Les étudiants ne voient pas le bout du tunnel

le 12 mai 2009 à 07h15 , mis à jour le 12 mai 2009 à 07h18

La date théorique des examens approche et des blocages persistent dans une douzaine d'universités, empêchant la reprise des cours.

amphi amphithéâtre étudiants fac universitéImage d'archives © TF1-LCI

Le conflit dure depuis le 2 février, sans conclusion évidente à court terme. Et la situation demeure confuse dans les universités, certaines reconduisant la grève ou continuant d'être bloquées, d'autres s'acheminant vers la reprise des cours. Une douzaine (sur 83 au total) sont toujours perturbées par le mouvement.

Face à ce mouvement qui s'effiloche sans se terminer, le gouvernement joue la fermeté. Une nouvelle journée de manifestations est organisée jeudi, à l'appel du Snesup-FSU (premier syndicat de l'enseignement supérieur) et de la Coordination nationale des universités. De son côté, la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse, en déplacement à Marseille où elle a annoncé lundi le montant de la dotation du projet de Campus Aix-Marseille, a répété que les diplômes ne seraient pas bradés. L'Unef, premier syndicat étudiant, a estimé que le gouvernement, par une attitude "fermée" et "agressive" était "responsable de la situation". Il a aussi averti qu'il n'accepterait pas que les étudiants "ne puissent valider leur semestre". Dans un communiqué, le syndicat AutonomeSup (enseignants) estime qu'en "jouant le pourrissement et la diversion, le ministère porte la lourde responsabilité de la radicalisation du mouvement". Il a appelé les universitaires "à leurs responsabilités" et invité "les étudiants à reprendre les cours sans tarder".

Les universités qui bloquent...

Fermeté d'un côté, appels à la reprise malgré des blocages encore en cours de l'autre : sur les campus, on trouve aujourd'hui les situations les plus diverses. A Paris-IV, lundi, une assemblée générale de 200 enseignants-chercheurs et personnels administratifs a voté la reconduction de la grève jusqu'au lundi suivant. De même à Orléans, où la grève a été votée jusqu'à vendredi (lettres et sciences). Toutefois, les professeurs qui le souhaitent peuvent faire cours ou organiser des rattrapages. De même encore au Havre où la grève (sans blocage) a été votée jusqu'à lundi prochain. A Reims, les étudiants ont revoté en AG lundi le blocage du campus Croix-Rouge (droit, sciences politiques, économie, sciences sociales). Toulouse-II est toujours bloquée, mais "le calendrier" des examens "tient quoi qu'il arrive", selon la présidence.

A Caen, les bâtiments du Campus 1 sont fermés, après l'évacuation vendredi par la police des occupants. A noter encore des blocages ou perturbations partielles à Dijon (lettres et droit), à Besançon (lettres), à Amiens ("Campus" et "Arts"), à Lille I, à Paris-Est Marne-la-Vallée, à Aix-Marseille I ou Grenoble-III.

...et celles qui optent pour la reprise

En revanche, les cours ont repris dans plusieurs établissements encore perturbés la semaine dernière et les examens s'organisent. C'est le cas à Rennes II, université bastion de la lutte contre les réformes universitaires, ou encore à Paris-VIII. Lyon-II est en phase de reprise progressive des cours. A Lorient, une AG à la faculté de Lettres et sciences humaines de Lorient a voté la reprise des cours à partir de ce mardi, avec cependant des blocages les lundi et jeudi après-midi. Les examens du deuxième semestre sont calés. A Toulon, une centaine d'étudiants qui bloquaient les portes du campus depuis une semaine ont été délogés par les forces de l'ordre. A Bordeaux 3 (arts, lettres, langues), étudiants et personnels ont voté lundi à bulletin secret pour la poursuite du mouvement d'opposition à la réforme de l'enseignement supérieur mais en levant le blocage, a indiqué l'université sur son site internet. D'autres AG sont prévues ce mardi à Caen, Poitiers, Paris-VIII, Grenoble-III, Dijon.

Grenoble-III tente de trouver une voie médiane : les étudiants, consultés par vote à bulletin secret, se sont prononcés pour une neutralisation du semestre (une licence serait obtenue avec 5 semestres et non 6), selon une enseignante. La présidence devra trancher.

D'après agence

le 12 mai 2009 à 07:15
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30 Commentaires

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  • Sof, le 15/05/2009 à 11h31

    On ne va tout de même pas leur donner leurs diplômes alors qu'ils ont glander toute l'année???

