Valérie Pécresse, après une rencontre marathon pour désamorcer la crise des universités (27 février 2009) © TF1/LCIFaut-il valider automatiquement le deuxième semestre universitaire, fortement perturbé par le mouvement des enseignants-chercheurs ? La coordination nationale des universités s'y est déclarée favorable. Valérie Pécresse, est contre. Dans les colonnes du quotidien Aujourd'hui en France, la ministre de l'Enseignement supérieur s'explique sur ce refus : "Il est essentiel que tous les enseignements qui n'ont pas été assurés ces dernières semaines le soient avant les examens", déclare-t-elle. "Il en va de la crédibilité de nos universités à l'étranger et de la valeur de nos diplômes".
Valérie Pécresse estime que "si le rattrapage est organisé sous quinze jours, en mettant les cours en ligne ou en organisant des enseignements supplémentaires, le second semestre sera sauvé. En revanche, si au retour des vacances de Pâques, les cours continuent à être perturbés, l'année universitaire sera menacée". Un blocage qui risque de s'étendre aux épreuves du baccalauréat 2009. Certains enseignants-chercheurs ont en effet manifesté leur refus de présider les jurys du bac.
Radicalisation du mouvement ?
Après dix semaines de grève, enseignants chercheurs et étudiants restent mobilisés. La coordination nationale des universités et le syndicat Snesup FSU appellent à une nouvelle journée d'action ce mercredi. Lundi déjà, ce mouvement appelait "à la radicalisation du mouvement", à "la désobéissance civile" et à la "convergence des luttes" notamment avec "les hôpitaux", "l'ensemble des services publics" ou encore les "sans-papiers".
Une radicalisation du mouvement qui semble s'esquisser. En début de semaine, plusieurs universités ont été occupées par des étudiants grévistes. A Strasbourg, un groupe d'une centaine d'étudiants ont fait irruption lors d'une réunion au cours de laquelle les 31 directeurs d'Unités de formation et de recherche présents venaient de voter la fin du blocage des trois bâtiments de l'université réoccupés depuis. A Montpellier, la majorité des membres des trois conseils de l'université Montpellier II (Sciences) et de la présidence s'est déclarée opposée aux principales réformes en cours dans l'enseignement supérieur et la recherche, au cours d'un congrès qui s'est achevé mardi.
Le PS en renfort
Bruno Julliard, secrétaire national du Parti Socialiste à l'éducation, a affirmé mardi qu'il est de "la responsabilité du gouvernement" de répondre aux "revendications des organisations syndicales" pour permettre une reprise des cours et la préparation des examens. "Il faut que le calendrier universitaire en cette fin d'année soit modifié" de façon à ce que "les étudiants puissent préparer les examens dans de bonnes conditions", a affirmé l'ancien président de l'Unef. Pour autant, Bruno Julliard n'est pas favorable à tout acte de violence ou de radicalité qui coûterait "à la crédibilité du mouvement".
D'après agence
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