Les étudiants plébiscitent le maintien des examens de fin d'année, malgré les retards pris au second semestre, en raison du blocage des facs du au mouvement des enseignants-chercheurs. Mais quand on leur demande quel type d'examen, la division se fait sentir. Selon un sondage Le Parisien, 52% souhaitent que leurs examens soient simplifiés, alors que 41% veulent qu'ils soient organisés dans les conditions habituelles. Seulement 4% des étudiants veulent par ailleurs que leurs examens soient supprimés et que soit validé automatiquement le second semestre pour tous.
Quoi qu'il en soit, la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a averti dimanche que les épreuves auraient bien lieu. "Il n'est pas question de valider automatiquement des semestres alors que les enseignements n'auraient pas été délivrés normalement" dans les universités, a-t-elle prévenu dans le JDD. "Je suis garante de la qualité de nos diplômes". Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a lui demandé que les auteurs des "entraves" au fonctionnement des universités, dont certaines sont bloquées par le mouvement des enseignants-chercheurs, soient "poursuivis". "Nous n'acceptons pas que l'avenir de jeunes Français, des étudiants, soit pris en otage", et "nous souhaitons que le gouvernement, les autorités publiques soient particulièrement vigilants".
Les diplômes "dans une pochette-surprise"
De son côté, le président de l'université Paris-V Descartes Axel Kahn a qualifié lundi d'"irresponsable" et "choquant" l'appel lancé par la Coordination nationale des universités à ne pas organiser les examens de fin d'année. Le généticien se dit opposé à la validation automatique du deuxième semestre. "Si jamais on arrivait à valider automatiquement les semestres, moi, de toute façon, je n'apposerais jamais, jamais, jamais ma signature à une telle mesure et je préférerais m'en aller. Si on dit voilà, durant l'année 2008-2009, on a pu obtenir en quelque sorte son diplôme dans une pochette-surprise, vous vous rendez compte de l'avenir des étudiants?". Axel Kahn estime en outre que le gouvernement a fait "une série d'erreurs absolument extraordinaires". "Cela étant dit, les reculs du gouvernement sont beaucoup plus importants qu'il ne l'annonce, pour des raisons politiques", a-t-il dit, parlant de "victoire obtenue" par les contestataires.
L'avis d'Axel Kahn est plus ou moins partagé par l'ancien ministre socialiste de l'Education Jack Lang, qui estime que le gouvernement devait prendre "une mesure choc" pour débloquer la situation dans les universités avec "soit le retrait de certaines mesures, soit le changement d'équipe ministérielle". "Nous en sommes là pourquoi? Parce que le gouvernement a accumulé tant de maladresses, de fautes, d'erreurs qu'il a détruit le climat de confiance qui devrait exister entre la communauté universitaire et étudiante et la puissance publique", a poursuivi le député du Pas-de-Calais sur France Inter. Pour permettre aux étudiants de passer leurs examens, Jack Lang a estimé qu'"une des solutions serait de pouvoir continuer des enseignements au mois de juin, voire même au mois de juillet" moyennant "un financement de l'Etat".
D'après agences
Sondage CSA/Le Parisien et Aujourd'hui-en-France a été réalisé par téléphone les 28 et 29 avril auprès d'un échantillon représentatif de 1015 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.








