Enseignants-chercheurs et étudiants dans la rue le 5 mars 2009 © TF1![]() |
| La lettre qui fait polémique |
Les 57.000 enseignants-chercheurs en grève que revendique le Snesup vont-ils être payés normalement ? Car, s'ils doivent obligatoirement se déclarer comme grévistes, seuls 150 à 300 enseignants se sont pour l'instant enregistrés comme tel, les autres continuant donc à être payés, selon Le Figaro, qui cite le ministère. Conséquence, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, va rappeler "lundi ou mardi", dans une circulaire adressée aux présidents d'université, cette obligation légale des grévistes afin que puissent être opérées les retenues de salaire normales, a indiqué le ministère. "Il s'agit d'un simple rappel écrit de la loi", assure-t-on, ajoutant : "les enseignants-chercheurs sont des fonctionnaires d'Etat, ils sont d'ailleurs très attachés à leurs statut, ils doivent donc se conformer aux obligations qui incombent à tout fonctionnaire".
Le ministère fait valoir que Valérie Pécresse a déjà plusieurs fois rappelé oralement aux présidents d'université cette obligation des grévistes de se déclarer, soulignant que plusieurs présidents d'université veillent déjà à procéder à cette comptabilisation. C'est par exemple le cas de Bruno Sire, président de l'université Toulouse 1. S'agissant des personnels administratifs, il fait procéder à "un recensement des grévistes par les chefs de services", a expliqué ce dernier. Aux enseignants, il adresse un mail "chaque vendredi pour qu'ils disent s'ils font grève ou non et (il) fait procéder ensuite à un contrôle par l'administration". "Les gens qui ne répondent pas, je considère qu'ils travaillent et je contrôle", a-t-il ajouté, affirmant qu'il n'avait rencontré "aucune contestation" à ce sujet. "C'est normal. J'applique la loi et le principe tout salaire mérite travail, c'est une simple question d'éthique et de responsabilité personnelle."
Les cours rattrapés ?
Mais comme l'explique Le Figaro, la difficulté à recenser les enseignants-chercheurs grévistes vient notamment du fait que certains rattraperont leurs cours une fois le mouvement terminé. Autre souci, selon des présidents d'université interrogés dans le quotidien, il ne leur est pas toujours facile de vérifier si tel ou tel cours a bien eu lieu, si celui-ci n'a pas simplement été décalé à un autre créneau horaire ou s'il s'est tenu dans une autre salle. Enfin, faut-il compter comme grévistes les enseignants qui ne peuvent pas tenir leurs cours à cause de blocages décidés par les étudiants ? La réponse est moins sûre.
Face à ce début de polémique, Gérard Aschieri, le secrétaire général de la FSU, première fédération syndicale dans la fonction publique, dénonce "une petite opération politique tendant à discréditer les personnels en grève". La mobilisation du monde de l'enseignement et de la recherche, qui aborde sa septième semaine, devrait se poursuivre avec comme nouvelle étape importante la participation à la journée d'action interprofessionnelle du 19 mars.
(D'après agence)
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