Cour d'école videComment lutter contre l'insécurité dans les établissements scolaires ? C'est à cette question que devra répondre Nicolas Sarkozy jeudi. L'Elysée doit en effet décider des mesures qui seront appliquées à la rentrée prochaine pour lutter contre la violence dans les écoles. Parmi les pistes présentées mercredi par le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, la mise en place de portiques de détection à l'entrée des écoles. "Mais pas de façon systématique", a prévenu le ministre. "Je reconnais que le portique, c'est un peu compliqué à mettre en place", a ajouté son ministère, évoquant du "cas par cas", dans les établissements où des "diagnostics de sécurité" auront fait apparaître un besoin.
Pour permettre le contrôle des élèves, "il faut que nous trouvions une solution pour habiliter les personnels" à le faire dans les établissements, ce qui n'est pas possible actuellement, a également déclaré Xavier Darcos mercredi. Quant aux "forces mobiles" qui pourraient intervenir dans les écoles, "ce système, qui semble-t-il a provoqué beaucoup d'émotion, existe déjà, par exemple dans l'académie de Versailles", a expliqué le ministre. Ce dernier a également insisté sur la formation des personnels des collèges et lycées, ainsi que sur l'idée de sanctions financières contre les parents des élèves amenant des armes en milieu scolaire.
Des "propositions raisonnables"
Selon le ministère, il y a eu "251 signalements en relation avec des armes" entre septembre 2008 et mars 2009. Soit une moyenne de 35 par mois sur 10 mois, en baisse par rapport aux 45 de 2007/2008. Dernier incident en date, l'interpellation d'un élève de 12 ans qui, mardi, dans un collège de Vaulx-en Velin, près de Lyon, a menacé en plein cours son professeur avec un couteau.
La réunion de mercredi a en tout cas révélé de fortes divergences entre représentants des fédérations de parents d'élèves, collectivités locales et chefs d'établissement. Car si le président de la fédération de parents d'élèves Peep, Philippe Vrand, a donné son "aval" aux "portiques" et aux "nouvelles prérogatives" pour les fouilles, en revanche il ne l'a pas fait pour les sanctions des parents. Signe de leur mécontentement, les associations des départements et régions de France, majoritairement à gauche, n'étaient elles pas représentées lors de la réunion. Quant aux directeurs de collèges et lycées, leur position était très nuancée. Secrétaire général du principal syndicat de chefs d'établissement, Philippe Tournier a réclamé du "cas par cas" pour les portiques et l'habilitation aux fouilles. Il a aussi refusé les opérations "coup de poing" qui aggraveraient selon lui les problèmes, prônant des interventions plus longues dans les établissements.
C'est donc sur toutes ces questions controversées que Nicolas Sarkozy devra trancher jeudi, à l'issue d'une réunion plus générale sur la sécurité à l'Elysée. Le sondage commandé par le ministère de l'Education et paru mercredi dans Le Parisien va-t-il l'influencer ? 64% des personnes interrogées se disent favorables "à ce que les personnels administratifs soient autorisés s'ils l'estiment nécessaire à fouiller les élèves" et 81% "à l'installation de portiques" ou "d'appareils mobiles de détection" d'armes.
(D'après agence)
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