La transexualité ne sera plus une maladie mentale

Par , le 16 mai 2009 à 17h00 , mis à jour le 16 mai 2009 à 18h54

La France va cesser de considérer les trans comme souffrant d'une affection psychiatrique, une décision prise par Roselyne Bachelot qualifiée samedi d'historique par les associations concernées. Dimanche a lieu la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie.

transsexualité transImage d'archives © REUTERS

                                                           

  • Les trans ne sont plus des malades mentaux

    C'est officiel depuis mercredi avec la publication d'un décret au Journal Officiel. Et c'est historique car la France est le premier pays au monde à sortir le transsexualisme de la liste des affections psychiatriques.

    Publié le 12/02/2010 Les trans ne sont plus des malades mentaux
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transexualité trans
Le portrait de R., 28 ans

                                                                                  

"Il y a trente ans, Robert Badinter a fait sortir l'homosexualité du Code pénal, aujourd'hui, Roselyne Bachelot fait sortir la transidentité de la liste de maladies mentales". A l'instar du président du Comité (International Day Against Homophobia and transphobia) IDAHO Jean-Louis Tin, les associations de lutte contre l'homophobie qualifient de "décision historique" l'annonce de Roselyne Bachelot dans Libération samedi : la transsexualité ne sera plus considérée comme une affection psychiatrique en France. Pour rappel, l'homosexualité l'était jusqu'en 1992. La ministre de la ministre de la Santé a saisi "ces derniers jours" la Haute autorité de Santé afin qu'un décret soit publié en ce sens, précise l'avenue de Ségur.
 
"Cette décision est une explosion d'espoir pour toutes les personnes trans du monde", estime Joël Bedos, secrétaire général du Comité IDAHO. Cette reclassification du transsexualisme était un changement réclamé de longue date par la communauté lesbienne, gay, bi et trans de France (LGBT).

Cérémonie en hommage aux victimes de l'homophobie, l'Etat présent
 
La France est le premier pays à prendre cette décision, une décision d'autant plus symbolique que dimanche a lieu la journée internationale contre l'homophobie avec comme thème, cette année, la lutte contre la transphobie. Dans une tribune publiée dans Le Monde daté de dimanche-lundi, des personnalités politiques de gauche (Martine Aubry, Cécile Duflot, Marie-George Buffet...), des intellectuels (Elisabeth Badinter, Elfriede Jelinek...) lancent un appel à l'OMS, aux Nations-Unis ainsi qu'aux Etats du monde pour qu'ils refusent la transphobie. "Respectons l'identité de genre", clament les signataires. "Cette année a déjà été marquée par plusieurs meurtres de femmes transexuelles, assassinées au Honduras, en Serbie et aux Etats-Unis. Les hommes d'origine transexuelle, eux aussi, sont victimes de crimes de haine, de préjugés et de discriminations, bien qu'ils soient souvent "invisibles" aux yeux de la société", rappellent les signataires.

Samedi, une centaine d'homosexuel(le)s, bi- et transsexuels ont participé à Paris à la première cérémonie nationale en hommage aux victimes de l'homophobie. Les manifestants se sont regroupés au Square d'Ile-de-france et ont été sensibilisés à la lutte contre toutes formes de discriminations et de violences faites aux membres de leur communauté. Entre 10.000 et 15.000 personnes ont péri dans les camps de concentration en raison de leur orientation sexuelle. Pour cette première cérémonie où l'Etat était représenté, des gerbes de fleurs avaient été déposées dans la crypte érigée en bas du square sur les berges de la Seine, où la Secrétaire d'Etat au droits de l'homme, Rama Yade, ainsi que certains élus de l'opposition sont venus se recueillir.

Ce que cette décision va changer

Jusqu'à présent, les transsexuels peuvent bénéficier d'une exonération du ticket modérateur pour les soins au traitement au titre d'une affection de longue durée classifiée ALD23 pour "troubles récurrents ou persistants". "Les transsexuels ressentent cette admission en ALD23 comme stigmatisante puisqu'elle peut introduire une confusion entre le trouble de l'identité du genre et l'affection psychiatrique", a rappelé le ministère de la Santé. Elle a précisé que la prise en charge médicale au titre des troubles de l'identité du genre continuerait à être assurée.

Par Amélie Gautier le 16 mai 2009 à 17:00
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19 Commentaires

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  • Témoin, le 18/05/2009 à 15h30

    Je connais un couple qui a eu un bébé voici une douzaine d'année. A la naissance, le bébé était, bien que mal formé, des 2 sexes. Les toubibs ont fait une analyse de chromosomes. Les Y étant majoritaires, une intervebtion chirurgicale sur le bébé lui a donné le sexe féminin. J'ignore ce qu'est devenu cette enfant. Il m'arrive de penser à sa vie d'adolescente puis d'adulte avec beaucoup d'intérrogation. La nature nous "punit" suffisemment pourquoi en rajouter ???

