Pots-de-vin chinois contre diplômes français ?

le 15 avril 2009 à 22h16 , mis à jour le 16 avril 2009 à 12h28

La justice enquête sur un trafic présumé de diplômes à l'université de Toulon, au bénéfice de centaines d'étudiants chinois. D'autres facs pourraient être concernées.

étudiants amphi examen partiel fac université étudierImage d'archives © Sxc Kalilo

                                                                              

Un trafic de diplômes à Toulon ?



Parfum de scandale à l'Education nationale. Plusieurs universités pourraient être concernées par des trafics présumés de diplômes monnayés à des étudiants chinois. Cette affaire qui a "un fort retentissement dans le monde universitaire", selon une source proche de l'enquête, a débuté par une dénonciation sans preuve d'un enseignant de Toulon affirmant que "plusieurs dizaines" d'étudiants chinois auraient obtenu des licences et des masters contre de l'argent.
 
"Plusieurs sommes sont avancées. On parle de 100.000 euros pour certains diplômes ou lots de diplômes mais ce ne sont que des allégations", a indiqué le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest, précisant que ce trafic pourrait durer depuis plusieurs années. Certains des étudiants soupçonnés sont d'ailleurs retournés vivre en Chine. Selon le magistrat, quatre à cinq autres facultés françaises situées dans des villes de taille moyenne, pourraient être concernées par des trafics similaires.
 
Une affaire très complexe 
 
Une information judiciaire à l'université du Sud-Toulon-Var a été ouverte au pôle économique et financier du tribunal de grande instance de Marseille le 25 mars. Plusieurs personnes ont été auditionnées et des perquisitions effectuées le 9 avril dans les locaux de l'université toulonnaise, notamment dans le but de récupérer des copies d'examen et des dossiers d'étudiants. Aucune garde à vue ni mise en examen n'a en revanche été prononcée à ce stade.
 
"C'est une affaire qui est d'une grande complexité et qui va nécessiter une longue enquête", a souligné M. Dallest. "On a beaucoup d'imprécisions pour le moment. L'instruction devra déterminer s'il y a eu trafic ou pas, si c'est un acte isolé, si c'est véritablement une organisation, si on peut parler d'une filière", a ajouté le procureur. Les enquêteurs devront aussi déterminer si des faits de corruption ont eu lieu au sein de l'université, au niveau administratif ou du corps éducatif. "Il semblerait que plusieurs étudiants chinois ne parlent pas bien le français ce qui semble rendre difficile l'obtention de diplômes de ce niveau", a précisé M. Dallest.
 
"Qu'au stade des allégations"
 
Un soupçon étayé par des fraudes qui ont pu récemment entacher en Chine certaines sessions de tests de français, dont la réussite est obligatoire pour les Chinois souhaitant venir étudier en France. Certains candidats ont peut-être eu des résultats "ne correspondant pas au niveau réel de leur compétence en français", selon une lettre adressée le 19 mars aux présidents d'universités par le directeur du Centre international d'études pédagogiques, l'organisme chargé de l'élaboration de ces tests.
 
Le procureur de Marseille s'est refusé à citer le nom des autres facultés sur lesquelles pèsent des soupçons, pour la plupart spécialisées en économie, "car nous n'en sommes qu'au stade des allégations". Le Monde cite les universités de Pau, La Rochelle, Poitiers et "une autre en région parisienne".
 
En annonçant mercredi une "enquête administrative" sur la délivrance des diplômes à Toulon, la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a d'ailleurs dit que "si des pratiques délictueuses étaient avérées dans d'autres universités, (elle) prendrait de la même manière les mesures qui s'imposent". Le nombre d'étudiants chinois en France ne cesse d'augmenter: moins de 2.000 en 1999, ils étaient 22.452 en 2007, selon le ministère de l'Education.
 

(D'après agence)

le 15 avril 2009 à 22:16
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53 Commentaires

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  • Arthur Borges, le 20/05/2009 à 14h51

    Le principal problem en Chine est la pratique largement repandue de payer un "tireur" qui passera l'examen à votre place. Cette personne se présente à votre place, munie d'une fausse carte d'identité nationale ; carte qui, à son tour, comportera une photo d'identité travaillée sur PC pour faire correspondre les traits de votre visage à ceux de votre "tireur", dont la resemblance à vous sera un critère de sa séléction pour assurer l'intervention. Tant que les données biométriques ne seront pas incorporées aux pièces d'identité, cette industrie est vouée à un bel avenir parsemé de nombreuses journées fortes ensoleillées.

  • GFUAG, le 17/04/2009 à 10h24

    Des universités vend les diplômes aux étudiants étrangers pour gagner de l'argent, c'est vraiment.....

  • GFUAG, le 17/04/2009 à 10h24

    Des universités vend les diplômes aux étudiants étrangers pour gagner de l'argent, c'est vraiment.....

  • Milou, le 16/04/2009 à 16h06

    Si on peut plus vendre les diplômes tranquillement , la grève des universitaires est pas près de s'arrêter .

  • LOUP, le 16/04/2009 à 15h46

    Comme ça, au moins, on connait la vraie valeur de ces universitaires toujours prêt à faire la grève et à contester les instructions de leur ministre.

  • Candy, le 16/04/2009 à 15h07

    Et si on enquêtait à Clermont-Ferrand par exemple ????

  • Isurus, le 16/04/2009 à 14h40

    Je suis titulaire d'un doctorat es sciences et je travaille depuis 10 ans comme vendeur faute de débouchés dans ma discipline. Vive les diplomes de l'enseignement supérieur acquis honnetement et qui ne servent à rien chez nous mais qui sont tellement utiles ailleurs lorsque ils ont été obtenus frauduleusement!

  • Isurus, le 16/04/2009 à 14h40

    Je suis titulaire d'un doctorat es sciences et je travaille depuis 10 ans comme vendeur faute de débouchés dans ma discipline. Vive les diplomes de l'enseignement supérieur acquis honnetement et qui ne servent à rien chez nous mais qui sont tellement utiles ailleurs lorsque ils ont été obtenus frauduleusement!

  • Vroumvroum, le 16/04/2009 à 14h21

    Je confirme ABSOULMENT ces soupcons de fraude. Je connais des enfants de vietnamiens qui ne parlent pas le francais, et ont eu a payer a des intermediaires Vvietnamiens de fortes sommes. Il y a 3 ans il y a eu une bague, cette annee une autre vague. Ils ont de tres beaux diplomes de l'Universite de Toulon mais ne comprennent pas un mot de francais.

  • Jean, le 16/04/2009 à 14h20

    C'est sûr que ça va réhausser la notoriété des universités françaises ! Alors que nombre d'étudiants étrangers sont partis en cours d'année à cause des grèves et blocages , que beaucoup de pays vont certainement revoir les conventions passées avec la France , que dans le cadre du programme Erasmus l'Europe va demander le remboursement des bourses attribuées à des étudiants européens dont l'année dans les universités françaises ne sera pas validée , voilà en plus qu'il y aurait un trafic de diplômes . Quelle honte !!

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