Image d'archives © TF1-LCI| Un compromis mais pas de sortie de crise |

Valérie Pécresse sur LCI Radio : "Un premier geste de décrispation"
Après cinq semaines de conflit des universités, c'est une légère avancée. Valérie Pécresse a proposé vendredi un nouveau projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs. Bien, mais pas suffisant, ont répondu les syndicats. Car, si un compromis a été trouvé sur la question du statut des enseignants-chercheurs entre Valérie Pécresse et quatre syndicats, un désaccord persiste sur la question de la formation des enseignants, empêchant "une sortie de crise" dans les universités.
Jugeant même "inacceptable" la réécriture du décret, qui "maintient les orientations du premier texte", la Coordination nationale des universités, réunie vendredi à Paris XII-Créteil, a appelé à une "amplification du mouvement" contre les réformes dans l'enseignement. La Coordination, qui regroupe des enseignants-chercheurs, des personnels administratifs et des étudiants, est l'un des principaux mouvements opposés aux réformes dans l'enseignement. La prochaine réunion de la Coordination est prévue le 16 mars à Dijon.
Trois autres organisations engagées dans la concertation ont estimé que le blocage demeurait sur le dossier de la formation et veulent des négociations plus larges. Parallèlement, une nouvelle journée de manifestations est prévue le 11 mars et la tension monte parmi les étudiants.
"Le blocus d'universités sera envisagé"
La plupart des cours ont été ainsi suspendus vendredi à l'université de Paris IV-Sorbonne à la suite d'une grève lancée par l'Association générale des étudiants de Paris (Ageps), a indiqué un porte-parole. Seuls les cours du Capes et de l'agrégation ont été maintenus tandis qu'étudiants et enseignants bloquaient les locaux pour dénoncer les dangers, selon eux, de la réforme des universités. Des gendarmes mobiles ont été déployés tout autour de la Sorbonne, a précisé 'un membre de l'Ageps.
La Coordination nationale des étudiants d'Ile-de-France se réunira pour sa part mercredi pour décider des suites à donner à la mobilisation, avec pour objectif d'obtenir le retrait de la loi qui instaure l'autonomie des universités. "Le blocus d'universités sera envisagé", a précisé une porte-parole. De son côté, l'Union nationale lycéenne appelle à une semaine d'actions du 9 au 13 mars, dans l'attente de la journée d'action de l'ensemble des syndicats français le 19 mars.
Vers de nouveaux défilés le 11 mars
Au lendemain d'une nouvelle journée de mobilisation qui a rassemblé 50.000 personnes selon les syndicats, la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse espérait "trouver une voie de passage" en obtenant un accord sur le décret réformant le statut des enseignants-chercheurs. Mais s'il n'y a plus d'opposition de front sur ce texte désormais réécrit, les syndicats conviés au ministère veulent des avancées sur la formation des enseignants-chercheurs, un dossier qui dépend, lui, du ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos. "Sur le décret, nous avons obtenu 95% de ce que nous demandions", a déclaré à Reuters Michel Gay, secrétaire général du syndicat Autonome Sup. "Mais nous n'avons toujours pas de réponse sur le dossier de la mastérisation (réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants) et on jugera globalement", a-t-il ajouté. Selon les syndicats, une rencontre doit avoir lieu la semaine prochaine au ministère de l'Education.
Parallèlement, le Snesup, premier syndicat du supérieur, qui a refusé de s'asseoir à la table des négociations et les collectifs engagés dans le mouvement estiment que Valérie Pécresse n'a traité qu'une partie des revendications. Ils ont donc appelé à de nouvelles manifestations le 11 mars.
Le Premier ministre, François Fillon, et Valérie Pécresse tentent depuis dix jours de désamorcer la contestation dans les universités en gelant des suppressions de postes et en acceptant de réécrire le décret litigieux. Des reculs jugés insuffisants par les opposants aux réformes de l'université, qui veulent une négociation globale sur un périmètre plus large, de la formation des enseignants à la restitution des 900 emplois supprimés dans l'enseignement supérieur en 2009, et l'arrêt du "démantèlement" des organismes de recherche.
(D'après agence)
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