Pécresse poursuit la concertation, la Sorbonne en grève

le 06 mars 2009 à 15h56 , mis à jour le 06 mars 2009 à 16h04

La ministre de l'Enseignement supérieur a ouvert vendredi une nouvelle séance de concertation avec des syndicats mais la tension monte parmi les étudiants.

Image d'archives/TF1Image d'archives © TF1

D'un côté l'espoir, de l'autre la colère. La ministre de l'Enseignement supérieur a ouvert, comme prévu, vendredi une nouvelle séance de concertation avec des syndicats. Objectif : trouver une "voie de passage" dans le conflit des universités.
 
Du côté des étudiants, la tension monte. Ainsi, la plupart des cours ont été suspendus vendredi à l'université de Paris IV-Sorbonne à la suite d'une grève lancée par l'Association générale des étudiants de Paris (Ageps). Seuls les cours du Capes et de l'agrégation ont été maintenus tandis qu'étudiants et enseignants bloquaient les locaux pour dénoncer les dangers, selon eux, de la réforme des universités. Des gendarmes mobiles ont été déployés tout autour de la Sorbonne. La Coordination nationale des étudiants d'Ile-de-France se réunira mercredi pour décider des suites à donner à la mobilisation, avec pour objectif d'obtenir le retrait de la loi qui instaure l'autonomie des universités. "Le blocus d'universités sera envisagé", a précisé une porte-parole.
 
"On trouvera les voies de passage"
 
Au lendemain d'une nouvelle journée de mobilisation qui a rassemblé 50.000 personnes selon les syndicats, la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse estime que "tout est ouvert." Mais l'intersyndicale et les collectifs engagés dans le mouvement estiment que la négociation ne concerne qu'un point marginal du conflit - la réécriture du décret contesté sur le statut des enseignants-chercheurs. "Ça ne touche qu'une partie de nos revendications", a déclaré aux journalistes Jean Fabbri, secrétaire général du Snesup.
 
Les opposants aux projets ministériels ont donc appelé à de nouvelles manifestations le 11 mars, jugeant que la mobilisation fait plus que se maintenir. "Nous nous donnons tous les moyens avec les organisations syndicales représentatives de trouver la voie de passage, dans le plus large consensus, qui nous permettra de rétablir la confiance", a expliqué de son côté Valérie Pécresse. "On trouvera les voies de passage pour rassurer les enseignants-chercheurs, les universitaires, pour leur donner les garanties que l'autonomie pour eux, cela va bien se passer par le dialogue, et pas par le blocage", a-t-elle ajouté. Mardi, un accord a été trouvé avec quatre syndicats sur deux points du décret contesté mais un troisième, concernant les promotions dans les universités, devait être recherché vendredi.
 
Le Premier ministre François Fillon et Valérie Pécresse ont tenté depuis dix jours de désamorcer la contestation dans les universités en gelant des suppressions de postes et en acceptant de réécrire le décret litigieux.
 
Mais les opposants aux réformes de l'université ne se satisfont pas de ce premier recul et veulent une négociation globale sur un périmètre plus large, de la formation des enseignants à la restitution des 900 emplois supprimés dans l'enseignement supérieur en 2009, l'arrêt du "démantèlement" des organismes de recherche ou la mise en oeuvre d'un plan pluriannuel d'emplois statutaires.
 

(D'après agence)

le 06 mars 2009 à 15:56
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