Les incidents ont éclaté en fin de manifestation © TF1Non sans rappeler une certaine campagne présidentielle de 2002, le débat sur l'insécurité en France refait une apparition en force à deux mois des européennes. Nicolas Sarkozy se rend ce mardi à Nice pour présenter le nouvel arsenal sécuritaire qu'il entend mettre en œuvre après une série de violences survenues dans des établissements scolaires et en marge de manifestations à Strasbourg et Bastia.
La ville de Nice n'a pas été choisie au hasard. Son maire, l'UMP Christian Estrosi, a notamment été chargé par le président de la République de rédiger une proposition de loi pour renforcer la législation contre les bandes violentes, dont le Parlement devrait se saisir d'ici la fin du mois. Le chef de l'Etat en a lui-même tracé les grandes lignes en déclinant seize mesures policières et judiciaires le 16 mars dernier à Gagny, en Seine-Saint-Denis, là-même où quelques jours plus tôt, un lycée avait été envahi par une vingtaine d'agresseurs encagoulés et armés de barres de fer, bâtons et couteaux.
Nicolas Sarkozy souhaite notamment voir réprimer l'appartenance aux "bandes". Le nouveau délit, puni de trois ans de prison, punirait le fait de "faire partie en connaissance de cause d'un groupement, même formé de façon temporaire, poursuivant le but de commettre des atteintes volontaires contre les personnes et les biens". Dans la même veine, après les violences en marge du sommet de l'Otan à Strasbourg, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a transmis un projet de décret à Matignon pour interdire les cagoules dans les manifestations.
Bronca dans l'opposition, chez les magistrats et policiers
Pour le président, c'est un constat objectif qui motive ces multiples initiatives de renforcement du dispositif législatif en matière de sécurité. Les syndicats de magistrats et certaines organisations de policiers jugent au contraire ce projet de réforme du code pénal inutile et répétitif, une vingtaine de textes ayant été votés depuis 2002 sur le sujet. Les magistrats soulignent par ailleurs que la notion de "bande" est floue. "La présomption d'appartenance à une 'bande' sera quasiment impossible à démontrer par les juridictions, (...) mais elle permettra immanquablement d'augmenter le nombre, pourtant déjà très élevé, de gardes à vue et d'alimenter les sacro-saints fichiers policiers", estime le Syndicat de la magistrature.
La gauche et le Front national ont mis le gouvernement sous pression ces derniers jours à la suite de plusieurs faits divers violents, dont la mort d'un jeune homme à Paris dans un affrontement. La Premier secrétaire du PS Martine Aubry a jugé "quasi-inexistante" la politique de prévention. L'opposition n'en démord pas : en relançant un thème très porteur dans l'électorat de droite sur lequel Nicolas Sarkozy a construit son ascension, le gouvernement veut détourner l'attention des difficultés actuelles et masquer son impuissance à les résoudre. François Bayrou pointe une "mise en scène à but électoral". Quant au Front national, s'il dénonce "le bilan déplorable" de Nicolas Sarkozy sur les questions de sécurité, c'est pour mieux faire le lien avec l'immigration. "La carte de France de l'insécurité, je me demande si ce n'est pas la carte de France de l'immigration", a déclaré sa vice-présidente Marine Le Pen.
Vols à main armée : + 23 % en un an |
Le nombre de vols à main armée avec armes à feu, entre avril 2008 et mars 2009, a augmenté de 23 % par rapport à la même période des douze mois précédents, selon le bilan mensuel publié récemment par l'Observatoire national de la délinquance (OND). Ces vols, précise l'OND, concernent "en premier lieu (des) établissements industriels ou commerciaux" qui "incluent par exemple les braquages de commerces de proximité comme les supérettes, les tabacs ou les pharmacies". Michèle Alliot-Marie avait annoncé au début de l'année le lancement d'un "plan de lutte" contre les vols à main armée qui avaient globalement augmenté en 2008, notamment ceux dits de "proximité". Selon le même bilan mensuel de l'OND, les atteintes aux biens sont toujours à la baisse (- 4,3 %), tout comme le chiffre de la délinquance générale. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...




