Unicef, photo issue du clip vidéoUn fond blanc. Des rayures noires en guise de toise. Devant, des individus alignés comme lors des séances de tapissage devant des témoins au commissariat. Ambiance musicale style thriller. Une voix grave qui égrène : «Jacques, 45 ans, vingt ans de réclusion pour viol aggravé ; Rajiv, 32 ans, 18 mois ferme pour braquage à main armé ; Daniel, 25 ans, cinq ans de réclusion pour enlèvement et séquestration". Pause. La caméra plonge vers le bas. La voix reprend : "Antoine, 13 ans. Quel que soit son crime, un enfant ne doit jamais être traité comme un adulte. Un enfant délinquant, c'est d'abord un enfant en danger. La justice doit le protéger».
L'Unicef est à l'origine de cette vidéo de 45 secondes diffusée sur internet. "Au lendemain de l'annonce par la Garde des Sceaux de son projet de réforme de l'Ordonnance de 1945, texte fondateur de la justice des mineurs en France, l'association de défense des droits de l'enfant entend appelle à la vigilance et au respect d'une justice spécifique et adaptée aux enfants, dans le respect de la Convention internationale des droits de l'enfant", précise le communiqué qui accompagne la vidéo. Jacques Hintzy, président de l'Unicef, répond aux questions de LCI.fr.
![]() |
| Voir le clip vidéo de l'Unicef |
LCI.fr : On a plutôt l'habitude de voir l'Unicef défendre des causes internationales comme l'accès à l'eau potable dans les pays pauvres. Là vous réagissez à une question de politique intérieure. Cela peut surprendre. Quelle est la raison de cette démarche ?
Jacques Hintzy, président Unicef France : Nous souhaitons attirer l'attention sur un problème qui nous paraît important, à savoir le regard que porte la société française sur ses enfants et ses adolescents. Nous avons fait cette vidéo car nous sommes en France en charge de la promotion et de l'application de la Convention internationale des droits de l'enfant et nous voulons rappeler que toute réforme législative doit respecter cette convention qui est un traité international que la France a ratifié. Nous sommes donc tout à fait dans notre mission. Et cela ne nous distrait pas pour autant de tous les efforts que nous faisons dans les pays en voie de développement.
LCI.fr : Qu'est-ce que vous voulez provoquer en diffusant ce spot ?
J.H. : Nous voulons d'abord dire que nous sommes très vigilent sur la réforme qui est en cours. Nous voulons ensuite rappeler que nous tenons à ce que les principes de base de la convention internationale soient respectés. Ces principes sont : la priorité de l'éducatif sur le répressif, le respect du seuil d'âge de 13 ans pour la responsabilité pénale et le respect du rôle des juges et des enfants. Nous le faisons maintenant car nous allons entrer dans la phase de discussion parlementaire et c'est au cours de cette phase que nous pourrons manifester d'une façon plus précise nos intentions et vos demandes.
LCI.fr : Dans le projet de réforme dévoilé par Rachida Dati, la responsabilité pénale est fixée à 13 ans et il est précisé qu'il faut privilégier les mesures éducatives aux mesures répressives. Vous avez donc déjà été entendu ?
J.H. : Absolument. Et nous nous en réjouissons. Simplement, le projet de réforme n'est pas la loi. La loi sera le résultat des débats parlementaires. C'est pourquoi il faut rester très vigilent. Un enfant mérite d'abord une protection avant de penser que c'est en soi-même un être malfaisant et néfaste. On ne veut pas que soit jeter l'opprobre sur la condition des enfants et adolescents. Nous voulons que les dispositifs essaient de contribuer à les remettre dans le droit chemin. Il faut leur faire comprendre par une sanction la gravité de leurs actes sans pour autant compromettre toutes les chances de résilience, pour reprendre une expression de Boris Cyrulnik.
Retour MYTF1

Chargement en cours...





