© AFPCentre historique quasi inaccessible, autoroutes interdites, écoles et services publics fermés, spectacles reportés, une dizaine de milliers de policiers sur les dents : Strasbourg sera en état de siège pour le sommet de l'Otan des 3 et 4 avril qui réunira quelque 28 chefs d'Etat et de gouvernements, dont Barak Obama. La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, s'est rendue lundi dans la capitale alsacienne pour se voir présenter le dispositif mis en place pour veiller à la sécurité des participants au sommet et à celle des strasbourgeois.
Ce sommet constitue "la plus grande opération de sécurité" en France depuis le G8 d'Evian en 2003, a déclaré la ministre avant de rappeler le risque terroriste "car la tentation est grande d'agir là où ils peuvent avoir la plus grosse médiatisation". L'autre risque est celui des extrémistes de tous les pays d'Europe qui "se donnent rendez-vous pour infiltrer les manifestants hostiles à l'Otan. 35 à 40.000 contestataires sont attendus, dont 2.000 représentent un danger de violence", a-t-elle affirmé.
En conséquence, pas moins de 2000 pompiers, et 10 à 15.000 policiers et militaires assureront la sécurité selon un responsable des autorités qui a requis l'anonymat. Michèle Alliot-Marie a annoncé quant à elle "un peu plus de 9.000 policiers et gendarmes", plus "un certain nombre de services spécialisés". Des batteries de missiles sol-air ont par ailleurs été installées tout autour de la ville. Côté allemand - le sommet se déroulera le vendredi à Baden-Baden - 14.000 membres des forces de l'ordre seront alignés sur le sol, selon des sources officielles. Selon les autorités allemandes, le coût des mesures de sécurité s'élève à 110 millions d'euros, dont 50 pour l'Allemagne.
Manif en zone industrielle ?
Quant aux opposants, pour qui l'Otan est synonyme de "course aux armements" et de "guerre des civilisations", ils espèrent rassembler jusqu'à 50.000 manifestants venus de trente pays pour un "contre-sommet", à l'appel de 600 organisations. Si un accord a été trouvé pour installer dans un champ, au sud de la ville, leur camp autogéré, le parcours précis de la manifestation fait encore l'objet de négociations. La préfecture et la municipalité refusent qu'elle s'approche du centre-ville et propose un parcours en zone industrielle. "C'est totalement inacceptable", dit Frédéric Henry, l'un des porte-parole du contre-sommet pour qui les autorités devront "prendre toute la responsabilité de leurs interdits".
Belle pagaille pour les riverains
Certains habitants de la capitale de l'Alsace devraient la déserter pour éviter les inconvénients liés à l'organisation du sommet. Il y aura, il est vrai, peu de raisons de fréquenter la ville : écoles, théâtres, musées, piscines et bibliothèques seront fermés, de même que le monument le plus symbolique de la ville, sa cathédrale. Et les quelque 40.000 Strasbourgeois domiciliés au centre-ville ou près du Palais des congrès, situés en zones rouge et orange, ne pourront rentrer chez eux qu'en présentant badge et pièce d'identité.
Mais même pour ceux qui ont décidé de quitter la ville, il faudra s'organiser à l'avance : les autoroutes d'accès à la ville et celle de la frontière avec l'Allemagne seront fermées. Seront également coupées des lignes de transport en commun, la circulation de certains trains ainsi que des avions et des bateaux sur le Rhin. Belle pagaille assurée !
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