  • Gabuzo, le 18/05/2009 à 12h20

    A lire les commentaires de ce fil, c'est un sujet qui flirte avec beaucoup de questions philo que se posent les gens: la "nature" humaine, l'identité du genre et de la conscience (la "folie"), le normal et le pathologique, qui est responsable du trou de la sécu, faut-il rembourser ce qui ne relève pas de la maladie (la vieillesse non plus n'est pas une maladie, non plus que la maternité). Amis français continuons à faire évoluer les discussions philosophiques, que les questions soient naives ou pas. kisses

  • B 69, le 17/05/2009 à 13h22

    C'est bien tout ça, c'est le progrès! C'est moderne et tendance dans le show biz, les médias donc c'est bien. Bientôt nous aurons des hommes devenus femmes tomber amoureux(ses) de femmes devenu(e)s hommes et qui voudront des enfants. Ca laisse rêveur Les théories de 68 ont la vie dure! L'anorexie est une maladie mentale et vouloir à tout prix changer de sexe quelque chose de normal? Je n'y comprends plus rien, nous vivons une époque bizzare où les gens deviennent asexués, les hommes ont peur des femmes et vice versa. Je n'ai jamais éprouvé les besoin de faire une marche de fiertés pour les hétéros. Vraiment on est dans le show, la démagogie et le grand n'importe quoi. Ceci dit, je dénonce la chasse aux homos ou aux trans mais sans tomber dans l'excès inverse. Etre en désaccord avec la nature c'est avoir quelque part un problème. Si existe deux sexes c'est bien pour quelque chose. Où va notre société et que vont devenir les enfants? Les homos aussi se séparent.

  • Math, le 17/05/2009 à 11h01

    Personnellement je trouvais normal que cela soit considéré comme une maladie. "Etre une femme ou un homme est avant tout une question psychologique avant d'être biologique", désolé mais ça je ne peux le comprendre. Je suis quelqu'un d'ouvert, mais je ne vois pas en quoi cela pourrait par exemple se différencier de la skyzophrénie. Lorsque le mental ne suit pas le corps, c'est qu'il y a un problème et donc on appel cela une maladie. L'Homosexualité n'est pas une maladie parcequ'il s'agit de sentiments amoureux, éléments complètement écartés de tout lien biologique. C'est ce qui fait d'ailleurs la particularité de l'Homme parmi les autres êtres vivants.

  • Kiki28, le 17/05/2009 à 10h29

    Enfin une bonne nouvelle il etait temps

  • Nico, le 17/05/2009 à 08h05

    Une avancé pour la lutte contre les discriminations, un peu d'ouverture pour ce gouvernement de la république. Par contre, pas franchement d'accord pour que les opérations soient prises en charge sur le compte de la sécu... C'est un choix personnel d'une personne voulant se mettre en accord avec sa pensée. Nous entrons dans une intervention dite esthétique et non réparatrice, donc on peut qualifier cela comme pour une femme voulant augmenter son tour de poitrine d'une taille ou d'un bonnet. Cout de l'opération à la charge de l'individu et non à la charge des contribuables.

  • Firstlady, le 17/05/2009 à 02h10

    Il faut avoir connu ce type de patients et avoir" travaillé" avec eux pour commencer à imaginer la souffrance qui se cache derrière cette recherche éperdue d'identité. C'est très bien

  • Francis, le 16/05/2009 à 23h11

    A Doué Ha Mem Bro, c'est le but recherché par Mme Bachelot via Nicolas 1er. Tout ce qui pourra étre gagné en laissant une idée bien pensante sera pris.Cela dit ,la transexualité n'est pas une maladie, mais elle le devient si elle n'est pas réalisé, car vivre sa vie sans se réaliser physiquement et sexuellement devient un enfer psychologique dont ,souvent,la fin en devient trop difficile à supporter. C'est ce qui se passe aussi dans d'autres drames de la vie, tant affectifs que professionnel .Mais ,là, en parlant ainsi, mme Bachelot laisse penser que ,si ce n'est plus une maladie ,ce ne peut-étre qu' une déviance, un vice ou je ne sais quoi d'aussi affreux en pensée.

  • Tipoussy, le 16/05/2009 à 21h22

    Je suis inquiet de certaines réactions que je lis. je conseille à ces ignorants bien pensant de se renseigner pour savoir ce qu'est réellement la transexualité dont il est question dans cet article. Moi j'ai peur de l'avenir que nous prépare les financiers et grands patrons du monde entier. J'ai peur de la bêtise humaine que je vois encore poindre dans certains témoignages. Dire que jusqu'en 1992 être homosexuel était être malade mentalement, c'est grave, et que jusqu'à présent la transexualité était aussi considérée comme une maladie mentale et pas comme un problème d'identité physique bien réel...

  • DOUÉ HA MEM BRO, le 16/05/2009 à 20h47

    J'espère au moins que les soins ne seront pas couverts par la sécu puisque ce n'est pas une maladie.

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