Image d'archives © TF1-LCILe conflit dure depuis le 2 février, sans conclusion évidente à court terme. Et la situation demeure confuse dans les universités, certaines reconduisant la grève ou continuant d'être bloquées, d'autres s'acheminant vers la reprise des cours. Une douzaine (sur 83 au total) sont toujours perturbées par le mouvement.
Face à ce mouvement qui s'effiloche sans se terminer, le gouvernement joue la fermeté. Une nouvelle journée de manifestations est organisée jeudi, à l'appel du Snesup-FSU (premier syndicat de l'enseignement supérieur) et de la Coordination nationale des universités. De son côté, la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse, en déplacement à Marseille où elle a annoncé lundi le montant de la dotation du projet de Campus Aix-Marseille, a répété que les diplômes ne seraient pas bradés. L'Unef, premier syndicat étudiant, a estimé que le gouvernement, par une attitude "fermée" et "agressive" était "responsable de la situation". Il a aussi averti qu'il n'accepterait pas que les étudiants "ne puissent valider leur semestre". Dans un communiqué, le syndicat AutonomeSup (enseignants) estime qu'en "jouant le pourrissement et la diversion, le ministère porte la lourde responsabilité de la radicalisation du mouvement". Il a appelé les universitaires "à leurs responsabilités" et invité "les étudiants à reprendre les cours sans tarder".
Les universités qui bloquent...
Fermeté d'un côté, appels à la reprise malgré des blocages encore en cours de l'autre : sur les campus, on trouve aujourd'hui les situations les plus diverses. A Paris-IV, lundi, une assemblée générale de 200 enseignants-chercheurs et personnels administratifs a voté la reconduction de la grève jusqu'au lundi suivant. De même à Orléans, où la grève a été votée jusqu'à vendredi (lettres et sciences). Toutefois, les professeurs qui le souhaitent peuvent faire cours ou organiser des rattrapages. De même encore au Havre où la grève (sans blocage) a été votée jusqu'à lundi prochain. A Reims, les étudiants ont revoté en AG lundi le blocage du campus Croix-Rouge (droit, sciences politiques, économie, sciences sociales). Toulouse-II est toujours bloquée, mais "le calendrier" des examens "tient quoi qu'il arrive", selon la présidence.
A Caen, les bâtiments du Campus 1 sont fermés, après l'évacuation vendredi par la police des occupants. A noter encore des blocages ou perturbations partielles à Dijon (lettres et droit), à Besançon (lettres), à Amiens ("Campus" et "Arts"), à Lille I, à Paris-Est Marne-la-Vallée, à Aix-Marseille I ou Grenoble-III.
...et celles qui optent pour la reprise
En revanche, les cours ont repris dans plusieurs établissements encore perturbés la semaine dernière et les examens s'organisent. C'est le cas à Rennes II, université bastion de la lutte contre les réformes universitaires, ou encore à Paris-VIII. Lyon-II est en phase de reprise progressive des cours. A Lorient, une AG à la faculté de Lettres et sciences humaines de Lorient a voté la reprise des cours à partir de ce mardi, avec cependant des blocages les lundi et jeudi après-midi. Les examens du deuxième semestre sont calés. A Toulon, une centaine d'étudiants qui bloquaient les portes du campus depuis une semaine ont été délogés par les forces de l'ordre. A Bordeaux 3 (arts, lettres, langues), étudiants et personnels ont voté lundi à bulletin secret pour la poursuite du mouvement d'opposition à la réforme de l'enseignement supérieur mais en levant le blocage, a indiqué l'université sur son site internet. D'autres AG sont prévues ce mardi à Caen, Poitiers, Paris-VIII, Grenoble-III, Dijon.
Grenoble-III tente de trouver une voie médiane : les étudiants, consultés par vote à bulletin secret, se sont prononcés pour une neutralisation du semestre (une licence serait obtenue avec 5 semestres et non 6), selon une enseignante. La présidence devra trancher.
D'après agence
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