Des CRS maîtrisent un casseur lors de la manifestation anti-Otan à Strasbourg. © REUTERS| La réaction de Synergie Officiers |
Le dispositif de sécurité mis en place à Strasbourg pour parer aux manifestations anti-Otan avait-il des failles ? La police a-t-elle bien fait son travail ou a-t-elle provoqué une partie des débordements ? La polémique enfle deux jours après les incidents violents qui ont accompagné les manifestations anti-Otan à Strasbourg. Plusieurs bâtiments, dont un hôtel, ont été pillés et brûlés dans un quartier populaire de la capitale alsacienne. "Je comprends le traumatisme des habitants de Strasbourg", a dit lundi matin sur LCI la ministre de l'Intérieur. "Les forces de l'ordre n'ont pas pu tout empêcher" face à des petits groupes de casseurs très mobiles, a-t-elle ajouté, mais ont "permis de protéger les personnes et de limiter les dégâts". La ministre répondait au sénateur-maire PS de Strasbourg, Roland Ries, qui a souhaité dimanche "que les responsables de la police expriment la stratégie qui a été menée" et "les raisons (pour lesquelles) on est arrivé à de pareilles dégradations et à de pareilles exactions".
Une présence plus importante de policiers sur le terrain aurait-elle permis d'éviter les incidents, et notamment l'incendie de l'hôtel Ibis ? Un responsable syndical de la police allemande a rapporté lundi que des policiers français auraient refusé des renforts allemands. "Des collègues des forces d'intervention (allemandes, positionnés sur le Pont de l'Europe, à la frontière franco-allemande) nous ont dit 'nous pouvions aider, mais les policiers français n'ont pas voulu'", a indiqué à l'Afp Reiner Wendt, responsable fédéral pour le syndicat de la police DPolG. Reiner Wendt n'a pas pu donner plus de détails : "nous devons d'abord enquêter sur ce qui s'est passé", a-t-il dit. Si cette information venait à être confirmée, elle ne devrait pas manquer de continuer à alimenter la polémique de ce côté-ci du Rhin.
Comportement inacceptable des forces de l'ordre ?
De son côté, l'association Mouvement pour la Paix a lancé un appel à témoins pour déterminer les responsabilités des forces de l'ordre et des casseurs et envisager des "suites juridiques". Condamnant "très fermement les groupes de casseurs", il estime aussi que "les forces de police ont eu un comportement inacceptable". Sur France-Inter, le porte-parole du NPA Olivier Besancenot, présent à Strasbourg, a pour sa part affirmé lundi avoir été pris dans "une vraie souricière" accusant les autorités d'avoir "tout fait" pour que la manifestation anti-Otan "parte en schweppes". Des propos qualifiés de "scandaleux" par la ministre de l'Intérieur, qui a reçu le soutien des syndicats de police toutes tendances confondues.
L'Unsa-Police, premier syndicat de gardiens de la paix, et le Syndicat général de la police (SGP-FO) ont condamné des "émeutes d'une rare violence" particulièrement contre les forces de l'ordre qui se "banalisent". Aucun n'a remis en cause frontalement la stratégie du maintien de l'ordre (MO) et tous ont souligné qu'il "faut éviter", dans ces cas-là, "l'affrontement direct police/manifestants", que "le MO n'est pas une science exacte" et que "tout doit être tenté afin d'éviter des morts et des blessés".
Incendie hôtel : les policiers "visés", selon Alliot-Marie |
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a estimé lundi que les "Black blocks" qui ont incendié samedi l'hôtel Ibis de Strasbourg, en marge du Sommet de l'Otan, l'ont fait parce que des policiers y étaient hébergés et que c'est eux qui étaient "visés". Des policiers de la brigade anticriminalité (BAC), de la PJ et de la brigade équestre étaient logés dans cet établissement et s'y trouvaient en repos après leur service de nuit, et "nous pensons que c'est pour cela qu'ils (les blacks blocks) ont mis le feu à l'hôtel", a assuré la ministre sur Europe 1. "Ce qui était visé, c'était certainement les policiers", a-t-elle insisté, en soulignant que plusieurs messages sur internet appelaient à "casser des policiers". |
Retour MYTF1

Chargement en cours...





