Morano veut faciliter l'adoption d'enfants français

le 31 mars 2009 à 21h11 , mis à jour le 01 avril 2009 à 12h28

Dans Les Echos, Nadine Morano détaille la réforme de l'adoption qu'elle va présenter au Conseil des ministres. Et elle donne des assurances aux travailleurs sociaux, très attachés au lien biologique.

adoption bébé enfant couple familleImage d'archives © TF1

Un an après les propositions de Jean-Marie Colombani, Nadine Morano présente ce mercredi au Conseil des ministres son projet de réforme de l'adoption. Parmi les trois volets annoncés de ce texte, l'un s'attache particulièrement à l'adoption des enfants délaissés par les parents ou pupilles de l'Etat, qui doit être encouragée, "car les années perdues sont des années de traumatisme".

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Les familles adoptantes, qui sont quelque 30.000 à avoir un agrément, espèrent beaucoup de cette réforme. Les adoptions nationales représentent 20% des adoptions par des couples français, alors que ceux-ci ont de plus en plus de mal à se voir accorder un enfant étranger (4136 adoptions internationales en 2005, 3.266 en 2008). En 2006, 764 pupilles de l'Etat seulement sur 2366 ont été placés en vue d'adoption. 219 demandes judiciaires d'abandon étaient prononcées, pour 23.000 enfants en familles d'accueil. La durée des procédures est souvent très longue : 700 enfants déclarés abandonnés en 2006 sont restés 6 ans en moyenne placés auprès de l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Le projet de loi réformant l'article 350 du Code civil, prévoit donc que l'ASE évalue dès la première année de placement s'il y a délaissement de l'enfant, puis chaque année, le Parquet pouvant saisir le tribunal d'une demande de déclaration d'abandon.

"Il ne peut y avoir d'objectif chiffré"

Dans Les Echos, la secrétaire d'Etat à la Famille détaille sa réforme et s'efforce notamment de dissiper de possibles inquiétudes des travailleurs sociaux. Ceux-ci "devront dire chaque année si oui ou non les enfants qu'ils suivent sont délaissés par leurs parents. A partir de ce rapport, le procureur pourra demander une enquête complémentaire ou saisir directement le tribunal de grande instance d'une demande de déclaration d'abandon", rappelle-t-elle. Interrogée sur la possibilité que ce dispositif "force la main aux travailleurs sociaux, qui restent très attachés au maintien du lien biologique", elle répond : "Nous sommes tous attachés au lien biologique (...) Mais, dans certains cas, l'intérêt de l'enfant, c'est parfois de constater que ses parents s'en désintéressent durablement".

Néanmoins, souligne-t-elle, "toutes les décisions seront prises au cas par cas : il ne peut y avoir d'objectif chiffré". Et "cette réforme ne se fera pas contre les travailleurs sociaux mais bien avec eux", selon la secrétaire d'Etat. "J'ai confié pour mission à l'Igas de consulter très largement et de rédiger pour la rentrée un référentiel sur le délaissement qui doit définir des critères précis et qui permettra de guider les travailleurs sociaux dans leurs décisions", ajoute-t-elle.

 

Création d'un portail d'information 

Les ministères de la Famille et des Affaires étrangères ont lancé mercredi un portail internet d'information pour aider les familles candidates à l'adoption. Le site www.adoption.gouv.fr "facilite l'accès aux candidats à l'adoption à une source fiable d'information, alimentée par tous les services de l'Etat compétents en matière d'adoption (ministères de la Famille, des Affaires étrangères et de la Justice)", font valoir les ministères. Il "regroupe l'ensemble des liens utiles vers les sites internet des conseils généraux, des intermédiaires pour l'adoption (organismes agréés pour l'adoption, Agence française de l'adoption) et des associations de familles adoptives". Les familles y trouveront aussi des éléments sur le cadre juridique de l'adoption, les modalités d'obtention de l'agrément pour l'adoption ou encore les conditions posées par les pays d'origine des enfants en cas d'adoption internationale.

 

Avec agences

le 31 mars 2009 à 21:11
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4 Commentaires

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  • Samia, le 25/04/2009 à 12h15

    Bonjour je suis tunisienne divorcée et je veux bien savoire si j'ai le droit d'adopterun enfant étranger, je travaille et je suis diponible pour tous document.

  • Robert, le 01/04/2009 à 06h44

    Mon père a passé toute sa vie à la DAS, il a été orphelin à 2 ans. Sous prétexte qu'il avait de la famille qui ne se décidait pas , il est resté à la DAS jusqu'à sa majorité. Il a été un excellent Papa mais ne voulait pas parler de son enfance . Merci à Mme Morano , Madame continuez votre combat pour éviter ces erreurs.

  • Viviane, le 01/04/2009 à 06h36

    Le lien biologique , c'est au détriment de l'enfant qui lui n'a pas demandé de venir au monde !!! Alors c'est à lui que l'on doit penser en premier lieu !!!! Avez vous pensé une minute à l'enfant qui passe toute sa vie de famille d'accueil en famille d'accueil sans connaître le véritable amour de parents. NON , L'ENFANT NE DOIT PAS SUBIR ET ATTENDRE QUE SES PARENTS BIOLOGIQUES SE DECIDENT A PRENDRE LEURS RESPONSABILITES;

  • Aitak, le 31/03/2009 à 23h27

    "Les travailleurs sociaux sont très attachés aux liens biologiques" : si cette assertion est vraie, cela relève du jugement de valeur, comme si ce lien était supérieur à un autre. La réalité, c'est que la plupart des gens sont effrayés à l'idée que leur propre enfant biologique n'éprouverait rien pour eux s'il était élevé par quelqu'un d'autre. La plupart peuvent le concevoir s'il s'agit du père mais pas de la mère. Eh bien c'est la réalité : un enfant se construit non sur de l'ADN mais grâce à l'amour de ses parents, ceux qui l'élèvent, qu'ils soient ses parent biologiques ou non, qu'ils soient hétéros ou homosexuels, etc. Les travailleurs sociaux niant cela devraient simplement changer de métier, et ne pas s'occuper d'adoption. Et cette réalité n'enlève rien à l'importance que peut avoir, dans certains cas et pour certains, le lien biologique.

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