Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Paris le 15 mars 2009 pour demander l'arrêt des expulsions locatives © TF1/LCIAu dernier jour de la trêve hivernale, les associations de défense des mal-logés ont manifesté dimanche pour réclamer l'arrêt des expulsions locatives. A Paris, ils étaient entre 1100, selon la police, et 5000, selon les organisateurs, à scander "locataires, mal-logés, solidarité" ou "un toit, c'est la loi", et à défiler derrière une banderole jaune sur laquelle était écrit "Non aux expulsions, baisse des loyers". "Les personnes menacées d'expulsion doivent faire attention aux fausses promesses de Mme Boutin : vous devez rester dans les lieux jusqu'au bout de la procédure et n'hésitez pas à sortir de la honte", a conseillé Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole de Droit au logement, trois jours après que la ministre du Logement a déclaré que "désormais, il n'y aurait plus de personnes mises à la rue, plus d'expulsions sans une solution de remplacement". Pour le président de la Confédération nationale du logement, Jean-Pierre Giacomo, le discours de la ministre "n'est pas crédible".
Pendant la trêve hivernale, qui court du 1er novembre au 15 mars, personne ne peut être expulsé de son logement. Mais au 1er jour ouvrable après la date du 15 mars, les expulsions locatives peuvent reprendre, en l'occurrence le 16 mars à 6h du matin. D'où les propos de Christine Boutin, qui a tenté de rassurer les associations, sans vraiment les convaincre, faute d'un nombre suffisant de logements sociaux disponibles. Outre le rassemblement parisien, des manifestations étaient également prévues en région, comme à Toulouse, où une centaine de personnes ont déposé dimanche matin des matelas devant la préfecture de Toulouse pour s'y allonger symboliquement.
11.000 expulsions en 2007
De son côté, Emmaüs annonce une "opération coup de poing" lundi matin, appelant à empiler des matelas place de la République, à l'aube, pour symboliser la violence des expulsions. Le mouvement fait partie du collectif des 32 associations s'occupant du mal-logement qui a réclamé la semaine dernière "un moratoire des expulsions locatives". Selon Emmaüs, "500.000 ménages sont en situation d'impayés de loyers", et donc menacés d'expulsion, une situation qui concerne "majoritairement des ménages modestes ou très modestes qui perçoivent pourtant une aide au logement".
Près de 220.000 personnes occupent un logement sans droit et sans titre à la suite d'une décision d'expulsion. L'an dernier, ce sont plus de 11.000 expulsions de personnes sans solution de relogement qui ont été faites avec le concours de la force publique. Le monde associatif dénonce comme absurdes ces expulsions alors même que la loi sur le droit au logement opposable (Dalo) fait obligation au gouvernement de reloger prioritairement ces personnes expulsées. Les associations soulignent aussi que le gouvernement, loin de favoriser les mesures de préventions des expulsions a, au contraire, réduit la durée des procédures d'expulsion de trois ans à un an. De son côté l'UNPI, l'Union nationale de la propriété immobilière, souhaite "la fin de la trêve hivernale" estimant qu'il est "mathématiquement plus facile de se reloger sur douze mois" que sur une période limitée. La trêve hivernale a été instaurée par une loi du 3 décembre 1956 sur une proposition de loi SFIO-PCF. Elle durait alors du 1er décembre au 15 mars et elle a gagné un mois (1er novembre-15 mars) par une loi du 31 mars 1990.
D'après agence
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