© TF1Si l'affaire se concrétise, ce sera une première ! L'avant projet de loi relatif à "l'autorité parentale et aux droits des tiers" , aussi appelé "statut du beau-parent" par le chef de l'Etat, reconnaîtrait l'existence des foyers composés de deux adultes du même sexe qui élèvent un enfant.
Ainsi, dans l'exposé des motifs, le texte de loi dit que sont concernés les "2 millions de familles recomposées, les 3 millions de foyers monoparentaux" et les 30 000 enfants qui "vivraient, selon les estimations de l'Institut national d'études démographiques (Ined), dans un foyer composé de deux adultes de même sexe". Par ailleurs, dans plusieurs articles, les termes "père et mère" seraient remplacé par celui de "parents". Le texte n'est "pas sexualisé" et "concerne toutes les familles", a souligné dans plusieurs quotidiens le cabinet de Nadine Morano, précisant que le nouveau statut s'adressait plus généralement aux "adultes autres que les parents biologiques".
Cet avant projet de loi répond à une demande formulée le 13 février dernier par Nicolas Sarkozy "Ce statut permettra de reconnaître des droits et des devoirs aux adultes qui élèvent des enfants qui ne sont pas les leurs avec le même amour que s'ils l'étaient", avait affirmé le président. Franck Tanguy, président de l'association des Familles et parents gays et lesbiens (APGL) a reconnu sur France Info, mardi matin, une "avancée" pour le quotidien des familles homoparentales qu'ils estiment à 100 ou 150 000 en France. "Le retard de la législation en France sur ces questions, comparé à d'autres pays européens comme l'Espagne", a-t-il toutefois souligné.
Polémique au sein du gouvernement
Christine Boutin, ministre du logement et présidente du forum des républicains sociaux, a critiqué mardi ce texte de loi qui affirme t-elle serait "une façon détournée" de reconnaître l'homoparentalité.
"Le fait de reconnaître le statut du beau-parent risque de mener à la reconnaissance objective de l'homoparentalité et de l'adoption par les couples homosexuels", a-t-elle dit, défendant le fait que "l'enfant pour se structurer a besoin d'un papa et d'une maman".
Réagissant sur RTL, Mme Morano a invité sa collègue au gouvernement, "plutôt que d'avoir une posture passéiste et idéologique à vraiment lire ce texte". Selon la secrétaire d'Etat, "il ne crée pas un statut du beau-parent, le projet de loi porte sur l'autorité parentale et le droit des tiers". "Je ne veux pas débattre avec Mme Boutin, ce qui m'intéresse ce sont les Français, il faut prendre en compte l'évolution de la famille", conclut-elle.
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