Nicolas Sarkozy, le 21 avril 2009 à Nice © TF1-LCI 
> Sarkozy "n'a pas de temps à perdre" avec la polémique
> "L'arsenal répressif existant largement suffisant" pour Mathieu Bonduel, du SM
A deux mois des Européennes et après une série de violences survenues dans des établissements scolaires et en marge de manifestations à Strasbourg et Bastia, certains y voient une récupération politique. Quoi qu'il en soit, le débat sur l'insécurité en France refait surface. Nicolas Sarkozy était ce mardi à Nice pour présenter un nouvel arsenal sécuritaire, promettant de faire passer la lutte contre l'insécurité "à la vitesse supérieure".
"Il n'est quand même pas extravagant de demander que la victime soit traitée dans la même condition que le délinquant." Nicolas Sarkozy a notamment demandé que soit examinée la possibilité pour une victime d'avoir "un avocat à la minute de l'agression". Faisant valoir que les délinquants "avaient droit à la première minute dès l'ouverture de la procédure à un avocat", le chef de l'Etat a demandé que "l'on travaille pour savoir dans quelles conditions la victime pourrait être traitée aussi bien que le délinquant". Il a demandé également que l'on examine "dans quelles conditions on pourrait voir que la victime, elle aussi, ait le droit à un avocat à la minute de l'agression qu'elle subit".
Une idée de Ségolène Royal ?
Les partis de gauche ont aussitôt dénoncé la "démagogie sécuritaire" de Nicolas Sarkozy, qui masque selon eux son échec par des effets d'annonce et cherche à faire diversion avant les Européennes. Delphine Batho, députée PS proche de Ségolène Royal, a en outre jugé que la "seule nouveauté" dans le discours du président était "la reprise" de la proposition "n°55 du Pacte présidentiel de Ségolène Royal : ‘Aider les victimes : (...) mettre un avocat à la disposition des victimes de violences graves dans l'heure suivant le dépôt de plainte'".
Devant le député-maire UMP de Nice Christian Estrosi, chargé de rédiger une proposition de loi les reprenant, Nicolas Sarkozy a aussi redit sa volonté de faire de "l'appartenance consciente à une bande un délit", ainsi qu'il l'avait annoncé il y a un mois à Gagny (Seine-Saint-Denis). "Je ne suis pas homme à accepter ce qui se passe (...) je ne laisserai pas se développer le phénomène des bandes, c'est clair", a-t-il asséné en retrouvant les airs martiaux du ministre de l'Intérieur qu'il fut. Au passage, il a raillé "ceux qui commentent au lieu d'agir" et qui ont dénoncé cette mesure "liberticide" et "inefficace". "Faut savoir", a-t-il moqué, "soit c'est inefficace, dans ce cas-là ce n'est pas liberticide. Soit c'est liberticide et dans ce cas ça doit avoir un début d'efficacité".
Sur le même ton, le président a défendu sa volonté de faire de l'intrusion dans un établissement scolaire un délit. "L'entrée de la violence dans les écoles, c'est un scandale (...) je n'ai pas l'intention de laisser nos établissements scolaires ouverts à tous vents", a-t-il promis. Fermeté encore lorsque Nicolas Sarkozy a soutenu, sous les applaudissements d'une salle pleine à craquer de policiers et de gendarmes, l'interdiction de la cagoule dans les manifestations, après les violences survenues en marge du sommet de l'Otan à Strasbourg. Plus généralement, il a défendu sa politique pénale depuis 2002, des peines plancher à la rétention de sûreté, s'attribuant les lauriers d'une baisse "de 15%" de la délinquance.
Le chef de l'Etat a également annoncé avoir demandé au gouvernement de déposer devant le Parlement "un projet de loi organique" portant notamment "sur la responsabilité des magistrats". Alors que le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) doit se prononcer vendredi sur une éventuelle sanction disciplinaire à l'encontre de Fabrice Burgaud, le juge d'instruction controversé de l'affaire de pédophilie d'Outreau, le chef de l'Etat a prévenu qu'il ne "laisserait pas des affaires comme Outreau sans réponse".
| Sarkozy n'a "pas de temps à perdre" avec la polémique |
En marge, Nicolas Sarkozy a refusé de commenter la polémique causée par les excuses présentées par Ségolène Royal au chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero pour des propos prêtés au chef de l'Etat. "Vous croyez que je n'ai que ça à faire ? Je n'ai pas de temps à perdre, excusez-moi", a-t-il répondu à la presse. "Si on voit le temps perdu ce week-end pour des polémiques ridicules alors qu'on a tant de problèmes à régler, le chômage des jeunes, l'insécurité, les problèmes sociaux", s'est ensuite exclamé le chef de l'Etat lors de son discours. "Qu'on puisse perdre autant de temps sur des choses aussi grotesques, on se demande, c'est à rester pantois", a-t-il ajouté > Voir la vidéo. |
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