Image d'archives © Sxc KaliloIl n'est pas exclu que certaines universités doivent organiser des examens en septembre mais cela ne concernera, le cas échéant, qu'un très petit nombre de facultés, a estimé jeudi la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse. Après plus de trois mois de contestation universitaire, dans la majorité des universités, les enseignants chercheurs et les étudiants sont appelés à une nouvelle journée d'action jeudi.
Dans la majorité des facs, "on a encore le temps de tenir les examens d'ici le mois de juillet mais il faut le faire tout de suite", a expliqué Valérie Pécresse sur RMC et BFM TV. "Si les blocages se poursuivent ou si on a des difficultés à mettre en place le plan de rattrapage (des cours), je n'exclus pas que dans l'une ou l'autre il y ait des examens en septembre mais on en est pas encore là", a-t-elle ajouté. Depuis le mois de janvier, "il y a eu au maximum entre 12 et 15 semaines de cours, il y a 15 heures de cours par semaine on peut mettre les bouchées doubles pour assurer un plan de rattrapage", a assuré la ministre.
"La peur du changement totalement compréhensible"
Selon son "panorama global" de la crise universitaire, 35 universités n'ont pas été affectées par le mouvement et 40 sont aujourd'hui en train de rattraper les cours sur 83 sites au total. "Il nous reste le cas d'une dizaine d'universités qui sont encore perturbées", a dit Valérie Pécresse.
Interrogée sur la longueur sans précédent de la contestation, elle a jugé que "la peur du changement est totalement compréhensible" mais que stopper les réformes serait "la pire des solutions". "J'ai pensé qu'avec un certain nombre de négociations notamment sur le statut des enseignants chercheurs, nous serions à même de faire les gestes qui rassurent", a dit la ministre de l'Enseignement supérieur. "Nous n'avons pas réussi à rassurer la communauté universitaire parce que ce changement suscite des inquiétudes".
Le mouvement se poursuit |
A l'appel d'une intersyndicale -FSU, CGT, Sgen-CFDT, Unsa, Solidaires, Sauvons la recherche et Sauvons l'université- ainsi que la Coordination nationale des universités, entre 1.300 personnes selon la police et 5.000 selon les organisateurs ont manifesté jeudi à Paris entre Jussieu et Sèvres-Babylone, en dénonçant le comportant "irresponsable" du gouvernement dans l'enseignement supérieur. "La reprise des cours se fait, mais dans un contexte de lutte", a déclaré le secrétaire général du syndicat Snesup. Parlant de "rupture forte" entre la communauté universitaire et le gouvernement, il a ajouté que "ce n'est pas en comptant le nombre de manifestants que le gouvernement pourra se rassurer", laissant entendre que le mouvement pourrait reprendre à la rentrée. A Paris, le défilé universitaire n'a finalement pas convergé avec celui des personnels hospitaliers, contrairement à ce qui a eu lieu à Lille, Lyon, Marseille ou Toulouse. Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy recevait à l'Elysée les présidents des 20 universités passées à l'autonomie dès le 1er janvier 2009 pour faire le point de leur fonctionnement. "Nous étions là pour lui dire pourquoi nous avons fait le choix de passer (à l'autonomie), comment faire pour améliorer encore l'autonomie et le bon fonctionnement de nos établissements", a déclaré le président de la conférence des présidents d'universités, Lionel Collet. Parmi les points à améliorer, M. Collet a notamment mentionné les "vieux réflexes" de l'administration. Alors que le mouvement de contestation des réformes gouvernementales dans l'enseignement supérieur et la recherche est entré lundi dans sa 15 semaine, la "défense de l'emploi", la lutte contre la précarité et la revendication d'un "plan d'emplois statutaires" étaient au coeur des revendications. |
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