus d'expérience que moi...

  • Bernard, le 13/03/2009 à 07h22

    95 % des Français s'en moquent de ces petits problèmes : personne n'y perd son boulot et il faut bien organiser une sélection si on ne veut pas qu'elle s'organise d'elle même par le pire des moyens : l'argent. Quant aux fameux Enseignants Chercheurs des universités, pourquoi ne passent-ils pas par le moule des concours de l'enseignement (CAPES et Agrégation) dans un premier temps ? Leur rôle est avant tout pédagogique, non (la thèse et la recherche venant après)? Les universités sont à réformer en profondeur depuis longtemps et il faut maintenant faire le sale boulot, sans plus tarder.

  • Tipoussy, le 13/03/2009 à 00h42

    Ils sont marrants ces Ministres de l'Education Nationale, il me semble que ce que demandent les grévistes et manifestants, c'est le retrait de ce projet rétrograde et pas un simple repport. veut-on continuer à former correctement les enseignants ou veut-on bacler leur formation pour permettre aux plus aisés de trouver des formations privées meilleures et plus coûteuses??? Idem quant aux élèves du public qui auront des enseignants moins bien formés pour les former eux.

  • Pierre, le 13/03/2009 à 00h31

    Il ne s'agit nullement d'un geste mais bien d'une reculade , ce gouvernement est incapable de mener a bien les reformes qui nous avaient fait voter pour lui. La seule chose que ce gouvernement sait faire c'est creer une taxe par jour et une atteinte aux libertés par jour (n'est ce pas mme Albanel)

  • Lily, le 12/03/2009 à 23h14

    Ce n'est pas un secret que de nouvelles mesures sont attendues dans l'enseignement supérieur.. J'espère que ces négociations s'engagent vers la bonne voie, car les enseignants chercheurs sont en grève depuis un mois à Nanterre comme dans d'autres universités, et les médias n'en parlent pas beaucoup à mon grand étonnement.

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