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La zone d'attente de Roissy, zone "d'inhumanité"


le 10 mai 2009 à 15h44 , mis à jour le 10 mai 2009 à 15h44.
Temps de lecture
4min
prison détenu prisonniers rétention

Crédits : TF1/LCI

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Notre sociétéDans son bilan 2008, l'association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers dénonce "l'inhumanité" de la zone d'attente de l'aéroport.

Les chiffres en eux-mêmes révèlent déjà un pan de la situation des étrangers arrivant en France par l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, et en quête d'un asile : chaque année, assure l'association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), qui regroupe 22 organisations et syndicats, "15.000 personnes sont placées en zone d'attente de Roissy. La durée moyenne de maintien est brève : moins de 3 jours. En 2008, 5100 personnes ont demandé l'asile à la frontière. En 2007, 822 étrangers se sont déclarés mineurs isolés (680 ont été reconnus mineurs isolés après le test de détermination de l'âge) : 275 ont été refoulés".

Mais au-delà des chiffres eux-mêmes, le rapport annuel que l'association vient de rendre public s'attache au "non-respect des droits fondamentaux" des étrangers ainsi retenus et renvoyés dans un intervalle souvent très court, non-respect qui "se constate chaque jour" dans ce lieu d'enfermement où les étrangers sont "souvent perdus et épuisés". Les intervenants de l'Anafé sont ainsi "confrontés à des demandeurs d'asile dont les droits sont bafoués, à des personnes malades qui ne reçoivent pas les traitements adéquats, à des personnes ayant fait l'objet de violences policières, à des séparations de famille, à des mineurs isolés qui se retrouvent perdus au milieu d'adultes...".

Des mineurs isolés laissés sans protection

L'Anafé, qui parle d'une "inhumanité" de traitement, note que les conditions de leur maintien en zone d'attente "constituent en elles-mêmes une mise en danger des mineurs isolés" qui sont dans les mêmes lieux que des adultes, subissant "la menace de renvoi" mais aussi des "violences policières". Ainsi, les mineurs âgés de plus de 13 ans ne sont pas séparés des adultes, "en violation" de la Convention internationale des droits de l'enfant et les mineurs âgés de moins de 13 ans sont hébergés dans un hôtel éloigné "dans des conditions opaques", selon l'association. Cette dernière condamne également "l'absence trop fréquente d'un administrateur ad hoc" normalement chargé de représenter les mineurs isolés lors de la procédure (au moins 59 mineurs isolés n'ont pas eu d'administrateur en 2008 selon les statistiques de l'association).

Pour l'année 2008, l'Anafé a pu créer 226 fiches concernant des mineurs isolés - 171 étant admis sur le territoire et 54 refoulés (sort inconnu pour un de ces mineurs). Ce recensement n'est pas exhaustif, souligne l'association, les bénévoles étant souvent trop débordés pour établir des fiches. L'association relève que les mineurs sont souvent refoulés avant d'avoir pu voir un juge des libertés, qui intervient seulement après quatre jours de maintien en zone d'attente. Elle note que "la loi française prohibe pourtant toutes les formes d'éloignement forcé à l'égard de mineurs et assure que ces jeunes étrangers sont renvoyés sans "aucune garantie qu'ils n'y soient pas livrés à eux-mêmes une fois arrivés à destination" et alors qu'ils peuvent être victimes de réseaux criminels.

Plus généralement, l'Anafé affirme que les droits de tout étranger maintenu en zone d'attente soit parce qu'il n'est pas admis sur le territoire français, soit parce que son transit a été interrompu ou enfin parce qu'il est demandeur d'asile, lui sont "très rarement notifiés". L'association qualifie également le droit d'asile à la frontière "d'illusion", affirmant notamment qu'à Roissy "la police refuse tout simplement d'enregistrer" la demande d'asile de certains étrangers (au moins 39 refus en 2008). Elle s'insurge aussi contre une "détention particulièrement grave puisqu'elle s'exerce sans aucun fondement légal et sans aucun contrôle du juge", le "maintien au poste" par la police aux frontières "d'une personne soupçonnée, en l'absence de preuve, de vouloir migrer irrégulièrement" à l'occasion d'un transit en France.

D'après agence

Commenter cet article

  • Humain : C'est où ? Où est la limite avant qu'on ne tombe dans la non-assistance à personne en danger ? Vivrait-on dans une société à 5 vitesses ?

    Le 11/05/2009 à 09h33
  • Regis : Pas contents des conditions d'acceuil ? ben on ne leur a pas demandé de venir non plus, et surtout, on ne les retient pas :-))))))

    Le 11/05/2009 à 09h04
  • Nicolasleroidec : Il existe des moyens honnêtes, parfaitement acceptés pour pénétrer sur le territoire français. Il suffit pour cela de demander et obtenir un visa. Les touristes et le hommes d'affaire n'ont aucune inquiétude à ce sujet. Les demandes d'asile par des personnes qui ont quand même trouvé les moyens de venir jusqu'aux portes de la France sont abusives et doivent être refusées. Seules devraient être traitées celles déposées auprès des services consulaires français. C'est à dire hors de France. Nous avons le droit et le devoir de choisir qui nous voulons accepter sur notre sol. Protégeons les Français avant de s'inquiéter du reste de la planète.

    Le 11/05/2009 à 07h05
  • John Duff : On se plaint aujourd'hui que ces gens soient renvoyees dans des delais de plus en plus courts.Avant on se plaignait du contraire.De plus,ils ne seront pas refoules si ils risquent leur vie dans leur pays.S'ils se sentent moins bien dans nos salles d'attente que chez eux,ma foi,qu'ils y retournent et qu'ils passent le message que la France c'est pas le Perou.

    Le 11/05/2009 à 06h13
  • Tanglin : Je ne vais pas pleurer sur leur sort et il y en a vraiment assez de ces articles "pleurnicheurs,bonne conscience". L'avenir des africains c'est de se developper chez eux EN TRAVAILLANT-et pour cela je soutiendrai toute aide en infrastructure ou education mais pas la charite - pas d'etre transformé en un peuple d'assisté pensant que venir en France va resoudre leur probleme d'un coup de baguette magique. Si cela continue comme cela c'est nous qui allons devenir un pays du tiers monde et non pas eux qui vont de developper. N'oublions pas que l'Asie etait, il n'y a pas si longtemps, aussi pauvre que l'Afrique sinon plus mais eux ont pris leur destin entre leur propre mains et ils s'en sortent de mieux en mieux

    Le 11/05/2009 à 02h28
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