  • Bernard, le 13/05/2009 à 00h09

    Chers patrons ne vous trompés pas lorsque vous recruterez. Je ne pense pas que les diplômes 2009 obtenus, je veux dire donnés par les universités française feront succès dans les entreprises. Les grandes écoles vous disent une fois de plus merci.Tout est dit. Bernard

  • Bernard, le 12/05/2009 à 23h57

    Quoi qu'il en soit, chers étudiants votre année est foutue. Allez chercher un travail avec une licence ou un master donné en 2009 par une université française. Les grandes écoles vous disent merci et les patrons qui vous regardent ont déjà fait leurs choix. Bernard, Vitré

  • Céverik, le 12/05/2009 à 19h56

    A Stefsud : vos profs restent jusqu'à 01h00 du mat' pas comme les salariés du privé ?...Mais que connaissez-vous du monde du travail ? Pour qui vous prenez-vous ? Dans le privé, il y a 5 semaines de congés payés,...quid des profs ? Je travaille dans la fonction publique mais ne dénigre pas mes collègues du privé. Les réformes sont essentielles et quelles qu'elles soient, elles ne sont jamais soutenues par les étudiants...et vous voulez le choix ? Apprenez ce qu'est la vie avant !! Recruter quelqu'un comme ça ? Mais il me mettrai le bazar dans l'entreprise !

  • Maxreg, le 12/05/2009 à 18h35

    Entre un corps enseignant/chercheur, qui considère être seul dépositaire du savoir et qui par conséquent refuse toute modification qu'il n'accepterait pas (bonjour la démocratie ! et quoi bon voter) et des étudiants pour la plupart, manipulés et qui ne se rendent pas compte qu'ils fusillent leur année, la réforme est impossible. Pourtant les résultats des universités françaises sont si brillants! .Les enseignants d'université, si intelligents! ne proposent rien que le maintien de ce qui ne fonctionne pas. Il est vrai que chez beaucoup d'entr'eux seuls leurs intérêts catégoriels comptent; les étudiants éxistent ils?....

  • Kein, le 12/05/2009 à 16h59

    Ce qui me stupéfait le plus dans ce conflit (je précise, je suis étudiant bloqueur à l'université de Reims) c'est qu'il dure depuis plus de 3 mois, et que le gouvernement n'a eut comme réponse que les réprimandes, et la menace d'envoyer les forces de l'ordre sur les campus... et dire que nous vivons en démocratie... Et puis bien sur, les médias aident abondement à dénigrer ce mouvement, et que l'opinion publique n'en a rien à faire, commeà son habitude. Je tiens à dire aux personnes qui parlent de "minorité de bloqueurs", de "manipulation de la Gauche" et ainsi de suite... je suis indépendant, dégouté de la politique actuelle, donc la gauche, au revoir. Ensuite, minorité de bloqueurs... qui sont majoritaires aux AG ouvertes aux étudiants, paradoxal non? il y aurait des hypocrites parmis les étudiants, qui hurlent aux scandale alors qu'il prennent soin de ne pas venir aux AG pour s'exprimer? à voir... Et pour répondre au père de Perpignan particulièrement remonté, les Enseignants-chercheurs ont un salaire calculé sur l'année, dont les ponctions dues à la grève se fera (et ils le savent), ne vous inquiétez pas. Question ouverte à tout lecteur de cet article, avant de porter un jugement : êtes vous de ceux qui se battent pour une cause qui vous semble juste, où beissez vous la tête devant l'autorité qui vient du dessus, sans broncher ? êtes-vous des êtres humains libres (enfin...presque...) ou adeptes de la servitude volontaire? Pensez-y, et enfoncez vous bien dans le crâne que nous ne faisons pas ça pour le plaisir de vider les facs ou pour ne pas aller en cours !!!!!

  • Regis, le 12/05/2009 à 16h35

    On attend quoi pour evacuer de force les grevistes et permettre a ceux qui veulent bosser de le faire???????

  • France, le 12/05/2009 à 16h11

    Allez bosser au lieu de raler!! vous avez dejà de la chance de pouvoir faire des etudes... et vous voudriez valider les semestres???? c'est du grand n importe quoi!!!! ah les etudiants en université!!!la majorité sontlà car non acceptés dans les grandes ecoles ou parce qu ils ne savent pas où aller !!!ET empechent ceux qui ont des projets serieux de travailler; trop facile!!!

  • Le baron, le 12/05/2009 à 15h27

    Que les universitaires ne s'inquiètent pas pour leur diplôme, de toutes les façons ils ne trouveront pas de travail?les entreprises préfèrent embaucher des diplômés formés dans les écoles d'ingénieur, de gestion, de commerce? que ces écoles soient considérées comme petites ou moyennes !

  • Lolo, le 12/05/2009 à 12h43

    Ils ne voient pas le bout du tunnel? ils n'ont qu'a aller en cours ça les occupera et ils verront quelque chose

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